Dominique Meeùs
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Discussion des variantes orthographiques de bolchévique, de menchévique et des mots dérivés

Parmi les mots concernés, je vois, sans les variantes orthographiques : bolchévique, bolchévisme, bolchéviste, menchévique, menchévisme, menchéviste.

Prononciation en russe

Je commence par ceci pour l’écarter au plus vite. Je ne sais pas si en russe ça se prononce comme cheminot, comme chercheur ou comme chéri. Il me semble que cela ne doit pas intervenir dans la discussion. Le mot a été intégré en français, est devenu un mot français et sa prononciation et son orthographe sont une question d’usage en français, pas de fidélité à la prononciation en russe.

On pourrait glisser ici une considération proche de la précédente, la systématisation des transcriptions du russe. Cette problématique ne me semble intéressante si on se trouve devoir aujourd’hui transcrire un mot russe. Mais ce n’est pas de cela qu’il est question ici. Ce dont il s’agit c’est de l’orthographe d’un mot français emprunté au russe, non pas aujourd’hui, mais il y a plus d’un siècle. On verra ci-dessous que le TLFi considère même les exigences de la translittération, ce qui est encore infiniment moins pertinent que la transcription.

Autorité

On pourrait invoquer deux types d’autorité : les dictionnaires et les écrits importants, les premiers se basant d’ailleurs sur les seconds.

Conclusion

Il est certain que dans le passé, le français francisait plus allègrement qu’aujourd’hui. On accentuait donc plus aussi. C’est ainsi que l’écrivain Louis Ségal, dont on trouve des livres dans plusieurs langues, ne s’appelle Ségal qu’en France. Je suis tenté de penser qu’on a très vite naturalisé le mot russe bolchévik en lui collant un accent. Ce ne serait que dans la seconde moitié du 20e siècle qu’on aurait légiféré sur ce qu’est une bonne ou une mauvaise transcription du russe (comme en témoigne le TLFi) et entrepris de remonter le courant de l’usage avec accent. Bien sûr déjà dans la première moitié du 20e on rencontrait parfois aussi l’autre forme.

S’il faut choisir, je choisirais l’usage plus ancien avec accent, encouragé par la tolérance des rectifications orthographiques de 1990, contre l’usage savant sans accent. Pour le reste, je préfère la distinction claire de l’Académie entre substantif bolchévik et adjectif bolchévique, à la distinction intenable du TLFi. Idem pour menchévik et menchévique. Par contre, je ne maintiendrais pas pour l’adjectif une orthographe différente au masculin et au féminin, comme celle que fait l’Histoire du PC(b) de l’URSS.

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