Dominique Meeùs
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Très beau verbe transitif, pas d’équivalent immédiat. Essayer, selon le contexte :
aborder, s’attaquer à, prendre en mains
Littéralement arrière-plan, contexe, mais au figuré il s’agit de remonter jusqu’aux causes profondes, par opposition à un vision superficielle (voir diepgang — on atteint une profondeur abyssale en parlant de « achtergrond en diepgang »).
convention, arrangement, accord, rendez-vous
arranger, fixer, se concerter, convenir d’un rendez-vous, d’un arrangement.
Très beau verbe transitif, pas d’équivalent immédiat. Essayer, selon le contexte :
combattre, faire barrage à, s’attaquer à
Littéralement pétillant, mais la traduction littérale ne convient pas toujours. Il n’est pas interdit de dire d’une fête qu’elle est pétillante, mais il faut penser aussi à animée, joyeuse, dynamique. Le TLFi donne brillant, chatoyant, étincelant, flamboyant, rayonnant, scintillant. Foisonnant, peut-être aussi, dans certains contextes.
Faux ami. Traduire par le « concept » du français (au sens où on dit « le concept de chien n’aboie pas ») est généralement assez mauvais, à côté de la plaque. Au sens premier en néerlandais il s’agit d’un projet de texte, d’un texte provisoire : un concept ou concepttekst c’est un ontwerptekst. C’est aussi un brouillon manuscrit que l’on fixe à côté de son ordinateur sur un concepthouder.
Certains auteurs se permettent de l’étendre aux premières étapes de la conception d’une œuvre, d’un projet. (J’ai même cru un temps que concept dérivait de concipiëren, mais le van Dale fait dériver concipiëren de concipere en latin et concept de concept en français sans lien entre les deux. Mais ce lien existe peut-être dans l’esprit des locuteurs qui créent cette acception étendue du concept.) Ce peut donc être la définition du contenu qu’on veut y mettre, les objectifs, les grandes lignes du projet, l’esquisse, le plan, la conception d’ensemble. Je l’ai vu même utiliser à propos de nouvelles technologies dans le sens de prototype : « een basisconcept is al gedemonstreerd » — On est ici dans du pur jargon. Ces acceptions de concept ne sont dans aucun dictionnaire néerlandais que je connaisse et même la page Concept de Wikipedia en néerlandais, qui doit être plus moderne que moi, ne va pas beaucoup au-delà de brouillon. Essayer, selon le contexte :
brouillon,
projet, avant-projet, esquisse, plan, objectif(s), objectif général, conception, idée, idée de base, idée d’ensemble, vision, intention, « philosophie » du projet,
prototype.
Dans Le Soir du 19-2-2010, p. 8, on apprend que la fusion des universités catholiques belges est reportée d’un an parce qu’ « il faut encore approfondir la vision de cette nouvelle université », disent les recteurs. (Ou « prendre le temps d’approfondir la vision », selon La Libre Belgique du même jour.)
Cependant, l’extension du sens premier néerlandais, qui est probablement aussi un des sens de concept dans un certain anglais, fait son chemin en français comme « concept » dans le jargon de la publicité ou de la gestion de projets, comme en témoigne le Grand dictionnaire terminologique. Je suis peut-être trop rigide. Je le vois utiliser aussi pour principe de fonctionnement, mode d’action dans une technique : dans la page Podcasting sur Wikipedia en français, il y a un sous-titre « Le concept ». Par contre, cette acception reste ignorée d’un dictionnaire de langue plus classique comme le TLFi. Je ne sais pas ce que le lecteur francophone moyen — pas spécialement frotté à la publicité ou à la gestion de projets — comprend si on traduit concept par « concept ». Je continue donc à penser qu’il faut s’efforcer de trouver une autre traduction. De manière générale, lorsqu’un mot est utilisé pour tout et n’importe quoi, il ne veut plus dire grand chose.
Cependant concept en néerlandais peut quand même aussi être utilisé parfois pour begrip, donc ce peut être au sens philosophique du « concept » du français.
Rien à voir avec stoelgang. Littéralement c’est le tirant d’eau. Au sens figuré, c’est la profondeur de la pensée profonde (voir achtergrond — on atteint une profondeur abyssale en parlant de « achtergrond en diepgang »).
Littéralement à fines mailles. Un filet à fines mailles laisse moins de petits poissons échapper. Se dit au figuré d’un dispositif social, administratif, de proximité… dont le maillage est assez fin pour ne laisser tomber personne ou presque, mais je n’ai pas encore trouvé de solution simple pour dire ça en français. Il me semble que dans le social on parle parfois de maillage et ça pourrait être une piste. Le maillage social peut être plus ou moins serré, densément tissé… ou au contraire trop lâche. Mais le maillage social vise sans doute plus les relations entre les gens que les dispositifs.
Les expressions surprise parties, surboum et autres boum sont depuis longtemps osolètes, mais ne semblent pas avoir été remplacées. Utiliser soirée avec une indication (dépendant du contexte) qui suggère qu’on pourrait danser, ou une périphrase :
soirée DJ
Le soir, on dansera
C’est plus que « du vent » parce qu’il y a aspect de tromperie. Il me semble que « du vent » tout court, c’est simplement creux, sans contenu. Mais quand on dit « vendre du vent », il y a bien la dimension de tromperie, d’escroquerie de gebakken lucht. Il faut donc glisser le verbe dans la traduction.
Utilisé partout, défini nulle part. (Mais les deux premiers alinéas de http://www.binnenlandsbestuur.nl/opinie/columns/2009/geen-gepolder-in-de-polder.112001.lynkx sont assez explicatifs.) En attendant, je pense que c’est lié au poldermodel dans le sens de concertation, de conciliation et que le gepolder ou le verbe polderen visent le « dialogue » pour la frime, le blabla dans lequel les parties se complaisent sans jamais déboucher sur rien.
Comparer (opposer) t’Serclaes. Il s’agit ici d’une question d’orhographe, pas de traduction, mais je le mets quand même pour ne pas l’oublier.
L’apostrophe vient devant le s, par entre le s et le nom. Il s’agit d’une élision de des : [de]’s Gravesande. Il faut donc bien écrire ’s Gravesande en français aussi.
Essayer, selon le contexte :
invités de marque
Littéralement, c’est d’abord la mise à prix en vente publique, puis l’enjeu dans un jeu d’argent. C’est au figuré l’enjeu, l’importance de ce qui est en jeu, dans différents contextes autres que le jeu. Mais c’est aussi la mesure dans laquelle on se met personnellement en jeu donc l’effort, l’implication, l’engagement ; un peu dans la ligne de payer de sa personne.
s’incrit dans
s’incrit dans le cadre de
Surtout pas, ô horreur, « cadre dans ».
Pour un bâtiment :
coupole
Concernant des organisations : je ne conteste pas qu’on trouve des textes qui parlent de coupole dans ce sens, mais je suppose que c’est par contamination du néerlandais (à première vue on ne trouve sur Google de coupoles en contexte associatif que dans des pages belges) et je ne pense pas que cela constitue déjà un nouvel usage reçu. Il me semble qu’on doive le condamner, ne traduire en aucun cas par coupole et traduire plutôt par
coordination, coalition
la montagne a accouché d’une souris
Cette image apparaît dans la fable La Montagne qui accouche de La Fontaine. Horace l’aurait utilisée sous une forme légèrement différente. Ne pas mettre d’éléphant dans la traduction en français.
Littéralement, c’est entre-temps. Mais il arrive aussi qu’entre-temps ne convienne absolument pas. J’en ai vu souvent de ridicules ou absurdes. Essayer alors selon le cas :
depuis
en son temps
J’ai vu traduire « sous le feu » ou « sous les feux », mais il me semble que ça ne veut rien dire. Je traduirais plutôt par sous le feu de la critique, attaqué, menacé.
Penser à traduire parfois par d’ailleurs plutôt que « aussi ».
Rond veut dire « autour » (au sens propre) et par extension « dans les environs » ou « à peu près », et rien d’autre. Rond ne peut jamais vouloir dire « sur », « concernant », « à propos de », bien que c’est ce que certains auteurs veulent lui faire dire. Dans ce cas, ne pas traduire par « autour » mais par
sur, concernant, à propos de
Il y a des gens qui ne peuvent plus examiner une question, discuter d’un problème, décider de quelque chose, mais seulement « autour » de quelque chose. C’est tourner autour du pot. J’ai même vu des constructions comme « revendications autour de l’emploi ». Plus faible que ça tu meurs. Lutter « autour » de quelque chose, c’est lutter à côté de la plaque. Le traducteur ne doit pas se laisser faire (à moins que, par méchanceté, il veuille faire apparaître dans la traduction à quel point l’auteur en néerlandais ne sait pas écrire, ou peut-être même pas penser).
Comparer (opposer) ’s Gravesande. Il s’agit ici d’une question d’orhographe, pas de traduction, mais je le mets quand même pour ne pas l’oublier.
L’apostrophe vient entre le t et le
nom, pas devant le t. Il s’agit d’une élision de
des : d’[e]s heer Claes, où
le d s’est durci en t.
(C’est à tort qu’on pense parfois que ça viendrait de het Serclaes élidé en [he]’t Serclaes avec l’apostrophe devant le
t.) De même d’[e]s heer
Stevens a donné t’Serstevens. Il faut donc
bien écrire t’Serclaes et t’Serstevens en français aussi.
J’avais pensé à quelque chose comme « rallye aux friandises », mais je vois que quelqu’un d’autre a eu une meilleure idée. (« Rallye » désigne généralement une compétition ou un jeu relativement formalisés. Sneukeltocht n’implique aucun effort.)
balade gourmande
Attention que la balade est une promenade et la ballade un poème ou une chanson.
Fait penser à bells and whistles, mais l’expression peut être plus ancienne en néerlandais (et s’utilise parfois aussi au sens propre, comme en anglais d’ailleurs, où elle pourrait être d’origine ferroviaire). Je ne trouve pas d’expression imagée équivalente en français mais une traduction potable serait
fioritures
On pourrait parler de gadgets (si c’est dans le sens fioritures inutiles, comme on le dit beaucoup dans le monde du logiciel), ou de grand tralala, en fanfare, si c’est plus dans le sens propre d’avec grand bruit.
Le mot vacature n’est pas français. Le plus proche est vacance (c’est la même racine qu’en néerlandais), et le public cultivé le comprendrait (on parle de vacance de poste), mais vu la parenté avec « les vacances », ça peut faire bizarre pour d’autres. La traduction à la fois la plus proche de vacature et compréhensible pour tous est donc
emploi vacant
offre d’emploi
Penser parfois à effet boule de neige
Penser à cependant
En Belgique l’acception, qui nous intéresse le plus, (et qui est une acception locale), c’est bedrijvigheid, activiteit (exemple : « de werking van een vereniging ») et le van Dale en trois volumes précise : « (verzamelnaam) geheel van activiteiten ». En français ou pourrait le comprendre comme l’ « action » de l’association, où le singulier exprime l’ensemble ou la résultante de toutes les différentes actions, ce qui est bien l’idée du van Dale avec verzamelnaam.
Cependant, il est clair que dans certains milieux l’acception la plus courante de werking est une acception qu’on ne trouve dans aucun dictionnaire : « de ploeg, team, groep (de mensen) die deze bedrijvigheid, activiteit of activiteiten doet (doen) ». Voir à ce sujet ma note plus détaillée sur werking.
Contrairement aux autres acceptions où le pluriel est très rare, cette acception sauvage s’utilise massivement au pluriel : werkingen. Parfois, il y a des indications relativement claires (dont le pluriel) qu’il s’agit d’équipes, de groupes, mais dans d’autres cas on est dans l’ambiguïté totale entre l’équipe et son action. Si on est vraiment sûr qu’il s’agit du ziekelijk Nederlands de werking pour les gens et pas leur action, on peut essayer
unité, groupe de travail, équipe, section
Si on est en bons termes avec l’auteur, on peut aussi lui demander de revoir sa copie.
souci de
veiller à
Cette très jolie expression est purement néerlandaise.
Ce n’est pas une expression consacrée en français. Si on cherche
sur Google "zwijgt in alle talen" on en trouve près de cinq
mille. Pour ce qui est de "se tait dans toutes les langues", on
n’en trouve qu’environ deux cent cinquante, dont seulement huit en
précisant "se tait dans toutes les langues" site:fr et deux avec
site:ca. Autrement dit : on ne la trouve que sous la plume (ou le
clavier) de Belges contaminés par le néerlandais. (Même des dix occurrences
sur sites français et canadiens, la plupart peuvent être des interventions de
Belges dans des forums.) L’expression est parlante (même s’il s’agit de
se taire), il me semble qu’on peut la comprendre même si on ne la
connaissait pas ; on pourrait donc l’utiliser comme image, même si ce
n’est pas une expression consacrée. Elle fera peut-être son chemin dans le
domaine français ; je trouve qu’elle le mérite.