Dominique Meeùs
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Essai de Ubuntu GNOME 13.10 avec sa session GNOME Classic

Comme on va le voir ci-dessous, la situation s’est compliquée de 2011 (Unity ou GNOME 3, style tablette, au lieu de GNOME 2, style poste de travail habituel) à 2013 (régression de Nautilus). La régression de Nautilus, la suppression de l’arborescence des dossiers en panneau de gauche, est à mon sens le plus grave. Comme interface utilisateur, on pourrait se contenter d’Ubuntu GNOME en session classique (ci-dessous) ou même faire l’effort de s’habituer au style tablette et au dash d’Unity ou de GNOME 3, mais pour moi, l’arborescence des fichiers est encore plus importante que l’arborescence des menus. Pour diverses raisons, il faut préférer les distributions Debian et dérivées. Parmi celles-ci, les distributions Ubuntu et dérivées. Parmi celles-ci, les variantes officielles d’Ubuntu avant les autres dérivées d’Ubuntu. Il faut chercher une distribution où l’on trouve son bonheur, plutôt que tout mélanger (si on veut remplacer Nautilus par Nemo, il vaut mieux adopter Linux Mint et s’habituer à Cinnamon).

Ubuntu GNOME est une variante officielle d’Ubuntu, avec GNOME 3 (version 3.8) au lieu d’Unity. J’ai installé Ubuntu GNOME 13.10 « Saucy ». Le paquet gnome-session-fallback, qui donnait un assez bon bureau classique, a disparu. Une meilleure session classique serait assurée par le paquet gnome-flashback, dans les dépôts Universe. Cependant il y a une session optionnelle GNOME Classic incorporée à GNOME 3. Cette session GNOME Classic n’offre pas toutes les fonctionnalités de la précédente : on ne peut pas (sauf erreur de ma part) installer de lanceurs d’application dans le panneau du haut ; les applications ouvertes apparaissent dans le panneau inférieur, mais on ne peut pas les minimiser… ou fermer à partir de là — il faut d’abord rappeler l’application à l’avant-plan.

Dans l’application Nautilus (proposée sous le nom de « Fichiers », mais le paquet Debian et la commande en ligne de commande s’appellent toujours nautilus), on ne peut plus afficher l’arbre des fichiers dans le panneau de gauche. On peut cependant, dans l’affichage en liste dans le panneau principal, demander (dans les préférences) un affichage hiérarchique, mais c’est nettement moins ergonomique parce que mélangé avec les fichiers. On peut marquer le répertoire courant comme signet, mais il n’y a plus de menu Signets pour y accéder ; ils ne s’affichent que dans le panneau de gauche (et dans le menu Raccourcis d’une session classique d’Ubuntu GNOME). J’ai essayé PCManFM comme gestionnaires de fichiers. J’ai regretté qu’il ne crée pas de liens. Je devais utiliser Nautilus quand même pour cela. La plupart des applications s’ouvrent en plein écran et collées à la barre supérieure. Ubuntu GNOME est donc une solution potable, en restant dans l’Ubuntu officiel, mais certainement très loin d’être satisfaisante.

On peut essayer aussi Xubuntu ou Lubuntu et voir ce que donnent le bureau (lui donner un look GNOME 2), le menu, le navigateur de fichiers. J’ai essayé Xubuntu. Le gestionnaire de fichiers Thunar est très convenable. Par contre, j’ai trouvé que certains réglages de Xubuntu n’obéissaient pas aux commandes habituelles et qu’il fallait éditer les fichiers de configuration. C’est bien, mais pas parfait.

J’ai essayé aussi le paquet gnome-session-flashback. Là on retrouve vraiment un bureau de style traditionnel, mais j’ai eu des ennuis dont je n’ai pas pu déterminer si c’était que ce logiciel n’est pas encore au point ou si c’est dû aux nombreux défauts de jeunesse de la 13.10 en général. J’ai eu ou bien des panneaux haut et bas tout noirs, ou bien pas de session du tout. (Dans ce genre d’essai, il ne faut jamais demander le login sans mot de passe. Avec la demande de mot de passe, on peut retourner à une session qui marche. Si ça démarre sans rien demander, on retrouve toujours la même session au démarrage et si elle ne va plus…) Il est possible que les défauts soient dus à ce que je travaille avec deux moniteurs et que quand on passe d’une session à l’autre (GNOME 3 standard, Classic, Flashback), le système ne sait plus très bien où offrir le GDM, où et comment mettre les panneaux… En tout cas, j’ai abandonné Flashback. Même sans Flashback, j’ai eu des démarrages ou des changements de session impossibles faute de GDM. Peut-être entre deux utilisateurs qui ne font pas les mêmes choix pour l’usage des deux moniteurs. Essayer alors de démarrer avec un seul écran pour sortir de l’impasse.

Heureusement que sur une machine rapide et à partir d’une clef USB, Ubuntu s’installe en dix minutes. Entre Ubuntu GNOME, Xubuntu, Flashback, j’ai beaucoup réinstallé pour être sûr de partir d’une situation claire. Attention que des systèmes différentes de menus, de bureau, de fenêtres… peuvent laisser des traces dans /home. Si on réinstalle sans reformater /home, il est bon d’effacer tous les .config, .local et cetera et de ne conserver que les configurations d’applications (.bluefish avec ses snippets, .thunderbird avec ses comptes de courrier…)

En fin de compte, je suis revenu à Ubuntu GNOME 13.10. J’ai trouvé le bureau de GNOME 3 assez différent de celui d’Unity. Sous Unity, on a toujours ce dash envahissant. Sous GNOME, il y en fait deux bureaux : celui du dash, pour trouver ses applications et commuter entre applications ; un bureau de travail dès qu’on passe à une des applications ouvertes. (Souvent les applications s’ouvrent en plein écran. Il faut double-cliquer la barre de titre pour détacher la fenêtre du panneau supérieur.) Au fond, ce n’est pas si mauvais, et la différence d’avec une session GNOME Classic est acceptable. Faute de menu d’applications, on appelle le dash (ce qui peut se faire par le clavier, la touche représentant des fenêtres à côté du Ctrl gauche, touche dite Super sous Linux. Si on demande d’afficher toutes les applications, ça reste raisonnable. Cela peut se faire par une icône en damier sous le dash. On n’est pas, comme dans Unity, envahi de propositions d’installer des gadgets inutiles. On peut mettre beaucoup d’applications favorites dans le dash ; ça donne des icônes plus petites. En GNOME Classic on a toujours tout le GNOME 3 normal : le dash reste disponible, par la touche Super du clavier ou par une commande en bas du menu des applications. Ce qu’on a en plus : (i) des boutons minimiser, restaurer ou maximiser, fermer au coin des fenêtre — ça manque dans le GNOME 3 de base où les fenêtres ouvertes ne peuvent être minimisées et encombrent l’espace de travail — c’est donc un vrai avantage ; (ii) un menu des applications — mais on peut s’habituer au dash et même le préférer pour l’accès rapide aux applications favorites ; (iii) l’inscription dans le panneau bas des applications ouvertes — mais on peut retrouver les applications par l’écran du dash.

Dans 13.04, j’avais essayé Nemo, mais ça installe le bureau Cinnamon. On peut toujours choisir une autre session, mais je crains les mélanges de bureaux et de gestionnaires de fenêtres. Dans 13.10, j’ai essayé Thunar, qui est bon, mais qui amène un peu de dépendances XFCE aussi. La 13.10 est déjà assez fragile sans ça. Un meilleur choix, enfin moins intrusif pour le système, me semble être PCManFM quand on a vraiment besoin de l’arborescence des dossiers.

Conclusion provisoire (en 13.10). Installer Ubuntu GNOME. Utiliser le bureau GNOME 3 standard ou Classic selon ses goûts. Pour remplacer le menu des applications, mettre dans le dash les principales, les favorites, et appeler toutes les applications pour le reste. Appeler le dash aussi par la touche Super. Pour les fichiers, utiliser tantôt Nautilus, tantôt PCManFM (pour l’arborescence).

Dominique Meeùs . Date: 2011… 2017