Dominique Meeùs
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Couverture Unicode

Les polices couvrent une partie très variable des listes Unicode. Je ne vais pas développer ici cet aspect qui est discuté à suffisance en http://en.wikipedia.org/wiki/Unicode_typefaces#List_of_Unicode_fonts et ailleurs. Certaines polices correspondent à une vision très américaine des caractères latins, parfois même sans apostrophe. (Dans le temps on se contentait de polices avec un peu moins de 256 ou de 512 caractères.) D’autres incluent beaucoup plus de caractères accentués et de caractères spéciaux. (Déjà les vieilles versions d’Arial ou de Times New Roman dont Microsoft tolère l’usage libre et qui sont installées sur mes ordinateurs en comptent 1 320.) Une police comme FreeSerif (7 973 caractères dans celle que j’ai) donne un bon compromis avec tout le russe et la plus grande partie du grec et du grec ancien (celui que nous avons eu à l’école avec plein d’accents introduits par les grammairiens, déjà à Alexandrie ? et qu’on n’utilise plus en dehors des citations de grec ancien), une couverture raisonnable de l’hébreu, du thai, du bengali, noem maar op… À l’inverse, Liberation est une police pauvre de ce point de vue tandis que DéjàVu et Linux Libertine O sont dans une moyenne honorable. Fontmatrix était un bon outil pour examiner ce qu’une police a dans le ventre, mais semble abandonné. Le dossier Unicode du site FileFormat.Info est très riche et très pratique.

Souvent on laisse à des polices différentes le soin d’afficher l’arabe, le chinois (continental ou traditionnel), le japonais, d’autres langues asiatiques… et des logiciels comme les navigateurs (browsers) ou autres vont chercher automatiquement les polices disponibles pour afficher tout ce qui peut l’être. Ubuntu par exemple, à côté de certaines polices habituelles pour des occidentaux, installe une série de polices exotiques aux noms mystérieux, le tout couvrant ensemble en pratique à peu près toutes les langues du monde, même si aucune police installée ne le fait seule.

Aussi importants que les langues, il y a les caractères spéciaux. Si on destine un texte à l’édition, il faut plus de soin orthotypographique. On pourrait vouloir utiliser l’espace fine insécable non justifiante U+202F, NARROW NO-BREAK SPACE. Si le caractère n’existe pas dans la police utilisée, le traitement de texte pourrait utiliser silencieusement une police de substitution. Si l’équivalence métrique n’est pas suffisante, on pourrait avoir une autre largeur ou un autre interligne. Ce caractère semble heureusement bien supporté par les polices.

Dominique Meeùs . Date: 2011… 2016