Dominique Meeùs
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Louis Ségal, Principes d’économie politique : versions, table des matières, index des notions — Retour au dossier marxisme

La contradiction entre les forces productives
et les rapports de production

p. 26

Le rapide coup d’œil que nous avons jeté sur le développement de la société montre que le passage d’un mode de production à un autre n’est pas l’effet du hasard, mais découle du développement de la contradiction entre les forces productives et les rapports de production. Voici en quels termes Marx expose cette loi de l’évolution historique :

… dans la production sociale de leur existence, les hommes entrent en des rapports déterminés, nécessaires, indépendants de leur volonté, rapports de production qui correspondent à un degré de développement déterminé de leurs forces productives matérielles. […] À un certain stade de leur développement, les forces productives matérielles de la société entrent en contradiction avec les rapports de production existants, ou, ce qui n’en est que l’expression juridique, avec les rapports de propriété au sein desquels elles s’étaient mues jusqu’alors. De formes de développement des forces productives qu’ils étaient, ces rapports en deviennent des entraves. Alors s’ouvre une époque de révolution sociale.

Contribution à la critique de l’économie politique, préface, Éditions sociales, Paris, 1977, p. 2-3.

Chaque système de rapports de production ou chaque formation sociale, communisme primitif, esclavage, féodalité, capitalisme, communisme, a ses particularités. Mais, en considérant les trois modes de production qui suivirent le communisme primitif, nous verrons qu’un seul trait leur est commun à tous, les rapports de production sont des rapports de classe. Ces modes de production sont caractérisés par l’antagonisme de classe, et la lutte de classe constitue ici le trait fondamental, déterminant de toute la vie sociale. Le capitalisme est la dernière société antagoniste, la dernière société divisée en classe, à sa place vient la société socialiste sans classe, première phase du communisme, dont l’édification commence avec la victoire de la révolution prolétarienne, avec l’instauration de la dictature du prolétariat.

Toutes les révolutions antérieures se ramenaient au remplacement d’un régime d’exploitation par un autre, alors que la révolution prolétarienne abolit toute exploitation.

Seule notre révolution soviétique, notre révolution d’Octobre a posé la question de façon à ne point remplacer un groupe d’exploiteurs p. 27par un autre, à ne point remplacer une forme d’exploitation par une autre, mais à anéantir toute exploitation, à supprimer exploiteurs, richards et oppresseurs, anciens et nouveaux. (J. Staline : Dans la bonne voie, p. 12. Bureau d’éditions, Paris, 1933.)

Dans la société divisée en classes, la domination de l’homme sur la nature se fait par la domination et l’exploitation de l’immense majorité de la société par une infime poignée d’exploiteurs. Aussi, chaque pas en avant de la production constitue-t-il un pas en arrière dans la situation des travailleurs. Par contre, la révolution prolétarienne inaugure une nouvelle ère, où chaque pas en avant de la production signifie en même temps un pas en avant dans la situation des travailleurs où, pour la première fois, la société devient maîtresse de la nature, où les forces productives se développent à un rythme auquel ne saurait arriver aucune société basée sur l’exploitation d’une classe par une autre. La croissance rapide des forces productives et la victoire du socialisme dans l’U.R.S.S. en sont la preuve la plus éclatante.

Date: 2008-2014