Dominique Meeùs
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La valeur d’échange

Ce rapport quantitatif qui s’établit dans l’échange entre deux marchandises s’appelle la valeur d’échange de la marchandise. Dans notre exemple, la valeur d’échange d’une paire de bottes est un quintal de blé et la valeur d’échange d’un quintal de blé est une paire de bottes.

Mais qu’est-ce qui détermine la valeur d’échange d’une marchandise ? Pourquoi une paire de bottes est-elle échangée contre un quintal de blé et non contre un demi-quintal ou contre un quintal et demi ?

L’échange d’une marchandise contre une autre dans une proportion quantitative déterminée signifie que, comme valeurs d’échange, les marchandises sont égales l’une à l’autre. Mais comment des marchandises telles que le blé et les bottes peuvent-elles être égales ? Ne sont-elles pas des valeurs d’usage tout à fait différentes ? Chacune d’elles ne satisfait-elle pas un besoin différent ? Comment donc peuvent-elles être commensurables ? Je peux comparer la longueur de la chambre à celle de la table, le poids du fer à celui du cuivre et dire que la chambre est plus longue que la table et que ce morceau de fer est plus lourd que le morceau de cuivre. Les objets ne peuvent être commensurables que s’ils offrent quelque trait commun. Nous considérons la propriété commune de la chambre et de la table, la longueur, et les comparons par cet indice ou nous comparons le fer et le cuivre par leur propriété commune, la pesanteur.

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L’expérience quotidienne nous montre que des millions et des milliards d’échanges analogues comparent sans cesse les unes aux autres les valeurs d’usage les plus diverses et les plus dissemblables. (V. I. Lénine : K. Marx…, p. 27.)

Le fait que les marchandises échangées sont comparées l’une à l’autre signifie qu’elles ont une propriété commune, distincte de leur valeur d’usage. Mais quelle est donc cette propriété commune à toutes les marchandises ? Cette propriété commune, c’est d’être toutes des produits du travail, que, pour les produire, il est nécessaire de dépenser une certaine quantité de travail. Voilà ce qui rend toutes les marchandises commensurables.

Si les marchandises échangées — le blé et les bottes — sont des valeurs d’usage différentes, les travaux du paysan et celui du cordonnier sont également distincts l’un de l’autre. Peuvent-ils alors former ce trait commun inhérent au blé et aux bottes ?

Date: 2008-2014