Dominique Meeùs
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2. La valeur, rapport social

La valeur d’une marchandise est déterminée par la quantité de travail socialement nécessaire dépensé pour sa p. 35production. Mais tout le monde sait que, dans l’échange des marchandises, personne ne demande combien la marchandise donnée contient de temps de travail socialement nécessaire. Aucun producteur de marchandises ne saurait dire combien de travail socialement nécessaire contient la marchandise qu’il a produite. Le menuisier sait peut-être fort bien combien de temps il a mis, lui, à transformer le bois en une table, sans savoir à l’avance combien de travail socialement nécessaire il faut pour cette opération. Il ne sait pas non plus combien de travail socialement nécessaire est contenu dans le rabot, le bois, la scie et dans les autres moyens de production qui s’usent dans le procès de la production. Toutes ces questions le laissent entièrement indifférent ; ce qui l’intéresse c’est combien d’argent il a dépensé pour l’achat des matériaux et des outils, combien de temps il lui faut travailler le bois, à combien il vendra sa table et combien d’autres marchandises il pourra acheter avec cet argent.

Une question se pose tout naturellement : quelle est la signification de notre théorie qui affirme que la valeur d’échange des marchandises est déterminée par leur valeur et que celle-ci est déterminée par le travail ? Quelle est la portée de cette théorie puisqu’en réalité nul ne songe à mesurer la valeur par le travail ?

Le fait que la valeur de la marchandise est déterminée par le travail, mais que les producteurs de marchandises eux-mêmes ne la mesurent pas par le temps du travail, renferme visiblement une contradiction. Cependant, ce n’est pas une contradiction entre la théorie de Marx et la réalité, c’est une contradiction inhérente à la production marchande elle-même.

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Date: 2008-2014