Dominique Meeùs
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La théorie des trois sources du revenu

Dans toute la littérature économique bourgeoise domine, sous une forme ou sous une autre, la théorie dite des trois sources du revenu. D’après cette théorie, la valeur des marchandises est constituée par la coopération du travail, du capital et de la nature. Chacun de ces facteurs rend, au cours du procès de production, « un service productif » que les deux autres facteurs ne peuvent rendre. Chacun d’eux est indispensable à la production. Aussi, chacun d’eux reçoit-il sa part du produit créé par l’action conjuguée de ces trois facteurs. L’ouvrier touche pour son travail le salaire, le capitaliste encaisse pour les « services » de son capital le profit et le propriétaire foncier reçoit la rente pour les « services » rendus par sa terre. Telle est l’explication des revenus des différentes classes qui prédomine dans l’économie politique bourgeoise.

Les économistes bourgeois s’évertuent à faire croire que le revenu du capitaliste ne provient pas du travail de l’ouvrier. Ils attribuent aux moyens de production la force p. 106mirifique de créer de la valeur. Mais si le profit et la rente n’ont rien de commun avec le travail de l’ouvrier, s’ils proviennent des moyens de production et de la terre, il faudra conclure que le salaire est la rétribution complète du travail, que i’ouvrier est entièrement payé et qu’il n’est pas exploité. C’est ce que tendent à établir les économistes bourgeois par leur théorie des trois facteurs de la production qu’ils font passer pour trois sources indépendantes du revenu.

Les économistes social-démocrates partagent cette théorie. Ainsi, un des théoriciens de la social-démocratie allemande, Braunthal, écrit :

Seul celui qui participe directement au procès de production dans le sens étroit du mot, l’ouvrier ou le propriétaire des moyens de production, ou le propriétaire foncier, touche le revenu primaire.

On voit donc que d’après Braunthal, le capitaliste participe au processus de la production et que son revenu n’est pas un revenu dérivé, c’est-à-dire provenant du travail de l’ouvrier, mais un revenu primaire, ayant une source indépendante, les moyens de production appartenant au capitaliste.

Date: 2008-2014