Dominique Meeùs
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L’ouvrier et la technique

… la machinerie en soi raccourcit le temps de travail alors qu'elle prolonge la journée de travail dans son utilisation capitaliste, …

Marx, Le Capital, Livre I, P.U.F., Paris, 2009, p. 495.

En U.R.S.S., les machines ne sont pas employées comme en régime capitaliste, et, par conséquent, la tendance essentielle en U.R.S.S. n’est pas la prolongation de la journée de travail, mais sa limitation. On a aboli les classes parasitaires qui s’appropriaient le fruit du travail des ouvriers. On attire à la production toute la population apte au travail.

À intensité et force productive du travail données, la partie de la journée de travail socialement nécessaire à la production matérielle est d’autant plus courte, et donc la partie de temps conquise pour des occupations libres, spirituelles et sociales des individus est d’autant plus grande que le travail est plus uniformément réparti entre tous les membres de la société en mesure de travailler et qu’il est moins possible qu'une couche de la société se défasse de la nécessité naturelle du travail pour en accabler une autre.

Marx, Le Capital, Livre I, P.U.F., Paris, 2009, p. 593.

En développant les forces productives sur la base de l’économie socialiste, ayant adopté la journée de 7 heures, on prépare en U.R.S.S. les conditions pour passer à la journée de 6 heures.

en soi elle [la machinerie] soulage le travail alors qu’elle accroît son intensité dans son utilisation capitaliste…

Marx, Le Capital, Livre I, P.U.F., Paris, 2009, p. 495.
p. 112

La large mécanisation et l’électrification de la production tendent à faciliter le travail. L’intensification du travail, elle, ne dépasse pas les limites normales et se trouve compensée par la réduction de la journée de travail et par les mesures relatives à la protection du travail. Ultérieurement, lorsque la nouvelle base technique de toute l’économie de l’U.R.S.S. sera achevée, on passera à la production mécanisée sur une vaste échelle et le travail sera ramené à la surveillance et au contrôle des machines.

elle [la machinerie] est en soi une victoire de l'homme sur les forces naturelles, alors que dans son utilisation capitaliste elle asservit l'homme par l'intermédiaire des forces naturelles…

Idem.

En régime capitaliste,

Même l'allègement du travail se transforme en moyen de torture, dans la mesure où la machine ne libère pas l’ouvrier du travail, mais ôte au travail son contenu.

Marx, Le Capital, Livre I, P.U.F., Paris, 2009, p. 474.

En régime capitaliste, l’ouvrier est un appendice de la machine, non seulement au sens économique, mais aussi au sens technique. En U.R.S.S., la classe ouvrière n’est pas seulement économiquement maîtresse de la production, elle est en voie de la maîtriser aussi techniquement, si bien que dans le procès même de la production, les ouvriers développent leurs capacités créatrices. Grâce à l’émulation socialiste, grâce à l’enseignement technique, l’ouvrier s’assimile la technique et devient maître des forces naturelles. L’opposition entre le travail intellectuel et le travail manuel s’efface peu à peu.

… en soi elle [la machinerie] augmente la richesse du producteur, alors qu'elle l'appauvrit dans son utilisation capitaliste, …

Marx, Le Capital, Livre I, P.U.F., Paris, 2009, p. 495.

En U.R.S.S., la machine constitue la propriété collective de l’ensemble de la classe ouvrière. À l’encontre de ce qui se passe dans le régime capitaliste, elle « accroît la richesse du producteur », c’est-à-dire qu’elle est un moyen d’augmenter le bien-être des masses travailleuses.

La contradiction fondamentale du capitalisme, entre la production sociale et l’appropriation capitaliste privée, p. 113a pour effet qu’en régime capitaliste, le développement des forces productives est suivi du gaspillage de la force productive essentielle, de la force de travail. Cette contradiction étant supprimée en U.R.S.S., le développement des forces productives signifie la croissance de la force de travail et du bien-être de la classe ouvrière.

Dans les pays bourgeois, le capitaliste ne songe qu’à augmenter sa fortune, son capital, qu’à tirer le maximum de plus-value en augmentant l’intensité ou la productivité du travail de ses ouvriers, sans s’inquiéter de leur bien-être et même de leur existence.

Dans l’Union soviétique, au contraire, dans les conditions de la dictature du prolétariat, on proclame que

De tous les capitaux précieux existant dans le monde, le plus précieux et le plus décisif, ce sont les hommes, les cadres. (J. Staline : l’Homme, le capital le plus précieux. Bureau d’éditions, Paris, 1935, p. 12.)

Date: 2008-2014