Dominique Meeùs
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La loi de l’appropriation capitaliste

Même dans la reproduction simple tout capital se transforme tôt ou tard en plus-value accumulée. Mais dans la reproduction élargie, le capital supplémentaire représente, dès le début, la plus-value transformée en capital. C’est justement avec cette plus-value que le capitaliste paye la force de travail supplémentaire nouvellement achetée qui crée encore davantage de plus-value. Le capitaliste utilise le travail non payé comme moyen pour soutirer de nouveau du travail non payé.

L’appropriation par le capitaliste du travail non payé, loin de contredire les lois de l’échange des marchandises, découle au contraire de ces lois. L’ouvrier touche la valeur de sa force de travail et la plus-value qu’il a créée est appropriée par le capitaliste en vertu des lois de l’échange des marchandises : celui qui avait acheté la force de travail, devient maître de la valeur d’usage de cette unique marchandise qui possède la vertu de produire une valeur supérieure à la sienne. Primitivement, l’échange des équivalents est fondé sur un mode de production dans lequel le produit du travail appartient à son producteur. Cette appropriation reposait sur le travail du producteur lui-même, alors que l’appropriation capitaliste ne repose pas sur le travail personnel du capitaliste, mais constitue l’appropriation du travail non payé d’un autre.

À l’origine, le droit de propriété nous apparaissait comme fondé sur le travail personnel. Actuellement, la propriété nous apparaît chez le capitaliste comme le droit de s’approprier sans paiement le travail d’autrui ou le produit de ce travail ; chez l’ouvrier comme l’impossibilité de s’approprier son propre produit. (K. Marx : le Capital, t. 4, p. 36.)

En s’appropriant (en vertu des lois de la circulation des marchandises) le travail d’autrui, le capitaliste obtient la possibilité d’exploiter plus d’ouvriers. Plus l’ouvrier produit de plus-value, plus il augmente le capital, c’est-à-dire qu’il p. 131produit lui-même dans une proportion croissante la force qui l’asservit et le domine. L’accumulation du capital c’est l’exploitation et l’asservissement accentués de la classe ouvrière.

Date: 2008-2014