Dominique Meeùs
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Le mouvement du capital

Le mouvement du capital commence par l’achat de moyens de production et de la force de travail par le capitaliste. Supposons qu’il ait acheté pour 4 000 francs de moyens de production et pour 1 000 francs de force de travail. La somme de 5 000 francs qu’il met en circulation est une valeur déterminée qui tend dès le début à devenir une valeur plus grande. C’est le capital sous forme argent ou le capital argent.

Au commencement de son mouvement, le capital existe sous la forme de capital-argent.

Lorsque le capitaliste a acheté des moyens de production et de la force de travail, son capital n’affecte plus la forme argent, mais une forme où la valeur est immédiatement accrue par la production de la plus-value. Cette forme est celle du capital productif.

La première phase du mouvement du capital, c’est la transformation du capital argent en capital productif.

En désignant par A le capital sous la forme argent et par M les marchandises achetées par le capitaliste et se composant de T ou force de travail et MP ou moyens de production, nous pourrons exprimer la première phase du mouvement du capital par la formule A — M T MP . Cette phase se déroule dans la sphère de la circulation, sur le marché.

Après cette phase, le procès de circulation s’interrompt et fait place au procès de production qui tend à accroître la p. 160valeur. Admettons que la plus-value créée soit de 1 000 francs. À la fin du procès de production, il y aura une masse de marchandises d’une valeur de 6 000 francs. Le capital n’existe déjà plus sous la forme de moyens de production et de force de travail, mais sous celle d’autres marchandises comprenant en plus de la valeur initiale du capital la plus-value. C’est le capital sous la forme marchandise ou capital-marchandise.

La seconde phase du mouvement du capital ou la seconde métamorphose subie par le capital au cours de son mouvement est donc la transformation du capital productif en capital marchandise. Cette phase se déroule non au cours de la circulation, mais pendant la production. En désignant par P le capital productif qui fonctionne dans le procès de production, par M′ le capital marchandise et par des points de suspension (…) l’interruption du procès de circulation, nous pourrons représenter la deuxième phase du mouvement du capital par la formule que voici :

M T … P … M′ MP .

De la sorte, le capitaliste a accru la valeur mise en circulation. Il possède la valeur initiale (5 000 francs) et la plus-value (1 000 francs). Mais il ne peut s’en contenter, son capital et la valeur non payée qu’il s’est appropriée existant sous une forme naturelle qui ne lui permet pas de les utiliser. Si ce capitaliste produit, mettons du fil, à la fin du procès de production son capital et la plus-value existent sous forme de fil. Le capitaliste ne peut pas employer ce dernier comme moyen d’existence ni pour la production d’autre fil. Il doit transformer la marchandise en argent et réaliser ainsi la valeur du capital et la plus-value. Le mouvement du capital ne se termine pas à la transformation du capital productif en capital-marchandise. Il faut encore une troisième phase au mouvement du capital, la transformation du capital marchandise en capital argent. Cette troisième phase comme la première se déroule dans la circulation. Elle peut être représentée par la formule suivante : M′ — A′.

Date: 2008-2014