Dominique Meeùs
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7. La rente foncière

Examinons enfin la dernière forme que revêt la plus-value, la rente.

En régime capitaliste, la terre est propriété privée. Le propriétaire foncier, en la donnant au capitaliste pour utilisation temporaire, touche un loyer. La terre louée peut renfermer d’anciens investissements de capitaux tels que des dispositifs d’irrigation ou de drainage, peut porter des plantations artificielles, des édifices, etc. Le loyer perçu par p. 186le propriétaire foncier pour ce capital est l’intérêt de ce capital et non la rente. Par cette dernière, il faut entendre la partie du loyer perçue pour l’utilisation de la terre comme telle, de la terre comme condition de la production, condition donnée par la nature même et non créée par le travail humain. Lorsqu’on loue une terre qui n’a encore jamais été labourée et dans laquelle aucun capital n’a encore été investi, le propriétaire touchera aussi un loyer.

Pour comprendre d’où vient la rente foncière, qui la crée et comment elle parvient au propriétaire foncier, nous prendrons pour point de départ, dans tout ce qui va suivre, les deux conditions suivantes. En premier lieu, nous avons en vue l’agriculture capitaliste, c’est-à-dire une culture qui ne se fait que par l’exploitation du travail salarié. La rente perçue sur les terres paysannes ne peut être comprise que sur la base de la rente foncière capitaliste. En second lieu, nous supposons que le propriétaire foncier et le capitaliste sont deux personnes distinctes, que la production est organisée non par le propriétaire foncier, mais par le capitaliste qui a loué la terre. Dans le cas où le capitaliste est en même temps le propriétaire de la terre, c’est lui qui encaisse la rente foncière.

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Date: 2008-2014