Dominique Meeùs
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L’impérialisme, stade particulier du capitalisme

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Ce qu’il y a d’essentiel au point de vue économique, dans ce procès [dans le procès de la transformation du capitalisme en impérialisme] c’est la substitution des monopoles capitalistes à la libre concurrence capitaliste. (Lénine : l’Impérialisme, stade suprême du capitalisme, p. 97.)

Si nous prenons chacun des aspects énumérés par nous, nous verrons qu’il représente une forme spéciale de monopole ou qu’il découle du monopole :

1. Le monopole est engendré par la concentration de la production ;

2. Le monopole est né de la concentration des banques, les monopoleurs du capital financier, l’oligarchie financière dominent ;

3. L’exportation du capital découle directement de la domination monopoliste du capital financier ;

4. Les cartels internationaux sont une forme de lutte entre les monopoles pour la domination monopoliste sur les marchés mondiaux ;

5. La lutte pour un nouveau partage territorial du monde est une lutte pour la possession monopoliste des colonies en tant que sources de matières premières, sphères d’investissement du capital et marchés d’écoulement pour les marchandises.

S’il était nécessaire de définir aussi brièvement que possible l’impérialisme, il faudrait dire que l’impérialisme est le stade de monopole du capitalisme. (Lénine : l’Impérialisme, stade suprême du capitalisme, p. 98.)

Au point de vue économique, le monopole est l’essentiel dans l’impérialisme. C’est précisément le monopole qui fait de l’impérialisme un stade particulier du capitalisme qui le distingue profondément de son stade précédent.

La domination des monopoles, le fait que le monopole pénètre tous les côtés de la vie sociale, donne à l’impérialisme un caractère tout à fait autre par rapport au stade précédent du capitalisme. La signification historique du monopole consiste dans son caractère transitoire et il en est de même pour l’impérialisme, en tant que stade particulier du capitalisme. À l’époque de l’impérialisme…

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… les éléments de l’époque de transition du capitalisme à une structure économique et sociale supérieure se sont pleinement affirmés et révélés. (Lénine : l’Impérialisme, stade suprême du capitalisme, p. 97.)

À l’époque de l’impérialisme, sont mûres toutes les prémices de l’organisation socialiste de la production. Par les cartels, les syndicats et les trusts, le capitalisme lui-même organise la production dans des branches entières ; le système bancaire est concentré à tel point qu’il peut déjà être transformé en un appareil de contrôle et d’enregistrement et, partant, d’organisation de la production à l’échelle nationale ; l’exportation du capital lie en un seul tout l’ensemble de l’économie mondiale et dans les cartels internationaux se manifeste la possibilité et la nécessité de l’organisation de la production à l’échelle mondiale.

Cependant, le capitalisme qui, au stade suprême, impérialiste, de son développement, a porté les forces productives au point où elles ont définitivement mûri pour leur complète socialisation, entrave et freine en même temps leur développement, empêche la socialisation véritable des forces productives de la société.

Les monopoles coexistent avec la concurrence. En organisant la production à une grande échelle dans des branches d’industrie entières et quelquefois aussi dans plusieurs branches, les grands monopoleurs utilisent cette organisation pour renforcer l’exploitation et pour lutter avec les autres monopoleurs pour une part plus grande de plus-value. Ils n’abolissent pas l’anarchie de la production, mais l’aggravent. De même que le capitalisme, en renforçant l’organisation sociale de la production dans chaque entreprise, renforce par cela même l’anarchie dans l’ensemble de la production sociale…

… le monopole créé dans certaines branches d’industrie augmente, aggrave le chaos inhérent à l’ensemble de la production capitaliste. (Lénine : l’Impérialisme, stade suprême du capitalisme, p. 36.)

Les banques, devenues des institutions capitalistes de caractère universel et tenant dans leurs mains l’ensemble de l’économie, ne sont pas utilisées pour organiser la production à l’échelle nationale, elles sont une arme entre les mains de quelques magnats du capital financier, entre les mains de l’oligarchie financière, pour spolier et piller toute p. 310la population. Les cartels internationaux, qui témoignent de la possibilité d’organiser la production à l’échelle mondiale, accentuent en réalité l’anarchie de la production et sont une forme de la lutte entre les monopoleurs pour le partage du monde, lutte qui aboutit inévitablement à des catastrophes mondiales, à des guerres impérialistes mondiales.

Date: 2008-2014