Dominique Meeùs
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3. L’importance du salaire en période de transition

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Dans le chapitre précédent, nous avons montré qu’en U.R.S.S. la force de travail n’est pas une marchandise, que l’exploitation y est abolie et avec elle le salaire, en tant que moyen de cette exploitation.

Dans les entreprises socialistes de l’U.R.S.S., le salaire, par sa nature même, se distingue radicalement du salaire en régime capitaliste.

Ce n’est plus le salaire au sens propre de ce terme. Dans les entreprises socialistes de l’U.R.S.S., le salaire est un moyen de répartition d’articles de consommation selon la quantité et la qualité du travail fourni.

En régime communiste, lorsque d’une part les forces productives de la société se seront accrues au point que l’augmentation de la production sera supérieure à l’augmentation des besoins et, d’autre part, lorsque le contraste entre le travail intellectuel et manuel, entre le travail qualifié et non qualifié sera aboli, la société passera au principe « de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ».

Mais dans la société socialiste sans classes dominera encore le principe de répartition des produits en proportion de la quantité et de la qualité du travail fourni par chaque travailleur. Ce principe doit être maintenu surtout dans la période de construction de la société socialiste, lorsque les survivances du capitalisme subsistent encore dans l’économie et dans la conscience des hommes.

Le fait de stimuler l’ouvrier pour obtenir une augmentation de la productivité du travail ne contredit nullement l’attitude socialiste envers le travail, attitude qui, de plus en plus, se développe en U.R.S.S. Les survivances du capitalisme ne sont pas encore complètement surmontées dans les esprits. L’émulation socialiste, facteur puissant du développement de l’U.R.S.S. et de la formation d’une conscience socialiste, loin de supprimer la nécessité d’un encouragement matériel, ne peut être appliquée au contraire qu’en étroite liaison avec ce dernier.

L’égalisation des salaires, cette idée petite-bourgeoise gauchiste, est une des plus fortes entraves à l’édification socialiste. Elle abolit les stimulants du relèvement de la p. 122productivité du travail et de la qualification et encourage le désordre petit-bourgeois, anarchique.

Organisation juste des salaires stimulant la productivité et la qualification, lutte contre l’égalisation des salaires — n’ayant rien de commun avec le socialisme — telle est une des conditions historiques proclamées par Staline, conditions de victoire et de croissance du socialisme.

En U.R.S.S., la politique des salaires et l’augmentation de la productivité et du travail qui y est liée mènent au relèvement incessant du niveau de vie de la classe ouvrière et de tous les travailleurs. La loi de développement en U.R.S.S., c’est l’amélioration des conditions matérielles et culturelles de vie de toute la population travailleuse.

Nous nous en convaincrons pleinement en comparant la situation de la classe ouvrière en U.R.S.S. et dans les pays capitalistes, lorsque nous aurons examiné, à la fin du chapitre suivant, la loi de l’appauvrissement de la classe ouvrière en régime capitaliste.

Date: 2008-2014