Dominique Meeùs
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Chapitre 4. Le schème de l’univers

P. 73

Mots-clefs : ❦ matérialité du monde ❦ pratique ❦ philosophie de la nature ❦ science de la nature.

p. 75 ¼Si nous parlons de l’Être et seulement de l’Être, l’unité ne peut consister qu’en ceci que tous les objets dont il s’agit… sont, existent. Ils sont rassemblés dans l’unité de cet Être et dans aucune autre, et l’énoncé général aux termes duquel ils sont tous, non seulement ne peut leur donner d’autres propriétés communes ou non communes, mais encore exclut provisoirement de la spéculation toutes ces propriétés. Car dès que nous nous éloignons, ne fût-ce que d’un millimètre, du fait fondamental simple que tous ces objets ont l’Être pour attribut commun, ce sont les différences de ces objets qui commencent à nous apparaître — et quant à savoir si ces différences consistent en ceci que les uns sont blancs, les autres noirs, les uns animés, les autres inanimés, les uns d’ici-bas, les autres de l’au-delà, nous ne pouvons pas en décider en partant du fait que tous ont pareillement l’attribut de la seule existence.

L’unité du monde ne consiste pas en son Être, […]. L’unité réelle du monde consiste en sa matérialité, et celle-ci se prouve non pas par quelques boniments de prestidigitateur, mais par un long et laborieux développement de la philosophie et de la science de la nature.

La seule logique ne peut exclure un monde où les choses ne seraient pas seulement différentes, mais de nature fondamentalement différente. En fait, ce n’est pas le cas ; le monde présente une unité et cette unité c’est sa matérialité. Cette matérialité ne se déduit pas logiquement de l’Être, du seul fait d’être, c’est notre expérience (de toute l’histoire de l’humanité), nos diverses pratiques dont notre pratique de la production et nos pratiques philosophique et scientifique qui nous l’apprennent.

Dominique Meeùs . Date: 1999-2017