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Dominique Meeùs
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Les différentes versions du Livre I

Les Livre II et Livre III ont été publiés une fois, par Engels. On peut en avoir ensuite diverses éditions plus ou moins scientifiques (et traductions de plus ou moins bonne qualité), certains critiquent le travail d’Engels, mais il n’y a essentiellement qu’une version. (Le « Livre IV » constitue un problème spécifique.)

Par contre, du Livre I, Marx et Engels ont publié des versions successives. En particulier, Marx a publié plus ou moins en même temps une deuxième édition allemande et une traduction française revue par lui, qui divergent dans certaines formulations et dans certains développements. Les éditions suivantes (troisième et quatrième) du Livre I sont d’Engels et on y a encore travaillé après son décès. Il est donc difficile de dire ce qu’on peut appeler version définitive du Livre I de Das Kapital. Je reprends cette discussion plus bas, après ma liste des versions. (J’examine dans une page séparée les différences effectives entre versions.) En outre, si toute traduction est une nouvelle version, certaines, parce qu’elles ne correspondent pas exactement à une des versions allemandes, constituent plus encore une version à part. Il est important de prendre conscience de ce que tout le monde ne lit pas le même Livre I du Capital et de savoir quelle version du Livre I telle ou telle édition, réédition ou traduction nous donne, quelle version tel ou tel commentateur cite. Les différentes versions se définissent par des textes et des plans différents. Il faut donc savoir aussi que lorsqu’on parle de tel ou tel chapitre du Livre I, cela n’a de sens que si on dit aussi de quelle version. J’ai articulé ces versions, avec les principales éditions, dans un schéma et construit une table de correspondance des différentes tables des matières.

C’est en 2011 que j’ai commencé à inventorier et à caractériser les éditions du Livre I1. Certaines éditions ne font que reproduire un texte existant, sauf pour la page de titre et l’une ou l’autre préface ou postface. Par contre, l’auteur ou d’autres peuvent retravailler le texte. (On dit parfois édition revue et augmentée.) D’autres encore le traduisent. Certains de ces textes modifiés plus en profondeur, je les ai alors appelés versions (comme on le dit d’un programme informatique), pour les distinguer d’éditions qui reproduisent un texte sans changements autres que de détail2.

Mais par changement qui ne serait de détail, il faudrait entendre seulement la correction de coquilles — et une coquille peut être l’enjeu d’une différence de fond, comme pour le pluriel des marchandises. Mon concept de version est donc très informel et je ne suis plus tellement convaincu qu’il soit utile. Dès qu’on veut une discussion sérieuse des variantes du texte, il faut se référer à une édition précise. Il est à peine plus court de dire que la traduction Lefebvre de 1983 se base « sur la version 4 » que « sur la quatrième édition allemande », et les deux expressions sont insatisfaisantes : la première parce qu’elle est vague ; la deuxième, plus inexacte que vague : Lefebvre ne traduit pas l’édition de 1890 mais le tome 23 des MEW, dont le texte n’est pas exactement celui de 1890.

Je définis quand même quelques versions du Livre I. Les éditions ultérieures, je vais, quand je le peux, les rattacher à ces versions ou les situer par rapport à elles. Je suis aidé en cela par la postface de la NTA de 2017 ainsi que par ma découverte début 2019 de l’intéressante bibliothèque privée Karl Marx Memorial Library Luxembourg dont le site donne de précieuses indications sur les éditions.

Version 1 (1867)
Constituée3 par la première édition allemande. Elle a été peu lue et ne l’est plus jamais aujourd’hui. On ne lit en allemand que la v. 2 ou une des éditions de la v. 4 ou dérivées.
Version 2 (1872)
Constituée par la deuxième édition allemande, datée 1872, de Marx.
Version 2A (1875)
Constituée par l’édition en cahiers à partir d’août 1872, en volume au printemps 1875, de la traduction française de la version 2 par Joseph Roy, révisée par Marx.
Version 3 (1883)
Constituée par la troisième édition allemande de novembre 1883. (Marx est décédé le 14 mars.) C’est en quelque sorte une version transitoire. Elle servira de base à la v. 3A, mais pour le reste, comme version allemande, on ne considère plus que les versions 2 et 4.
Version 3A (1887)
Constituée par la première traduction anglaise en 1887 de la 3e édition allemande, par Samuel Moore et Edward Bibbins Aveling sous la supervision d’Engels. (Le dr Aveling était le compagnon d’Eleanor Marx.) Eleanor a fait un gros travail de retour à l’original anglais d’un certain nombre de citations. Par ailleurs, la numérotation des sections et des chapitres n’est pas celle de la v. 3, mais essentiellement celle de la v. 2A4. On a donc le texte, mutatis mutandis, de la v. 3, coulé dans la table des matières de la v. 2A. Tout le travail éditorial en fait plus qu’une simple traduction. Je considère ça (un peu comme la traduction Roy revue par Marx) comme une version spécifique5, que j’appelle version 3A.
Version 4 (1890)
Constituée par la quatrième édition allemande du Livre I, par Engels. Engels a encore récupéré quelques apports de la v. 2A et corrigé des citations et des références sur base du travail d’Eleanor Marx pour la traduction anglaise (v. 3A) de la version 3.

Les versions 1, 2 et 2A sont de Marx lui-même. Les versions 3 et 4 sont le prolongement par Engels de la préparation par Marx d’une version 3, à partir des versions 2 et 2A. Engels n’avait pas nécessairement toutes les informations en mains, a travaillé dans l’urgence (il a publié la version 3 très vite après la mort de Marx) et a dû faire certains choix. Après Engels, certains éditeurs sont restés fidèles à la version 4 en y faisant cependant quelques corrections et en indiquant parfois des passages de la v. 2A qu’Engels n’avait pas repris. C’est le cas des éditions de Moscou en 1932 et du volume 23 des MEW, qu’on peut considérer, malgré ces quelques modifications, comme encore de la famille de la v. 4. D’autres ont voulu refaire ce travail à leur manière en repartant des versions 2 et 2A de Marx en exploitant d’autres matériaux, en faisant d’autres choix. C’est certainement le cas de l’édition dite SPD de Kautsky en 1914 et de celle de Korsch en 1932. Ces éditions constituent donc des versions à part. Des deux que je viens de citer, il faut rapprocher la récente NTA.

Après la publication de la deuxième édition allemande de 1872, constitutive de ce que j’ai appelé version 2, et terminant en 1875 la publication de la traduction française de Roy revue par lui-même, constitutive de ce que j’ai appelé version 2A (que je discute dans une page séparée), Marx annote son exemplaire de travail de la deuxième édition allemande ainsi que son exemplaire de travail de la traduction française. Sur cette base et sur la base de notes et lettres diverses, Engels a publié les troisième et quatrième éditions allemandes, cette dernière constitutive de ce que j’ai appelé version 4.

Engels dit ceci en avertissement8 de la troisième édition :

Marx avait l’intention initialement de remanier très largement le texte du premier volume, de cerner avec plus de précision certains points théoriques, d’en introduire de nouveaux, et de compléter tout le matériau historique et statistique en le mettant à jour jusqu’à la période la plus récente. Mais sa maladie et le désir d’achever la rédaction du deuxième volume l’ont contraint d’abandonner ce projet. Seules devaient être faites les modifications les plus nécessaires, ainsi que les ajouts que contenait l’édition française parue entre-temps […].

Dans les papiers de Marx se trouvait un exemplaire allemand du Capital qu’il avait corrigé par endroits et muni de renvois à l’édition française, ainsi qu’une édition française où il avait repéré très exactement les passages qu’il fallait utiliser. A quelques exceptions près, ces modifications et ces ajouts se limitent à la dernière partie, à la section intitulée : « Le procès d’accumulation du capital ».

Il y a donc des « modifications les plus nécessaires » autres que les reprises de la version 2A. (J’en ai observé quelques unes.) Dans la préface à la traduction anglaise, Engels mentionne des instructions en vue d’un premier projet de traduction en anglais, mais aussi des « instructions finales pour la troisième édition ».

Ce texte se situe entre les troisième (1883) et quatrième (1890) éditions allemandes. On voit ainsi que les annotations de Marx dans ses exemplaires de travail des versions 2 et 2A et les autres indications ne sont pas toujours sans ambiguïté. En outre, certaines indications portent tantôt sur la future (pour Marx) troisième édition allemande, tantôt sur des projets de traduction. Quand des instructions semblent contradictoires, Engels dit ci-dessus avoir privilégié les plus récentes.

Il est indéniable qu’Engels n’avait pas en mains tous les documents et toutes les les instructions et, pour ce qu’il avait en mains, on peut contester ses choix. On aurait d’ailleurs tort, je pense, de tout prendre pour des choix ; il travaillait sans ordinateur personnel et sans les logiciels qui vont avec. Il reprend de la v. 2A dans la v. 3A des choses qu’on ne retrouve pas dans la v. 4. (Voir, par exemple, pépinière au paragraphe 7 du chapitre 24.) Mais c’est peut-être tout simplement qu’il les avait perdues de vue.

Il y a depuis sa mort toute une littérature critique de la valeur de son travail : dans quelle mesure certaines formulations sont-elles de lui plus que de Marx ? a-t-il bien repris de la traduction française tout ce qu’il y avait lieu de reprendre ? Toutes les éditions dérivées de sa quatrième édition ou s’en positionnant comme concurrentes sont manifestation de ce débat9. Une difficulté supplémentaire est que les éditeurs ne disent pas toujours explicitement où ils se sont écartés de l’édition de 1890 ; que les critiques ou traducteurs ne disent pas toujours clairement de quelle édition ils parlent. En particulier, Fowkes explique (« Translator’s preface », p. 87-88) pourquoi les insuffisances à ses yeux de la v. 3A justifient une nouvelle traduction… mais jamais il ne dit quel texte il traduit. Il dit cependant (p. 88) que pour des notes il s’est aidé de l’édition MEW. Il ne traduit donc pas la v. 4 de 1890, mais le volume 23 des MEW, qui en est un avatar récent. C’est confirmé par des différences concrètes, comme la note p. 786 reprenant un alinéa de la v. 2A qui n’est pas dans la v. 4. À ce sujet, Anderson (1983:72) reproche à Fowkes qu’il « follows Engels slavishly and acts as if the task were to restore “whole sentences omitted by Engels (Marx 1976: 87)” » ; plus précisément, il lui reproche de suivre aveuglément la v. 4 (sous sa forme MEW 23) sans aller voir lui-même ce qu’il y aurait de plus ou de mieux dans la v. 2A.

Dans l’introduction de 1983, Lefebvre apporte au débat v. 2A versus v. 4 des éléments intéressants (que je lis dans l’édition PUF 2009). Les premiers contacts avec l’éditeur, Lachâtre, de la v. 2A et avec le traducteur Joseph Roy datent de décembre 1871. Marx est alors dans la préparation de la v. 2 allemande et envoie à Roy en décembre une copie du début du manuscrit. Plus tard, Roy pourra sans doute travailler sur des épreuves de la v. 2, puis, en 1873, sur le livre publié. (Daté de 1872, il est publié en 1872-73 en plusieurs livraisons, mais n’est disponible en livre qu’en juin 1873.) Des parties significatives sont ainsi traduites sur un texte qui n’est pas définitif. Même le texte que Roy a reçu en copie d’épreuves a pu parfois être modifié par Marx sur épreuves sans que ces modifications ne soient communiquées à Roy. Il y a dans le début de la v. 2A des phrases qui manquent par rapport à la v. 2. Ou bien, dans sa révision de la traduction Roy, Marx a décidé de les laisser tomber pour simplifier ; ou bien ni Roy ni Marx n’ont systématiquement confronté avec le texte allemand publié les parties traduites sur un texte provisoire. Par contre, vers la fin de l’ouvrage, la v. 2A ne contient pas moins, mais plus. Là, Marx a écrit du texte nouveau qu’Engels n’a repris que partiellement et c’est l’objet des discussions sur la v. 4 et des éditions du Livre I après 1890. Certains sont repartis complètement des v. 2 et v. 2A ; d’autres ont publié des v. 4 avec quelques compléments de v. 2A.

Dans tout ce brouillard, je serais assez tenté de considérer la Neue Textausgabe (NTA) comme « la dernière édition allemande », dans le double sens qu’elle serait à la fois la plus récente et la plus achevée. Elle est accompagnée d’un deuxième volume (en PDF) seulement, d’appareil critique présentant les différences entres les différentes versions, entre lesquelles un choix a été fait pour le texte de la NTA. Je donne ici le code que Kuczynski utilise pour les différentes éditions :

  1. A. Das Kapital I, 1re ed. 1867, constitutif de ma v. 1.
  2. B. Das Kapital I, 2e ed. 1872, constitutive de ma v. 2.
  3. C. Das Kapital I, 3e ed. 1883, constitutive de ma v. 3.
  4. D. Das Kapital I, 4e ed. 1890, constitutive de ma v. 4.
  5. E. Capital I, 1re trad anglaise. 1887, par Moore et Aveling sous la direction d’Engels, constitutive de ma v. 3A.
  6. F. Le Capital I, 1re trad française. 1875, de Roy, revue et corrigée par Marx, constitutive de ma v. 2A.
  7. M. Das Kapital I. Kuczynski désigne par là les quatre éditions allemandes A, B, C et D quand elles concordent.

Il ne faut cependant pas attendre que tous ces problèmes soient résolus pour lire le Livre I du Capital et apprendre au moins ce qu’est la valeur d’une marchandise et de là ce qu’est la plus-value (dite aussi survaleur), donc l’exploitation. Toutes les versions, dans quelque langue que ce soit, valent mieux que de ne pas le lire du tout.

Notes
1.
Je n’avais jamais lu le Livre I que dans la version française que j’appelle version 2A. C’est en tombant sur la traduction française de la version 4 que j’ai pris conscience de ce qu’il y avait du Livre I plusieurs versions.
2.
Comme monsieur Jourdain faisant de la prose, j’adoptais ainsi sans le savoir une partie des entités du groupe 1 du modèle conceptuel des FRBR, mes versions correspondant aux expressions FRBR et mes éditions aux manifestations FRBR. Les FRBR (Functional Requirements for Bibliographic Records) modélisent en quatre niveaux (WEMI, work, expression, manifestation, item) les entités dont on parle dans un catalogue : l’œuvre (par exemple le Livre I du Capital de Marx), l’expression (par exemple la deuxième édition allemande ou la traduction française de Roy — ce que j’appelle version), la manifestation (par exemple une des nombreuses éditions de la traduction Roy) et l’item (par exemple l’exemplaire que j’ai en mains). Les praticiens des FRBR admettent qu’il n’est pas simple en pratique de distinguer expression et manifestation et d’établir les relations entre elles. Début 2019, voulant préciser encore, je réalise que c’est plus complexe que je ne le pensais. Une excellente page Wikipedia Edition en anglais illustre cette complexité, le flou des distinctions.

Avec FaBiO, the FRBR-aligned Bibliographic Ontology, on a introduit de nouvelles relations entre entités FRBR.

Christopher A. Plaisance, dans une approche philosophique de l’ontologie des entités textuelles (Plaisance 2019) donne une bonne présentation des entités de différents niveaux (paragraphe « 3. Working Ontology », p. 29) indépendamment des formalisations.

3.
Pour les FRBR, une manifestation est fille d’une expression (version). Mais il me semble qu’inversement, une expression n’existe (à moins qu’on ne dispose d’un manuscrit satisfaisant) qu’à travers sa première manifestation. Je retrouve chez Plaisance, cité plus haut, un point de vue semblable.
4.
Si Marx s’est écarté de la structuration de la version 2, c’est qu’il trouvait celle-ci (celle de la v. 2A) meilleure. Il a proposé de l’adopter à l’avenir. Engels avait d’autant plus de raison de suivre cette instruction pour la v. 3A qu’entre 1872 et 1887, les lecteurs anglophones ont dû lire la version 2A, plus souvent que la v. 2, et s’y référer. Engels ne l’a pas fait pour la v. 3, sans doute par manque de temps, mais aussi peut-être parce qu’il a voulu de même respecter en allemand les habitudes des lecteurs de la version 2.
5.
Toute traduction est une nouvelle expression FRBR, mais je veux dire qu’ici il y a en outre des écarts volontaires. Selon Ben Fowkes, le traducteur de l’édition Penguin et New Left Review de 1976, Engels aurait, comme Marx peut-être pour la v. 2A, toléré ou encouragé des simplifications pour ne pas rebuter le lecteur anglais. By the way, d’aucuns contestent les versions 3 et 4 d’Engels, entre autres sur le point qu’il n’aurait pas assez repris de la v. 2A. La traduction de Fowkes est à son tour critiquée sur deux points : (i) qu’il fait confiance aveugle à la v. 4 ; (ii) que lui-même ne comprend pas toujours la subtilité de la pensée de Marx et en donne alors parfois une traduction déficiente : lui aussi, il simplifie. (Voir l’approche critique des versions et éditions.)
8.
En passant, ceci aussi, sur le vocabulaire allemand, qui peut intéresser le néerlandais :
  • Es konnte mir nicht in den Sinn kommen, in das Kapital den landläufigen Jargon einzuführen, in Welchem deutsche Ökonomen sich auszudrücken pflegen, jenes Kauderwelsch, worin z.B. derjenige, der sich für bare Zahlung von andern ihre Arbeit geben läßt, der Arbeitgeber heißt, und Arbeitnehmer derjenige, dessen Arbeit ihm für Lohn abgenommen wird. Auch im Französischen wird travail im gewöhnlichen Leben im Sinn von „Beschäftigung“ gebraucht. Mit Recht aber würden die Franzosen den Ökonomen für verrückt halten, der den Kapitalisten donneur de travail, und den Arbeiter receveur de travail nennen wollte.

  • Il était hors de question pour moi d’introduire dans le Capital le jargon dans lequel les économistes allemands ont coutume de s’exprimer, où l’on donne par exemple le nom de « donneur de travail », Arbeitgeber, à celui qui se fait donner par les autres leur travail contre un paiement comptant, et le nom de « preneur de travail », Arbeitnehmer, à celui dont on prend le travail contre le salaire. En français aussi, le mot travail est utilisé, dans la vie courante, dans le sens d’ « emploi ». Mais les Français seraient en droit de traiter de fou l’économiste qui voudrait appeler le capitaliste « donneur », et l’ouvrier « preneur » de travail.

    P. 22.
  • Het zou niet bij me opgekomen zijn in Het Kapitaal het gangbare jargon te gebruiken, waarin de Duitse economen zich plegen uit te drukken, het koeterwaals waarin bijvoorbeeld degene, die zich tegen contante betaling de arbeid van anderen verschaft, werkgever wordt genoemd en degene, wiens arbeid hem tegen loon wordt afgenomen, werknemer. Ook in het Frans heeft het woord ‘travail’ in het dagelijkse leven de betekenis van ‘werk’, maar terecht zouden de Fransen de economen voor gek verklaren die de kapitalisten donneurs de travail en de arbeiders receveurs de travail zouden willen noemen.

9.
Dans l’examen des divergences entre versions, j’ai examiné en particulier les passages signalés dans Anderson 1983 et dans Haug 2017.
Dominique Meeùs . Date: 1999-2018