Dominique Meeùs
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La situation de la classe laborieuse en Angleterre (1845)

Écrit en 1844-1845. (Engels a eu 24 ans le 28 novembre 1844.)
Die Lage der arbeitenden Klasse in England : Nach eigner Anschauung und authentischen Quellen, Marx-Engels-Werke, Band 2, S. 225 - 506, Dietz Verlag, Berlin/DDR 1972, www.mlwerke.de/me/me02/me02_225.htm
La situation de la classe laborieuse en Angleterre : d’après les observations de l’auteur et des sources authentiques, traduction et notes par Gilbert Badia et Jean Frédéric, avant-propos de E. J. Hosbawn, Éditions sociales, 1975, www.marxists.org/francais/engels/works/1845/03/fe_18450315.htm
De toestand van de arbeidersklasse in Engeland : Naar eigen aanschouwingen en authentieke bronnen, Uitgeverij Progres, Moskou, 1976, www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1845/toestand/index.htm
The Condition of the Working Class in England, Panther Edition, 1969, www.marxists.org/archive/marx/works/1845/condition-working-class/index.htm.

Mots-clefs : ❦ machine à vapeur ❦ révolution industrielle

Die Geschichte der arbeitenden Klasse in England beginnt mit der letzten Hälfte des vorigen Jahrhunderts, mit der Erfindung der Dampfmaschine und der Maschinen zur Verarbeitung der Baumwolle. Diese Erfindungen gaben bekanntlich den Anstoß zu einer industriellen Revolution, einer Revolution, die zugleich die ganze bürgerliche Gesellschaft umwandelte und deren weltgeschichtliche Bedeutung erst jetzt anfängt erkannt zu werden.

L’histoire de la classe ouvrière en Angleterre commence dans la seconde moitié du siècle passé, avec l’invention de la machine à vapeur et des machines destinées au travail du coton. On sait que ces inventions déclenchèrent une révolution industrielle qui, simultanément, transforma la société bourgeoise dans son ensemble et dont on commence seulement mainte­nant à saisir l’importance dans l’histoire du monde.

De geschiedenis van de arbeidersklasse in Engeland begint met de laatste helft van de vorige eeuw, met de uitvinding van de stoommachine en van de machines voor de bewerking van katoen. Zoals bekend, gaven deze uitvindingen de stoot tot een industriële revolutie die tegelijk de hele burgerlijke maatschappij veranderde en waarvan de wereldhistorische betekenis eerst nu begint door te dringen.

The history of the proletariat in England begins with the second half of the last century, with the invention of the steam-engine and of machinery for working cotton. These inventions gave rise, as is well known, to an industrial revolution, a revolution which altered the whole civil society; one, the historical importance of which is only now beginning to be recognised.

Il semble qu’Engels, qui n’est pas l’inventeur de l’expression « révolution industrielle », soit un des premiers à l’utiliser.

Was bleibt diesen Leuten, wenn sie keine Arbeit finden und sich nicht gegen die Gesellschaft auflehnen wollen, anders übrig als zu betteln ? […] Und wer von den Überflüssigen Mut und Leidenschaft genug hat, sich der Gesellschaft offen zu widersetzen und auf den versteckten Krieg, den die Bourgeoisie gegen ihn führt, mit dem offnen Krieg gegen die Bourgeoisie zu antworten, der geht hin, stiehlt und raubt und mordet.

Que reste-t-il à ces gens, quand ils ne trouvent pas de travail et ne veulent pas se révolter contre la société, sinon mendier ? […] Et si l’un de ces « hommes en excédent » a assez de courage et de passion pour entrer en conflit ouvert avec la société, pour répondre à la guerre camouflée que lui fait la bourgeoisie, par une guerre ouverte, celui-là s’en va voler, piller et assassiner.

Wat rest deze mensen wanneer zij geen werk vinden en wanneer zij niet tegen de maatschappij in opstand willen komen, anders dan te gaan bedelen? […] En diegenen van de overtolligen die moed en hartstocht genoeg hebben om zich openlijk te verzetten tegen de maatschappij en om de verkapte oorlog die de bourgeoisie tegen hen voert, te antwoorden met de openlijke oorlog tegen de bourgeoisie — die gaan dan stelen, roven en moorden.

When these people find no work and will not rebel against society, what remains for them but to beg ? […] And he among the “surplus” who has courage and passion enough openly to resist society, to reply with declared war upon the bourgeoisie to the disguised war which the bourgeoisie wages upon him, goes forth to rob, plunder, murder, and burn !

Die Konkurrenz, p. 316-317. La concurrence. De concurrentie. Competition.

Un traducteur qui pense politiquement correct (dans des textes choisis, en 10/18, en 1978) n’a pas voulu admettre qu’un ouvrier puisse « voler, piller et assassiner » (ou que Engels puisse en accuser des ouvriers) et a supposé que « voler, piller et assassiner » était une allégation de la bourgeoisie pour criminaliser celui qui osait se révolter, qu’il aurait fallu comprendre la fin de la phrase comme rendant au discours indirect ce que dit la bourgeoisie ; dans sa version, il l’explicite : « celle-ci crie au vol, au pillage et à l’assassinat ». Engels revient sur cette réaction désespérée au début du chapitre sur les mouvements ouvriers : « La première forme, la plus brutale et la plus stérile, que revêtit cette révolte fut le crime. » Il n’y a donc pas de raison de douter de son intention ci-dessus : il parle de « voler, piller et assassiner » comme d’un fait, pas d’une accusation injuste. La traduction anglaise a même fait du révolté aussi un incendiaire, mais ce peut être une amélioration introduite par Engels lui-même.