Dominique Meeùs
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Friedrich Engels, Dialectique de la nature, retour à la table des matières

[Science de la nature et philosophie]

Naissance du courant. La philosophie allemande se résout en matérialisme. Élimination du contrôle sur la science. Jaillissement soudain d’un torrent de vulgarisation platement matérialiste, dont le matérialisme devait compenser le manque de valeur scientifique. Floraison juste au moment de la plus profonde humiliation de l’Allemagne bourgeoise et de la science officielle — 1850-1860. Vogt, Moleschott, Büchner. Assurance mutuelle. — Regain d’activité grâce à la mise à la mode du darwinisme, que ces messieurs ont accaparé immédiatement.

On pourrait les laisser en paix et les abandonner à leur entreprise, qui n’est pas après tout si blâmable, bien qu’étroitement limitée, d’inculquer au philistin allemand l’athéisme, etc., mais il y a : 1o les insultes à l’adresse de la philosophie (citer des passages) (2) qui constitue malgré tout la gloire de l’Allemagne, et 2o la prétention d’appliquer à la société la théorie des sciences de la nature et de réformer le socialisme. Tout ceci nous oblige à leur prêter attention.

Premièrement que donnent-ils dans leur propre domaine ? Citations.

2o Brusque volte-face, pp. 170-171. D’où vient brusquement cet élément hégélien (3) ? Passage à la dialectique.

Deux courants philosophiques : le courant métaphysique avec des catégories immuables, le courant dialectique (Aristote et surtout Hegel) avec des catégories fluides ; les preuves que ces oppositions immuables : fondement et conséquence, cause et effet, identité et différence, apparence et essence ne résistent pas à la critique, que l’analyse montre l’un des pôles contenu déjà in nuce [en germe] dans l’autre, qu’à un point déterminé un pôle se convertit en l’autre et que toute la logique ne se développe qu’à partir de ces oppositions en mouvement progressif. — Chez Hegel lui-même, cela est mystique, puisque les catégories apparaissent chez lui comme préexistantes et la dialectique du monde réel comme leur pur reflet. En réalité, c’est l’inverse : la dialectique dans la tête n’est que le reflet des formes du mouvement du monde réel, tant de la nature que de l’histoire. Jusqu’à la fin du siècle dernier et même jusqu’en 1830, les savants s’en tiraient à peu près à l’aide de la vieille métaphysique, puisque la science effective n’allait pas au-delà de la mécanique (terrestre et cosmique). Cependant les mathématiques supérieures apportaient déjà une certaine confusion en considérant la vérité éternelle des mathématiques élémentaires comme un point de vue dépassé, en affirmant souvent le contraire et en posant des principes qui sont, aux yeux des mathématiques élémentaires, pure absurdité. Ici, les catégories figées qui fondaient les mathématiques étaient arrivées sur un terrain où même des relations aussi simples que celles de la pure quantité abstraite, le mauvais infini, prenaient un aspect parfaitement dialectique et obligeaient les mathématiciens, spontanément et contre leur gré, à devenir dialecticiens. Rien de plus comique que les faux-fuyants, les mauvais subterfuges et les expédients des mathématiciens pour résoudre cette contradiction, réconcilier les mathématiques supérieures et élémentaires, s’expliquer que ce qui se livrait à eux comme un résultat indéniable n’était pas pure stupidité — et, en général, pour expliquer rationnellement le point de départ, la méthode et les résultats des mathématiques de l’infini.

Mais maintenant tout cela a changé. La chimie, la divisibilité abstraite du physique, le mauvais infini — l’atomistique. La physiologie — la cellule (le processus de développement organique tant des individus que des espèces par différenciation est la preuve la plus flagrante de la dialectique rationnelle), et, enfin, l’identité des forces de la nature et leur conversion réciproque, qui a mis fin à toute fixité des catégories. Cependant la masse des savants reste toujours empêtrée dans les vieilles catégories métaphysiques et elle se montre désemparée quand il s’agit d’expliquer rationnellement et de relier entre eux ces faits modernes, qui administrent, pour ainsi dire, la preuve de la dialectique dans la nature. Or ici, qu’on le veuille ou non, il fallait penser : on ne peut observer l’atome et la molécule etc., à l’aide du microscope, mais seulement au moyen de la pensée. Cf. les chimistes (sauf Schorlemmer, qui connaît Hegel) et la « pathologie cellulaire » de Virchow, où, en fin de compte, ce sont des phrases générales qui doivent masquer le désarroi de l’auteur. La dialectique dépouillée du mysticisme devient une nécessité absolue pour la science de la nature, qui a quitté le domaine où suffisaient les catégories fixes, représentant pour ainsi dire les mathématiques élémentaires de la logique, son emploi pour les besoins domestiques. La philosophie exerce une vengeance posthume sur la science de la nature coupable de l’avoir abandonnée. Et cependant les savants auraient pu voir déjà, d’après l’exemple des succès de la philosophie dans la science de la nature, que, dans toute cette philosophie, il y avait quelque chose qui les battait sur leur propre terrain. (Leibniz, fondateur de la mathématique de l’infini, en comparaison duquel cet âne de l’induction qu’est Newton (4) fait figure de plagiaire et de gâcheur (5) ; Kant — théorie de l’origine du monde avant Laplace ; Oken — le premier en Allemagne à adopter la théorie de l’évolution ; Hegel, chez qui la synthèse […] (6) des sciences de la nature et leur groupement rationnel est une œuvre plus grande que toute la niaiserie matérialiste prise en bloc).

À propos de la prétention de Büchner de juger du socialisme et de l’économie politique en fonction de la lutte pour l’existence : Hegel (Encycl., I, p. 9) au sujet du métier de cordonnier (7).

À propos de la politique et [du] socialisme l’entendement que le monde a attendu (p. 11) (8).

Extériorité, contiguïté et succession. Hegel Enc. p. 35, comme détermination du sensible, de la représentation (9).

Hegel : Enc. p. 40. Phénomènes de la nature (10), mais chez Büchner on ne pense pas, on copie seulement, d’où inutile de penser.

p. 42. Solon a « tiré » ses lois « de sa tête » (11) — Büchner peut en faire autant pour la société moderne.

p. 45. Métaphysique — science des choses (12) — non des mouvements.

p. 53. « Dans l’expérience, ce qui importe, c’est l’esprit avec lequel on aborde la réalité. Un grand esprit fait de grandes expériences et voit dans le jeu, bigarré des phénomènes ce qui a de l’importance. »

p. 56. Parallélisme entre l’individu humain et l’histoire (13) = parallélisme entre l’embryologie et la paléontologie.

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De même que Fourier est a mathematical poem [un poème mathématique] (14), et pourtant n’a pas perdu son importance, de même Hegel est a dialectical poem [un poème dialectique] (15).

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La fausse théorie de la porosité (16) (d’après laquelle les diverses pseudo-matières — substance calorique, etc. — sont situées dans les pores l’une de l’autre et néanmoins ne s’interpénètrent pas) est représentée par Hegel (Enc., 1, 259) comme une pure fiction de l’entendement. Cf. aussi Logique (17).

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Hegel, Encyclopédie, I, pp. 205-206 (18), passage prophétique sur les poids atomiques pour compenser les conceptions physiques de l’époque et à propos de l’atome, de la molécule en tant que déterminations de la pensée, dont la pensée doit trancher (19).

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Si Hegel considère la nature comme une manifestation de l’ « Idée » éternelle dans l’aliénation et si cela est un crime si grave, que devons-nous dire du morphologiste Richard Owen qui écrit :

L’idée archétype sous ses diverses manifestations était incarnée sur cette planète longtemps avant l’existence des espèces animales qui la réalisent maintenant. (Nature of Limbs, 1849.) (20).

Si c’est un savant mystique qui dit cela, sans penser à rien en le disant, cela passe ; mais, si c’est un philosophe qui en le disant pense quelque chose, et même au fond une chose juste, bien que présentée à l’envers, c’est du mysticisme et un crime inouïs. (21)

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Pensée de savant (22) — Le plan de la création d’Agassiz, selon lequel Dieu opère sa création en commençant par l’universel, puis en passant au particulier et ensuite à l’individuel, créant d’abord le vertébré en tant que tel, puis le mammifère en tant que tel, le carnassier en tant que tel, le félin en tant que tel et enfin seulement le lion, etc. ! C’est-à-dire d’abord des concepts abstraits sous l’aspect de choses concrètes, puis les choses concrètes ! (Cf. Haeckel, p. 59) (23).

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Dans le cas d’Oken (Haeckel, p. 85, sq.) (24) apparaît clairement le non-sens qui résulte du dualisme entre la science de la nature et la philosophie. Par la voie de la pensée, Oken découvre le protoplasme et la cellule, mais il ne vient à l’idée de personne de poursuivre la question par la recherche scientifique — c’est la pensée qui doit la résoudre ! Et, quand le protoplasme et la cellule sont découverts, tout le monde s’est détourné d’Oken ! (25)

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Hofmann (Un siècle de chimie sous les Hohenzollern) (26) cite la philosophie de la nature. Citation tirée de Rosenkranz (27), ce littérateur qu’aucun hégélien véritable ne reconnaît. Rendre la philosophie de la nature responsable de Rosenkranz est tout aussi stupide que lorsque Hofmann rend les Hohenzollern responsables de la découverte du sucre de betterave par Margraft (28).

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Théorie et empirisme (29). Newton avait établi par la théorie l’aplatissement du globe terrestre. Cependant, longtemps après encore, les Cassini (30) et autres Français prétendaient, en s’appuyant sur leurs mesures empiriques, que la terre était un ellipsoïde et que l’axe passant par les pôles était le plus long.

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Le mépris des empiristes pour les Grecs trouve une illustration particulière quand on lit, par exemple, chez Th. Thomson (On Electricity) (31)comment les gens de l’espèce de Davy, et même de Faraday, tâtonnent dans l’obscurité (étincelle électrique, etc.) et font des expériences qui rappellent tout à fait les récits d’Aristote et de Pline sur les phénomènes physico-chimiques. Précisément dans cette science neuve, les empiristes répètent absolument les tâtonnements aveugles des anciens. Et, lorsque le génial Faraday tient une bonne piste, il faut que le philistin Thomson proteste (p. 397) (32)

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Haeckel, Anthropogénie (33), p. 707 : « Selon la conception matérialiste du monde, la matière ou substance précède le mouvement ou force vive, la matière a créé la force. » Ce serait tout aussi faux de dire que la force a créé la matière, puisque force et matière sont inséparables.

Où celui-là va-t-il chercher son matérialisme (34) ?

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Causae finales et efficientes (35) transformées par Haeckel (pp. 89-90) (36) en causes à action rationnelle et à action mécanique, parce que pour lui causa finalis = Dieu ! De même pour lui, mécanique au sens kantien est, sans autre discussion, = moniste, et non pas = mécanique au sens de la mécanique. Avec une telle confusion dans la terminologie, l’absurdité est inévitable. Ce que Haeckel dit de la Critique du jugement de Kant ne s’accorde pas avec Hegel (Histoire de la philosophie, p. 603) (37).

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Autre (38) exemple de la polarité chez Haeckel : mécanisme = monisme, et vitalisme ou téléologie = dualisme. Déjà chez Kant et Hegel la fin interne est une protestation contre le dualisme. Le mécanisme appliqué à la vie est une catégorie impuissante ; nous pouvons tout au plus parler de chimisme, si nous ne voulons pas renoncer au sens propre des mots. Fin : Hegel, V, p. 205 (39):

Le mécanisme s’avère par lui-même être une aspiration à la totalité, du fait qu’il cherche à saisir la nature pour elle-même comme un tout qui n’a besoin de rien d’autre pour son concept — une totalité qui ne se trouve pas dans la fin et dans l’esprit, extérieur au monde, qui est lié à cette fin  40).

Mais le piquant de l’affaire, c’est que le mécanisme (ainsi que le matérialisme du 18e siècle) n’arrive pas à sortir de la nécessité abstraite, ni non plus, par conséquent, de la contingence. Pour lui, que la matière développe à partir d’elle-même le cerveau pensant de l’homme est un pur hasard, bien que nécessairement déterminé pas à pas là où cela se produit. En réalité, c’est de par sa nature même que la matière parvient à former des êtres pensants, et, par suite, cela se produit toujours nécessairement, là où les conditions (qui ne sont pas obligatoirement partout et toujours les mêmes) en sont données.

Plus bas, Hegel, V, p. 206:

Ce principe (du mécanisme) (41) donne donc avec sa connexion de nécessité externe la conscience d’une liberté infinie par rapport à la téléologie qui pose les bagatelles et même les aspects méprisables de son contenu comme quelque chose d’absolu, dans lequel la pensée plus universelle ne peut se sentir qu’infiniment limitée et même prise de dégoût.

Avec cela, derechef, le colossal gaspillage de matière et de mouvement par la nature. Dans le système solaire, il y a peut-être au plus trois planètes sur lesquelles peuvent exister la vie et des êtres pensants, dans les conditions actuelles. Et pour l’amour d’elles, tout cet énorme appareil !

Selon Hegel (V, p. 244), la fin interne dans l’organisme se fraie un chemin par la voie de l’instinct. Pas trop fort (42). L’instinct devrait, selon Hegel, mettre l’être singulier vivant plus ou moins en harmonie avec son concept. D’où il ressort à quel point toute la fin interne elle-même est une détermination idéologique. Et pourtant, là-dedans il y a Lamarck (43).

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Les savants croient se libérer de la philosophie en l’ignorant ou en la vitupérant. Mais, comme, sans pensée, ils ne progressent pas d’un pas et que, pour penser, ils ont besoin de catégories logiques, comme, d’autre part, ils prennent ces catégories, sans en faire la critique, soit dans la conscience commune des gens soi-disant cultivés, conscience qui est dominée par des restes de philosophies depuis longtemps périmées, soit dans les bribes de philosophie recueillies dans les cours obligatoires de l’université (ce qui représente non seulement des vues fragmentaires, mais aussi un pêle-mêle des opinions de gens appartenant aux écoles les plus diverses et la plupart du temps les plus mauvaises), soit encore dans la lecture désordonnée et sans critique de productions philosophiques de toute espèce, ils n’en sont pas moins sous le joug de la philosophie, et la plupart du temps, hélas, de la plus mauvaise. Ceux qui vitupèrent le plus la philosophie sont précisément esclaves des pires restes vulgarisés des pires doctrines philosophiques (44).

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Les savants ont beau faire, ils sont dominés par la philosophie. La question est seulement de savoir s’ils veulent être dominés par quelque mauvaise philosophie à la mode, ou s’ils veulent se laisser guider par une forme de pensée théorique qui repose sur la connaissance de l’histoire de la pensée et de ses acquisitions.

Physique, garde-toi de la métaphysique ! c’est tout à fait juste, mais dans un autre sens (45).

Les savants gardent à la philosophie un reste de vie factice en tirant parti des déchets de l’ancienne métaphysique. Ce n’est que lorsque la science de la nature et de l’histoire aura assimilé la dialectique que tout le bric-à-brac philosophique — à l’exception de la pure théorie de la pensée — deviendra superflu et se perdra dans la science positive (46).

1C’est par ce fragment intitulé « Büchner » que s’ouvre la première liasse de notes de Dialectique de la nature. Immédiatement après, dès la première feuille du manuscrit, vient le fragment sur la dialectique de la science de la nature se rapportant à mai 1873. Mais plus loin, à la fin de la même page du manuscrit, sont déjà jetées quelques remarques complémentaires au sujet de « la prétention de Büchner de juger du socialisme et de l’économie politique ». Dans la présente édition, ces remarques sont données immédiatement à la suite du 1er fragment dont elles sont séparées par un filet. Le fragment sur Büchner, ainsi que les notes complémentaires en question, sont probablement le résumé d’un travail qu’Engels se proposait d’écrire contre Büchner et les représentants du matérialisme vulgaire. À en juger par le fait que ce résumé est écrit sur la même feuille que le fragment sur la dialectique de la science de la nature et entremêlé à lui, on peut supposer qu’il a été écrit dans la première moitié de 1873. (O.G.I.Z., Obs.)

2Büchner ne connaît la philosophie qu’en dogmatique ; bien plus, il est lui-même un dogmatique, un de ces épigones de la plus plate philosophie allemande des Lumières, un dogmatique chez qui se sont perdus l’esprit et le mouvement des grands matérialistes français (Hegel à leur sujet) — tout comme chez Nicolaï s’est perdu l’esprit de Voltaire. Lessing : le chien crevé Spinoza (Hegel, Encyclopédie, Préf. 19) *. (Note d’Engels).

*Engels fait allusion au passage suivant de Hegel : « Lessing disait en son temps que les gens traitent Spinoza comme un chien crevé. » Hegel traite des matérialistes français au tome III de son Histoire de la philosophie. (O.G.I.Z., Obs.)

3En mentionnant les pages 170-171, Engels fait sans doute allusion à l’œuvre principale de Büchner : Kraft und Stoff (Force et matière) publiée pour la première fois en 1855 et qui avait connu jusqu’alors plus de douze éditions. On peut supposer qu’Engels se sert de la 7e édition (Leipzig 1862) où l’on trouve p. 170 le raisonnement suivant : « Nous n’aurions pas l’idée de l’obscur sans le lumineux, nous ne nous représenterions pas le haut sans le bas, le chaud sans le froid, etc. » (O.G.I.Z., Obs.)

4Engels pense à l’étroitesse des vues philosophiques de Newton, surestimant de façon unilatérale la méthode de l’induction, et à son attitude négative envers les hypothèses, qui s’exprime dans les paroles connues : « Hypotheses non fingo ».

5De nos jours on tient pour certain que Newton a découvert le calcul différentiel et intégral indépendamment de Leibniz et avant lui ; mais Leibniz, parvenant à cette découverte par une voie indépendante, lui a donné une forme bien plus perfectionnée. Deux ans après avoir écrit ce fragment, Engels donnait déjà une opinion plus correcte sur cette question (cf. p. 264). (O.G.I.Z., Obs.)

6Mot non déchiffré, le manuscrit portant une tache d’encre à cet endroit (O.G.I.Z., Obs.)

7Engels pense au passage suivant de la Petite Logique de Hegel (Enc. I, 9) : « On accorde qu’il faut avoir étudié les autres sciences pour les connaître et que c’est seulement sur la base d’une telle connaissance qu’on a le droit de porter un jugement sur elles. On accorde que pour fabriquer un soulier il faut avoir appris le métier et s’y être exercé… Il n’y a que pour la philosophie elle-même que ce genre d’étude et de travail ne serait pas nécessaire. » (O.G.I.Z., Obs.)

8Hegel : Enc. I, 11 : « Mais la séparation de l’idée et de la réalité est particulièrement en faveur auprès de l’entendement qui… tire vanité du devoir… comme si le monde l’avait attendu (l’entendement) pour apprendre comment il devait être. » (N.R.)

9Hegel : Enc. I, 35 : « Ce qui différencie le sensible de la pensée, c’est que la détermination du premier est la singularité et, du fait que le singulier (d’une façon tout à fait abstraite : l’atome) est aussi en liaison, le sensible est une extériorité, dont les formes abstraites plus proches sont la contiguïté et la succession. » (N.R.)

10Hegel : Enc. I, 40-41 : «L’homme n’est pas satisfait de la simple connaissance, du phénomène purement sensible ; il veut éclaircir la chose, il veut savoir ce qu’il est, il veut le concevoir… La nature nous montre une foule infinie de formes et de phénomènes singuliers ; nous avons le besoin de mettre de l’unité dans cette multiplicité ; c’est pourquoi nous comparons et cherchons à connaître ce qu’il y a d’universel en chacun. » (N.R.)

11Hegel : Enc. I, 42 : « Ce qui est le résultat de la réflexion est un produit de notre pensée. Ainsi, p. ex., Solon a tiré de sa tête les lois qu’il a données aux Athéniens. » (N.R.)

12Hegel : Enc. I, 45 : « La logique coïncide donc avec la métaphysique, science des choses conçues en pensées qui passaient pour exprimer les essences des choses. » (N.R.)

13Engels pense au raisonnement de Hegel sur le passage de l’état de spontanéité naïve à l’état de réflexion : « L’éveil de la conscience a pour cause la nature de l’homme lui-même et ce processus se répète en chaque homme. » (O.G.I.Z., Obs.)

14W. Thomson appelle le livre du mathématicien français J.-B. Fourier : Théorie analytique de la chaleur (Paris 1822) un « poème mathématique ». Cf. l’annexe au livre de Thomson et Tait : Treatise of Natural Philosophy. Dans le résumé qu’Engels a fait du livre de Thomson et Tait, ce passage est copié et souligné. (O.G.I.Z., Obs.)

15Tiré des notes de la première liasse. Manuscrit au crayon. (O.G.I.Z., Obs.)

16Tiré des notes de la première liasse. 1874. (O.G.I.Z., Obs.)

17C’est-à-dire la Grande Logique. (O.G.I.Z., Obs.)

18Dans le passage en question, Hegel polémique contre les physiciens qui expliquent la différence des poids spécifiques des corps par le fait qu’ « un corps dont le poids spécifique est le double de celui d’un autre contient dans le même espace deux fois autant de parties matérielles (d’atomes) que l’autre ». (O.G.I.Z., Obs.)

19Tiré des notes de la quatrième liasse. (O.G.I.Z., Obs.)

20Richard Owen : On the Nature of Limbs (De la nature des membres), Londres, 1849, p. 86. (N.R.)

21Tiré des notes de la quatrième liasse. (O.G.I.Z., Obs.)

22Tiré des notes de la première liasse. 1874. (O.G.I.Z., Obs.)

23Engels pense au livre connu de Haeckel : Natürliche Schöpfungsgeschichte (Histoire naturelle de la création) paru pour la première fois en 1868 et souvent réédité par la suite. Il utilise vraisemblablement la 4e édition (Berlin 1873). À la page 59, Haeckel y expose, non sans ironie, les vues d’Agassiz sur le plan de la création. (O.G.I.Z., Obs.)

24Haeckel : Histoire naturelle de la création. (N.R.)

25Tiré des notes de la première liasse. 1874. (O.G.I.Z., Obs.)

26August-Wilhelm Hofmann : Ein Jahrhundert chemischer Forschung unter dem Schirme der Hohenzollern. Rede am 3. August 1880 in derAula der Universität zu Berlin gehalten. Berlin 1881. (N.R.)

27À la p. 26 de sa brochure, Hofmann donne la citation suivante du livre de Rosenkranz : System der Wissenschaft, ein Philosophisches Enchereidon (Système de la science, un compendium de philosophie) Königsberg 1850. « Le platine… n’est au fond qu’un paradoxe de l’argent qui veut occuper le plus haut degré de la métallité. Mais celui-ci revient seulement à l’or. » (O.G.I.Z., Obs.)

28Hofmann parle (pp. 5-6) des « mérites du roi Frédéric-Guillaume III dans l’organisation de la production du sucre de betterave ». Cette note est tirée de la première liasse. Elle est écrite en 1882 (sur la même feuille que la note « connaissance », cf. p. 242). (O.G.I.Z., Obs.)

29Tiré des notes de la quatrième liasse. (O.G.I.Z., Obs.)

30Dans le manuscrit d’Engels, le nom de Cassini est au pluriel (die Cassinis). Dans l’histoire de la science française, on connaît quatre astronomes du nom de Cassini : 1. Giovanni Domenico Cassini (1625-1712) qui avait émigré d’Italie ; 2. Son fils Jacques Cassini (1677-1756) ; 3. Le fils du précédent, César-François Cassini (1714-1784) ; 4. Le fils du précédent, Jacques-Dominique Cassini (1747-1845). Engels pense probablement au second et au troisième. (O.G.I.Z., Obs.)

31Th. Thomson : An Outline of the Science of Heat and Electricity, 2e édition, Londres 1840. (N.R.)

32Tiré des notes de la quatrième liasse (O.G.I.Z., Obs.)

33Haeckel : Anthropogenie, oder Entwickelungsgeschichte des Menschen (Anthropogénie ou Histoire de l’évolution de l’homme), Leipzig 1874. Tous les passages soulignés dans la citation le sont par Engels (O.G.I.Z., Obs.)

34Tiré des notes de la première liasse. 1874. (O.G.I.Z., Obs.)

35Tiré des notes de la première liasse. 1874. (O.G.I.Z., Obs.)

36Haeckel : Histoire naturelle de la création. (N.R.)

37Haeckel souligne dans la Critique du jugement de Kant les contradictions entre « la méthode mécanique d’explication » et la méthode téléologique, cependant que, contrairement à Kant, il présente cette dernière comme la doctrine des fins extérieures, de la finalité externe. Hegel pour sa part, étudiant la Critique du jugement, met au premier plan la notion kantienne de « finalité interne », selon laquelle dans l’être organique « tout est fin et réciproquement tout est aussi moyen l’un pour l’autre » (citation de Kant reproduite par Hegel). (O.G.I.Z., Obs.)

38Le mot « autre » se rapporte à la note « polarité » écrite immédiatement avant cette note sur la même feuille (cf. p. 219). (O.G.I.Z., Obs.)

39Il s’agit du 5e tome de l’édition allemande des Œuvres complètes de Hegel (Berlin 1884) qui contient la troisième partie de la Grande Logique. (O.G.I.Z., Obs.)

40Souligné par Engels. (N.R.)

41Parenthèses d’Engels. (N.R.)

42En français dans le texte. (N.R.)

43Tiré des notes de la première liasse. Écrit vraisemblablement vers 1881. (O.G.I.Z., Obs.)

44Tiré des notes de la première liasse. 1874. (O.G.I.Z., Obs.)

45C’est-à-dire dans un autre sens que celui où Newton employait cette phrase, exprimant par cette mise en garde son attitude négative à l’égard de la pensée philosophique en général. (O.G.I.Z., Obs.)

46Tiré des notes de la première liasse. (O.G.I.Z., Obs.)