Dominique Meeùs
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Repris d’une version en traitement de texte. Certains tableaux n’ont pas encore été reconstitués.

Contradictions du capitalisme

Rapports de production

Division du travail

Division de la production sociale

La division de la production en différentes branches ou secteurs (Marx : « la séparation de la production sociale en ses grandes branches » et quelques lignes plus bas « la division du travail dans la société »). La séparation de la ville et de la campagne est de cet ordre. La séparation est marquée, et le lien maintenu, par l’échange de marchandises entre ces secteurs.

Section I et section II

En considérant le schéma avec les flèches qui conduisent à l’automobile, on peut comprendre qu’il faut un équilibre entre la fabrication de moyens de production et la fabrication de moyens de consommation. Pour produire des biens de consommation (ce que Marx appelle la section II de la production sociale) et pour produire des moyens de production, il faut des moyens de production (ce que Marx appelle la section I de la production sociale). Tous les acteurs (capitalistes et travailleurs) des sections I et II ont besoin des produits de la section II pour vivre.

Division technique du travail

La décomposition du procès de travail en opérations différentes. Au début du capitalisme, des travailleurs sont réunis dans l’atelier pour faire tous des produits complets comme ils auraient pu les faire indépendamment. C’est la coopération capitaliste simple. Ensuite, les capitalistes ont divisé le travail en différentes opérations confiées à des travailleurs différents. C’est la réunion de leurs travaux qui mène à des produits achevés. On parle alors de manufacture . La manufacture crée les conditions du machinisme. Celui-ci augmente à la fois la productivité et l’intensité du travail.

La division de la production sociale que nous avons définie ci-dessus était aussi une division technique. Ce que nous appelons ici division technique du travail n’est à première vue qu’une division technique plus fine que celle entre branches d’industrie. Il y a cependant une différence fondamentale : les branches de la production sociale s’échangent des marchandises tandis que les opérations partielles différentes du procès de production ne produisent ni ne s’échangent de marchandises. « Ce n’est que leur produit collectif qui devient marchandise. »

Une division technique peut devenir une division de la production sociale : la chimie a commencé comme une opération liée au traitement des tissus dans l’industrie textile (teinture…) ; elle est ensuite devenue une industrie à part.

Division sociale du travail

La répartition des activités (économiques, idéologiques ou politiques) entre diverses catégories sociales et premièrement la séparation entre travail manuel et travail intellectuel. Ne pas confondre avec « division de la production sociale ».

Rapports techniques de production

Position des agents de la production entre eux et par rapport à l’objet, aux moyens, dans l’organisation du processus. Dans le travail, différentes personnes font différentes choses.

Rapports sociaux de production

Rapports entre les agents de la production en fonction de leur disposition (propriété ou autre) des moyens de production.

Dans le capitalisme, les capitalistes ont la propriété des moyens de production ce qui leur permet de dominer et d’exploiter les prolétaires. Les capitalistes et les prolétaires sont donc dans un rapport antagonique. C’est une propriété individuelle, les capitalistes sont donc en concurrence l’un par rapport à l’autre. (Ils recherchent le profit maximum et de toute manière ils n’ont pas le choix : sinon ils sont coulés par la concurrence.)

Forces productives

C’est l’union de la force de travail et des moyens de production, y compris l’organisation de la production : les qualités et l’éducation des travailleurs, l’efficacité accrue résultant de la division du travail, les économies d’échelle par la centralisation, le progrès des techniques… font partie des forces productives.

Contradiction entre rapports de production et forces productives

Il en est de même dans tous les modes de production. Dans un mode de production, les forces productives se développent mais il vient un moment ou les rapports de production sont dépassés, ils constituent un frein au développement des forces productives. Dans cette situation, il se peut qu’une classe révolutionnaire change les rapports de production et libère les forces productives.

Prenons l’exemple qui nous intéresse particulièrement : le capitalisme. Dans un premier temps, le capitalisme développe les forces productives.

Anarchie de la production

La première contradiction du capitalisme, c’est la contradiction entre le caractère social de la production (on a montré plus haut qu’en parlant de « caractère social », on ne parle pas pour ne rien dire !) et le caractère privé des décisions de production (caractéristique essentielle d’un système marchand).

La production est livrée à l’arbitraire et aux informations insuffisantes des producteurs, donc à l’anarchie sous la domination de la loi de la valeur : leurs erreurs conduisent à des variations de prix qui provoquent des rectifications. Considérons de nouveau le schéma avec des flèches qui conduisent à l’automobile. Comment les capitalistes peuvent-ils savoir ce qui sera nécessaire. Ils peuvent faire des études de marché mais ils ne peuvent pas le savoir de manière certaine. Ils risquent et ils voient si ça se vend. S’ils produisent trop peu d’un moyen de production, c’est l’aval qui est bloqué. (La rareté fait alors monter les prix et encourage des capitalistes à produire plus de ce bien.) S’ils produisent trop d’un bien, non seulement, ça leur reste sur les bras (et les prix vont baisser, certains vont faire faillite ce qui va résoudre le problème) mais ce travail est du gaspillage : avec les moyens de production et la force de travail utilisés, on aurait pu faire autre chose de plus utile.

Ce mode fonctionnement provoque un important gaspillage. On consacre une énergie énorme à des « travaux inutiles » pour reprendre le titre d’une émission de la RTBf mais ici, il s’agit de beaucoup plus que l’un ou l’autre pont sur une autoroute. Ce sont des destructions silencieuses mais d’importance comparable à celles que « la communauté internationale » peut faire par des bombardements comme en Irak ou en Yougoslavie. C’est un frein au développement des forces productives (on les détruit) et un manque à gagner (on aurait pu faire quelque chose de plus utile).

Voici un exemple de la sidérurgie de Charleroi dans les années 70 et 80.

fermetures outils siderurgie charleroi ouest annees 70 fermetures outils siderurgie charleroi est annees 70

Dans ce tableau, les capitalistes se vantent d’avoir détruit la moitié de leurs outils, pour montrer à quel point ils sont des gestionnaires responsables. (Ils obéissaient aux directives européennes de quota de production pour éviter une crise encore plus grave.) Ce n’est que le début de l’histoire, dix ans après, c’est la plus grande partie du tableau qui était détruite.

La crise de surproduction

La deuxième contradiction du capitalisme, c’est la contradiction entre l’énorme capacité de produire (et la volonté de produire toujours plus) et la limitation des débouchés (de la demande solvable).

Le moteur, c’est le profit, en situation de concurrence. Pour augmenter le profit, on tend à élargir la base sur laquelle on travaille (reproduction élargie) et à augmenter la productivité. Donc, on produit de plus en plus. Mais comme d’autre part, la recherche du profit maximum conduit chaque capitaliste à payer le moins possible de salaire, les travailleurs n’ont pas assez d’argent pour acheter. La production dépasse donc ce que l’on peut vendre. « La raison ultime de toute véritable crise demeure toujours la pauvreté et la limitation de la consommation des masses, en face de la tendance de la production capitaliste à développer les forces productives comme elles n’avaient pour limite que la capacité de consommation absolue de la société. »

La production dépasse la demande solvable mais pas les besoins. Au contraire, la crise diminue la demande solvable (de plus en plus de chômage et de pauvreté) et augmente les besoins (de plus en plus de misère).

Cependant, la concurrence conduit les capitalistes à des investissements de rationalisation mais aussi à augmenter la surproduction. Ils essaient de s’en défendre par la centralisation : fusions et absorptions avec destruction d’outils.

Les capitalistes eux-mêmes constituent une demande solvable mais en biens de consommation, il y a une limite physique. Par contre, ils peuvent continuer à consommer des équipements productifs. D’abord, la crise ne se voit pas tout de suite. Les capitalistes extrapolent des pourcentages de croissance passée et ils ne voient pas (voir ci-dessus, anarchie) que les portes se ferment devant eux. Même quand la crise se voit, la concurrence impose d’investir. Exemple : la sidérurgie de Charleroi. Ainsi, les capitalistes font une consommation productive qui peut retarder ou masquer la crise dans un premier temps mais qui aggrave ensuite la surproduction et donc la crise. La crise de surproduction au niveau des biens de consommation s’étend en amont à tous les secteurs.

La crise, schéma

L’insuffisance des salaires n’est pas la cause de la crise, mais bien le système capitaliste. Quel que soit le niveau des salaires, les capitalistes auront toujours tendance à produire plus, ils ne sont pas libres d’augmenter les salaires en proportion et ils ne peuvent pas consommer à la place du peuple sans aggraver la crise. Ce problème ne se pose pas dans une économie socialiste non marchande.

On critique souvent les sociétés socialistes par le fait qu’il y avait des files devant les magasins. On considère comme un signe d’abondance qu’il n’y a pas de files d’attente sous le capitalisme. Mais ce n’est pas le signe que les gens sont particulièrement riches, c’est parce que les gens sont trop pauvres pour tout acheter, pour vider les magasins. Dans le capitalisme, il y a toujours assez et même trop de tout. Mais il faut bien comprendre ce que ça veut dire, comme prétendue supériorité du capitalisme : nous avons toujours trop peu, ce sont les magasins qui ont trop. (S’il y a eu des files d’attente dans certains pays socialistes, c’est en partie à cause de pénuries liées aux difficultés de développement du socialisme dans des pays plus pauvres au départ et en bute au blocus du reste du monde ; mais aussi parce que le socialisme échappe à la crise de surproduction, les gens touchent assez de salaire pour vider les magasins. On en reparlera.)

La baisse tendancielle du taux de profit

La troisième contradiction du capitalisme, c’est, manque de bol pour eux, que plus les capitalistes cherchent à augmenter leur profit, plus le taux de profit a tendance à diminuer.

La recherche de plus-value extra par augmentation de la productivité n’offre qu’un avantage temporaire. Par contre elle augmente la composition organique, ce qui fait diminuer le taux de profit.

Si dans notre exemple de la page 33, le capitaliste jette la moitié de ses ouvriers à la rue (60 millions par an d’économisés) en les remplaçant par des machines qui ne représentent que 50 millions par an, il fait une économie. Je suppose, pour fixer les idées, qu’il investit 60 millions de plus à 3 ans et 150 millions de plus à 5 ans. Le tableau devient :

En millions Capital total Produit
  un an
Plus-value   130 dont 70 extra
Salaires 10 − 10   60 − 60  
Matières 30     120    
Équipements 3 ans 240 + 60 + 210 80 + 20 + 50
Équipements 5 ans 600 + 150 120 + 30
Bâtiment 600     30    
total 1 480     540    

Le produit vaut toujours 540 parce que ce capitaliste est le seul à utiliser ce procédé. Les coûts ont diminué de 10 millions donc la plus-value passe à 130, 60 de plus-value proprement dite à 100 % et donc 70 de plus-value extra. Déjà, le capital a vachement augmenté donc le taux de profit tombe tout de suite à p′ = (130 × 100)/1 480 = 8,783 %. Par la suite, quand le procédé se généralise, la plus-value extra de 70 millions disparaît. La valeur du produit baisse de 540 à 470 avec une plus-value de 60 millions et le taux de profit tombe alors à p′ = (60 × 100)/1 480 = 4 %. Attention mes exemples sont artificiels, c’est pour illustrer les mécanismes en jeu ! Des économistes plus professionnels que moi pourraient peut-être fournir des exemples plus réalistes.

L’évolution naturelle du capitalisme conduit donc toujours à faire baisser le taux de profit (c’était notre troisième contradiction dans l’étude de la crise) et les capitalistes doivent continuellement chercher de nouveaux trucs pour y échapper.

Le taux de profit se redresse si la productivité augmente dans la production des moyens de production (les machines ou les matières premières sont moins chères, diminution du capital constant, donc de la composition organique) ou dans la production des moyens d’existence (augmentation du taux de plus-value) mais ce n’est généralement pas à la portée d’un capitaliste individuel. Il y a donc une forte incitation à redresser le taux de profit en continuant à rechercher des plus-values extra de productivité (ce qui à terme refait encore baisser le taux de profit) ; en intensifiant le travail ; en rentabilisant les équipements par le travail en continu ; en cherchant des capitaux « bon marché » (reprises d’ex-entreprises socialistes, reprises de faillites à la Duferco) ; en accélérant la vitesse de circulation du capital (déstockage, just-in-time…) ; en payant la force de travail en dessous de sa valeur et/ou en abaissant cette valeur (diminutions de salaires, cotisations « de crise », sous-traitance, emplois précaires sous-payés, chômage, démantèlement de la sécurité sociale, augmentation des tickets modérateurs en soins et en médicaments…) ; en vendant les produits au-dessus de leur valeur (prix de monopole) ou en achetant les matières premières en dessous de leur valeur (exploitation du tiers monde).

Politique keynésienne et politique « néolibérale »

Lors de la crise des années 30, l’économiste anglais Keynes avait préconisé la création artificielle d’une demande par des dépenses publiques ce qui a été fait dans une certaine mesure. Ensuite, la guerre a provoqué une énorme demande. Après la guerre, il fallait reconstruire et la concurrence du bloc socialiste a obligé le capitalisme à accorder des augmentations de salaire direct et de salaire indirect (sécurité sociale). Cela a donné une période de croissance dans les années 50 et 60. Cet équilibre était fragile. La crise latente s’est révélée sous l’effet du choc pétrolier des années 70.

Actuellement, la politique est celle du retour au libéralisme pur et dur contre les travailleurs : réduction des salaires et réduction (en attendant leur suppression complète) de la sécurité sociale et des services publics, ce qui aggrave la crise. (Le libéralisme n’est jamais pur et dur que contre les travailleurs. Quand les capitalistes critiquent les interventions de l’État, ils pensent aux dépenses sociales et à leurs impôts. Ils ne se plaignent pas de recevoir de l’aide et des commandes de l’État !)

L’armée industrielle de réserve : le chômage

Il y a un double mouvement, en sens contraire : d’une part, le capital s’élargit (en période de croissance), demandant plus de travailleurs ; d’autre part, à quantité égale de capital, la recherche de gains de productivité réduit l’emploi.

L’un dans l’autre, le capital ne peut garantir le plein emploi. Les chômeurs forment une réserve pour les périodes de croissance éventuelle de l’emploi. D’autre part, le fait du chômage pousse les travailleurs à accepter des conditions de travail plus dures pour un salaire moindre.

Paupérisation relative et absolue

Paupérisation relative

On appelle paupérisation relative, le fait que la part de la classe ouvrière dans le revenu national diminue tandis que celle du capital augmente.

Paupérisation absolue

On parle de paupérisation absolue quand le niveau de vie de la classe ouvrière baisse. Cela se manifeste de diverses manières :

Le chômage participe doublement à la baisse du salaire :

D’une situation de plein emploi avec un niveau de salaire de 100 et trois millions de travailleurs,

on passe à deux millions de travailleurs, dont le salaire a diminué, et un million de chômeurs, qui gagnent nettement moins

ce qui revient à, en moyenne, pour les trois millions de travailleurs, avec ou sans emploi,

soit une très forte perte de salaire dans l’ensemble.

Perspective : le socialisme et le communisme

Le capitalisme est pris dans des contradictions insolubles. Nous allons voir comment le mode de production socialiste est supérieur et permet de développer les forces productives vers le communisme.

Le socialisme, du point de vue politique, c’est la dictature du prolétariat. Les travailleurs, en tant que classe, prennent le pouvoir par la révolution. Ils maintiennent ce pouvoir contre les ennemis intérieurs et extérieurs par la dictature du prolétariat. La première expérience socialiste est celle de la révolution d’Octobre de 1917 en Russie. Après la deuxième guerre mondiale, le socialisme s’est étendu à une grande partie de l’Europe, à la Chine et à d’autres pays d’Asie. Enfin à Cuba en 1959. Le révisionnisme a conduit le parti communiste de l’U.R.S.S. à l’abandon du pouvoir et à la restauration du capitalisme en 1989 et tous les autres pays socialistes d’Europe ont suivi. Comme pays socialistes (à divers degrés), il reste (de mémoire) Cuba, la Corée du Nord, la Chine, le Vietnam, le Laos et le Cambodge.

Le socialisme, du point de vue économique, c’est la concordance entre les forces productives socialisées (hautement socialisées — comme le montre toujours notre même schéma pour l’automobile) et les rapports de production (propriété socialisée des moyens de production — ils sont la propriété collective des travailleurs).

(Les travailleurs sont les maîtres mais ils ne peuvent pas se réunir tous ensemble toutes les cinq minutes pour discuter tous les problèmes et prendre des décisions politiques et économiques. Ils doivent être organisés en parti et avoir une administration d’État.)

Disparition de la marchandise et abandon du concept de valeur

La valeur est une notion caractéristique d’une société où le marché est très développé, dominant, où des producteurs privés produisent des marchandises, c’est-à-dire des biens destinés à être échangés sur le marché. Le marché, la marchandise, la valeur, sont typiques de la société capitaliste et disparaissent de la société socialiste dans son chemin vers le communisme. (Mais ils se maintiennent au moins en partie dans une transition qui peut être relativement longue.)

La loi fondamentale du socialisme : la satisfaction des besoins matériels et culturels

La loi fondamentale du capitalisme, c’est celle de la maximisation du profit. La loi fondamentale du socialisme, c’est la satisfaction des besoins matériels et culturels des travailleurs.

Dans le socialisme, il y a en même temps :

Ça, c’est bien gentil, mais comment est-ce possible sous le socialisme et pas sous le capitalisme ? Est-ce que socialisme = « demain on rase gratis » ? Pourquoi est-ce autre chose que de belles promesses ? qu’un beau rêve ? Pourquoi n’y a-t-il pas de crise ?

La loi du développement harmonieux, proportionné, de l’économie

Une allocation judicieuse des ressources matérielles et de la force de travail est une obligation dans toute société, mais cette loi s’exprime sous des formes différentes dans des situations historiques différentes. Dans le capitalisme, cette forme c’est la valeur, la concurrence et l’anarchie. Ce n’est absolument plus le cas sous le socialisme.

Ça ne veut pas dire que l’on peut abolir les lois naturelles. On peut seulement les utiliser à son profit si on les connaît (exemple : les inondations sont un fléau mais avec des connaissances en hydraulique, on peut faire des barrages qui alimentent des centrales). Le socialisme peut et doit réaliser un développement harmonieux de l’économie nationale : les différentes cases de notre schéma sont développées pour que ça marche dans l’ensemble. Pourquoi il n’y a pas de crise : les ressources (hommes et femmes, machines, matières premières) sont affectées de manière à atteindre cette harmonie.

(Dans les ressources, il y a aussi l’intelligence des travailleurs. Sous le capitalisme, les travailleurs sont priés de se taire. De plus, c’est leur intérêt de ne pas en faire trop ni trop vite pour limiter la cadence et protéger l’emploi (contre le management participatif et cetera). Sous le socialisme, l’intérêt des travailleurs c’est que ce soit encore plus efficace. Il y a donc là une ressource économique d’une richesse prodigieuse que le capitalisme ne peut pas utiliser.)

La planification socialiste

Comment réaliser en pratique le développement harmonieux de l’économie : par la planification. On l’a réalisé avec du papier et des stylos en U.R.S.S. du temps de Lénine et de Staline, avec pas mal de succès — alors, imaginez avec des ordinateurs puissants comme on peut en avoir maintenant à la maison et à fortiori avec des bêtes comme le Deep Blue qui a battu Kasparov aux échecs, et ses successeurs.

Une économie sans crises

Oui mais est-ce qu’on pourra acheter toute cette production ? (C’est là que le capitalisme coince, ce qu’on appelle la demande solvable.)

Sous le socialisme, l’argent joue un rôle mineur dans l’économie :

Oui mais si on fait des erreurs de planification ?

C’est dommage, la croissance de la production et l’augmentation du niveau de vie seront un peu moins rapides. (Comparaison : vous cultivez des tomates mais vous planifiez mal : vous les mettez trop tard et vous en avez moins que vous auriez pu en avoir autrement. Vous aurez le plaisir de manger vos tomates mais vous auriez eu encore plus de plaisir à manger encore plus de tomates si vous n’aviez pas fait l’erreur. Vous n’aller pas en mourir, sauf si vous faites des erreurs dans tout.) On veut plus de transport en commun pour les gens. Si on a prévu trop peu de rails, on devra attendre quelques mois de plus avant de pouvoir ouvrir de nouvelles voies. Si, au contraire, on fait trop de rails, ils vont s’empiler dans la cour de l’usine et on a perdu l’occasion de faire autre chose de plus immédiatement utile (mais on les utilisera l’année d’après). Dans un cas comme dans l’autre, ni l’usine de rails, ni la société de transport, ni la société socialiste toute entière ne vont faire faillite.

Il est donc très important de bien planifier mais quelques erreurs ne vont pas faire écrouler l’économie. (Mais ça peut poser un problème politique : si les résultats ne sont pas très bons, ça démoralise les travailleurs et les ennemis du socialisme peuvent en profiter.)

Communisme

L’abondance est telle que l’on peut répartir les biens selon les besoins et plus seulement selon le travail.

Les classes ont disparu et l’État s’éteint parce qu’un État est toujours l’organe de la domination d’une classe sur les autres. Il reste seulement une administration de la production.

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