Dominique Meeùs
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La marchandise et l’échange

Marchandise

Le marché

La production marchande est le point de départ du capitalisme

Références

Manuel, pp. 75-76, La production marchande est le point de départ et le trait général du capitalisme.

Étude recommandée

Page 75 le deuxième alinéa (« La production marchande est plus ancienne… ») et les deux suivants (jusque « … rapports capitalistes »).

Question d’application

Serait-il réaliste d’imaginer, au lieu du capitalisme, une société idéale de petits producteurs indépendants ?

Chaque producteur est différent et travaille dans des conditions objectives différentes. Ils sont indépendants, a-t-on dit, donc concurrents. Il y a donc inévitablement, nécessairement développement inégal. Les plus riches (pas nécessairement producteurs, aussi commerçants et banquiers) ne travaillent plus, c’est le capitalisme. (On dira : il suffit de supprimer l’indépendance et la concurrence – mais ça c’est pratiquement le socialisme et plus une société marchande.) Donc, idéale ou pas, une société de petits producteurs indépendants retournera au capitalisme.

La production marchande est le trait général du capitalisme

Références

Manuel, pp. 75-76, La production marchande est le point de départ et le trait général du capitalisme.

Étude recommandée

Page 75 le premier alinéa (« Le mode de production capitaliste… ») et le dernier au bas de la page (« La production marchande revêt… ») jusque et y compris la citation de Lénine en petits caractères page 76.

Question d’application

« … partout prévaut le principe de l’achat et de la vente » et « La production marchande revêt en régime capitaliste en caractère prédominant, universel ». Trouvez-vous que ça se développe ou bien que c’est toujours la même chose ?

Tout se vend et tout s’achète de plus en plus (services publics, santé, éducation…)

Une économie marchande, c’est une économie où chacun produit ce qu’il veut (dans les limites de ses possibilités !) C’est ce qu’on appelle dans le jargon du système capitaliste le monde de la « libre entreprise ».

Le producteur (du petit artisan au gros capitaliste) est indépendant. Il décide de manière autonome de produire et il choisit ce qu’il produit. Il ne produit pas, sauf accessoirement, des biens dont il a besoin pour lui-même ou pour quelqu’un de proche. Il produit des biens dont il entend bien se débarrasser par l’échange, sur le marché. De tels biens sont des marchandises. Dans cette étude, nous ne parlons jamais de production dans la vie privée pour la consommatioin privée mais seulement des marchandises.

Sur le marché, tout le monde est en concurrence. Ce système conduit à un développement inégal, qui renforce les inégalités, donc de plus en plus inégal. Cela conduit à la naissance et au développement du capitalisme. Le capitalisme est l’aboutissement normal du système marchand, pas une perversion et c’est le système marchand par excellence.

La marchandise

Références

Manuel, pp. 76-79, La marchandise et ses propriétés. Le double caractère du travail incorporé dans la marchandise.

Étude recommandée

Les trois premiers alinéas de la page 76.

Questions d’application

Testez votre compréhension de la notion de marchandise sur des exemples de choses qui sont ou qui ne sont pas des marchandises. Attention, il ne faut pas en juger d’après le sens habituel du mot pour vous mais d’après le passage de théorie marxiste que vous étudiez.

Les choses suivantes sont-elles des marchandises ou bien non, et pourquoi :

–    air,

Non. Sauf comprimé en bouteilles, l’air n’est pas produit.

–    gaz de ville,

Oui. Il vient dans un tuyau plutôt que dans un emballage mais c’est une chose, produite (soit à partir du gaz de haut-fourneaux, soit en forant des puits dans la mer du Nord), pour le marché.

–    eau,

Naturelle, comme l’air, non. Au robinet ou en bouteille oui comme le gaz de ville.

–    bière,

Oui.

–    terrain,

Non. Ça s’achète et ça se vend parce que des gens se le sont approprié et que les ressources sont limitées. Mais ce n’est pas produit pour le marché. Cela devient cependant une marchandise s’il y a eu du travail d’aménagement.

–    tableau de Pierre Bruegel l’ancien,

Non. Dans chose produite pour le marché, on sous-entend reproductible en grande quantité. Les peintres produisent pour vendre mais ce n’est pas reproductible en grande quantité (une reproduction d’un Bruegel n’est plus un Bruegel et si de nombreux primitifs flamands ou un Magritte, par exemple, ont souvent retravaillé les mêmes thèmes dans de nouveaux tableaux, chacun est un tableau original, qui a son individualité propre.

–    coupe de cheveux,

Non. Ça se vend, mais ce n’est pas une chose ; une chose se transporte, soit comme une unité individuelle (un objet), soit dans un tuyau comme le gaz (un fluide). Non seulement le producteur peut la vendre mais l’acheteur peut la revendre, l’échange peut continuer. Le coiffeur vend bien une coupe de cheveux mais quand vos cheveux sont coupés, vous ne pouvez pas revendre cette coupe à quelqu’un d’autre.

–    la salade de votre jardin que vous cultivez pour la manger vous-même

Non. Cultiver pour vous même, ça veut dire pas pour le marché.

–    la salade du supermarché que vous achetez pour la manger vous-même

Oui. C’est la même salade et vous allez aussi la manger comme la précédente, mais celle-ci vient d’un producteur qui ne l’a produite que pour l’échanger sur le marché.

Proposez des exemples personnels de choses qui sont ou qui ne sont pas des marchandises en indiquant pourquoi.

Question de restitution

Quels sont les points essentiels de la définition marxiste de marchandise ?

Une marchandise est

Valeur d’usage

Une marchandise doit être utile à quelque chose, de quelque manière que ce soit, que ce soit pour en produire d’autres ou à consommer, pas seulement pour l’estomac mais aussi pour l’esprit, pour le plaisir. Même pour tuer. C’est sa valeur d’usage.

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