Dominique Meeùs
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Introduction au marxisme (capitalisme, socialisme, parti)

Dominique Meeùs (Inem, www.marx.be) pour CheMarx (www.chemarx.org), à Genève, les 2, 3 et 4 avril 2010.

Ceci est le squelette du contenu du cours, avec des références pour ceux qui veulent le préparer ou le prolonger par des lectures personnelles (ou qui, n’ayant pas eu l’occasion de participer à ce cours, veulent l’étudier par eux-mêmes).

 

Il y a plein de choses dans le marxisme, qui doivent toutes être étudiées un jour, mais on ne peut pas tout mettre dans un cours ; il faut faire un choix. La crise met plus que jamais en lumière l’échec du capitalisme et l’actualité du socialisme ; j’ai donc choisi le socialisme comme pivot de ce cours, et j’ai choisi de parler du socialisme surtout dans son principe, sur le plan économique, ce dont on parle trop peu. Cependant, ce point, malgré qu’il est le point central du cours, n’en fera qu’une petite partie en volume ; parce qu’il faut mettre le socialisme en contrepoint du capitalisme et nous allons donc commencer par étudier l’économie capitaliste ; parce qu’on ne peut pas oublier que le passage au socialisme, c’est une question politique, une question de classe pour les travailleurs, qui ont pour cela besoin de leur propre parti politique.

Comment fonctionne le capitalisme ? Pourquoi ne peut-il fonctionner que mal (comme l’illustre la crise actuelle) ? Le capitalisme est une impasse.

Le socialisme échappe aux contradictions du capitalisme parce qu’il est fondamentalement différent. On s’attend bien sûr à ce que ce système soit plus juste ; il faut comprendre en quoi il est infiniment plus efficace. Il offre des possibilités illimitées.

C’est la chose la plus naturelle du monde que de préférer le socialisme au capitalisme (cela n’a rien d’extrémiste)2, mais les possédants ne vont pas se laisser faire. Donc cette chose toute simple, de passer au socialisme, est aussi très difficile et ça ne peut réussir que de manière organisée. C’est la mission de la classe ouvrière, alliée à tous les autres travailleurs et organisée en parti.

Je me réfère, entre autres, au Manuel d’économie politique de l’Académie des Sciences de l’U.R.S.S. et aux Principes d’économie politique de Louis Segal3. Je n’ai pas en tête des ouvrages aussi pédagogiques sur les questions du parti et de la révolution (mais ces points ne sont qu’effleurés ici ; ils devraient être développés dans un autre cours). Il n’est jamais inutile d’étudier le Que faire ? de Lénine4.

1

http://www.d-meeus.be/marxisme/gene2010.html

2

« Éloge du communisme » (Bertolt Brecht dans La mère) : Que dire contre le communisme ? Il est raisonnable, tout le monde le comprend. Il est facile ; tu n’es point un exploiteur, tu peux le comprendre, il est bon pour toi, renseigne-toi sur lui. Les imbéciles l’appellent stupide, les sales l’appellent sale. Il est contre la saleté et la stupidité. Les exploiteurs l’appellent un crime, mais nous savons qu’il est la fin du crime. Il n’est pas folie mais la fin de la folie. Il n’est pas le chaos mais l’ordre. Il est simple, mais difficile à faire.
(« Lob des Kommunismus » : Was spricht eigentlich gegen den Kommunismus? Er ist vernünftig, jeder versteht ihn. Er ist leicht. Du bist doch kein Ausbeuter; du kannst ihn begreifen, er ist gut für dich, erkundige dich nach ihm. Die Dummköpfe nennen ihn dumm, und die Schmutzigen nennen ihn schmutzig. Er ist gegen den Schmutz und gegen die Dummheit. Die Ausbeuter nennen ihn ein Verbrechen, aber wir wissen, er ist das Ende der Verbrechen. Er ist keine Tollheit, sondern das Ende der Tollheit. Er ist nicht das Chaos, sondern die Ordnung. Er ist das Einfache, das schwer zu machen ist.)

3

Manuel d’économie politique, Éditions sociales, Paris, 1956, (http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/) et Louis Ségal, Principes d’économie politique, Éditions sociales internationales, Paris, 1936 (http://www.d-meeus.be/marxisme/Segal/).

4

Dans mes notes de lecture, la référence exacte et quelques indications pour l’étude : http://www.d-meeus.be/marxisme/classiques/Len5QueFaire.html

Capitalisme

Valeur

Marchandises, leur échange, abstraction de la valeur, abstraction du travail5.

Retenir que toute richesse est travail et rien d’autre. (Travail et ressources naturelles, mais celles-ci ne sont elles-mêmes pas disponibles sans travail.)

La loi de la valeur

Sur le marché, les producteurs échangent des valeurs égales. Dans une société marchande, la valeur commande toutes les relations économiques et en particulier détermine ce qui sera produit (affectation des forces productives)6.

La « loi de l’offre et de la demande »

Ce n’est pas une loi fondamentale, c’est une des manifestations de la loi de la valeur. Cela joue au niveau des prix et pas de la valeur. Si l’offre est excessive ou insuffisante par rapport à la valeur, le prix descend ou monte par rapport au prix qui correspond à la valeur. L’offre est alors corrigée (parce que cette production rapporte moins ou plus) ce qui tend à rapprocher le prix de celui qui correspond à la valeur (jusqu’à une nouvelle inadéquation de l’offre).

5

Manuel, http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap04sect02.html et http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap04sect03.html
– Ségal, http://www.d-meeus.be/marxisme/Segal/sections/chap02sec01.html
– Mon cours d’économie, http://www.d-meeus.be/marxisme/cours/valeur.html#valeur
– Mon cours de philosophie marxiste, à propos de l’abstraction, http://www.d-meeus.be/marxisme/philo/cours3.html#valeur

6

Manuel, http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap04sect07.html
– Ségal, http://www.d-meeus.be/marxisme/Segal/paragraphes/chap02sec04loi.html
– Mon cours d’économie, http://www.d-meeus.be/marxisme/cours/monnaie.html#Loi

Exploitation

Contrat de vente de la force de travail à sa valeur, c’est-à-dire ce qu’il faut pour la reproduire. Les bons comptes font les bons amis. Une fois produite la valeur de cette force de travail (travail nécessaire), le reste est pour le capitaliste (surtravail)7. L’exploitation est profondément injuste en ce que la différence de situation est injuste et que cette différence de situation permet que le surtravail soit donné dans un « échange » sans contrepartie. Il faut cependant bien voir, à ce niveau de principe, que c’est le simple respect des termes du contrat, ce n’est pas un abus, une tricherie, un vol qui pourrait disparaître dans un capitalisme plus « éthique ».

Là-dessus, dans la vie réelle, en plus de l’exploitation « normale », les capitalistes essayent généralement de payer la force de travail en dessous de sa valeur. Sauf situation de monopole temporaire, en situation de concurrence, un capitaliste n’a même pas la possibilité de payer au-dessus de la valeur, il est obligé de payer toujours le moins possible. Il faut insister encore sur le fait que payer la force de travail en dessous de sa valeur n’est qu’un supplément d’exploitation. Le principal (le surtravail) est déjà présent sans cela.

7

Manuel, http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap07sect04.html
– Ségal, http://www.d-meeus.be/marxisme/Segal/sections/chap04sec02.html
– Mon cours d’économie, http://www.d-meeus.be/marxisme/cours/plusvalue.html#Production

La loi de la recherche du profit

Le moteur de l’économie n’est pas le bien public (fournir à l’humanité ce dont elle a besoin pour survivre), mais la recherche du plus grand profit. La loi fondamentale du capitalisme, c’est la production de plus-value8 et, en raison de la concurrence, il n’est pas permis de se contenter d’un profit « raisonnable », modéré.

8

Manuel, http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap07sect04.html

Variation du taux d’exploitation

Il est intéressant de remarquer que l’exploitation se calcule en valeur et que le taux d’exploitation ne dépend pas que de la durée du surtravail. Il se peut aussi que la valeur de la force de travail diminue9.

9

Manuel, http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap07sect07.html (plus value relative)
– Ségal, http://www.d-meeus.be/marxisme/Segal/paragraphes/chap04sec04absolrel.html (plus value relative)
– Mon cours d’économie, http://www.d-meeus.be/marxisme/cours/variation.html#Productivite

Plus-value extra

Comme nous voulons mettre en lumière les mécanismes fondamentaux du mode de production capitaliste, nous ne considérons le plus souvent que les aspects les plus généraux, ou en moyenne. Cependant, en situation de concurrence, un capitaliste individuellement a intérêt à investir pour augmenter sa productivité10. C’est un aspect essentiel du développement inégal, mais aussi une des contradictions fondamentales du capitalisme (voir plus loin la baisse tendancielle du taux de profit).

10

Manuel, http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap07sect08.html
– Ségal, http://www.d-meeus.be/marxisme/Segal/sections/chap04sec04.html
– Mon cours d’économie, http://www.d-meeus.be/marxisme/cours/variation.html#extra

Classes sociales

On voit dans cette situation qu’il y a deux groupes, les ouvriers et les capitalistes, qui se font face dans des situations très différentes (par rapport à la propriété des moyens de production) et en conflit d’intérêt permanent. (Dans le concret, il y a des groupes plus variés.) Dans son principe, sur le seul plan économique, le capitalisme est stable : l’ouvrier ne peut que rester pauvre (il est payé pour sa force de travail et ce qu’il gagne il doit le dépenser pour la reproduire), tandis que le capitaliste reste capitaliste et ne fait que s’enrichir. Cependant dans le concret, c’est plein de contradictions et pour que ce soit vraiment stable, il faut maintenir par la loi et la force un ordre favorable aux capitalistes, et comme même ainsi ça ne marche pas, il faut régulièrement faire la guerre.

Il en est ainsi dans toute l’histoire de l’humanité, dans toutes les civilisations, sauf dans les sociétés très primitives. On ne peut pas sérieusement analyser et comprendre la société sans tenir compte de la réalité des classes11. On verra à propos du socialisme et du communisme que les classes sont appelées à disparaître.

11

– Ségal, http://www.d-meeus.be/marxisme/Segal/paragraphes/chap01sec04contra.html

Contradictions et crises

Anarchie

Dans la production marchande, les producteurs sont liés entre eux par le fait que, se spécialisant, ils dépendent les uns des autres pour leurs fournitures. Dans le capitalisme, cette interdépendance est poussée au plus haut degré. La contradiction fondamentale de ce système12, c’est la contradiction entre le caractère socialisé à l’extrême de la production et le caractère privé de la propriété et donc de la décision.

Comme la loi fondamentale du capitalisme, c’est la recherche du profit maximum et pas la recherche d’un fonctionnement harmonieux, optimal de l’ensemble, il y a continuellement une anarchie et un gaspillage considérables.

12

Manuel, http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap16sect04.html
– Ségal, http://www.d-meeus.be/marxisme/Segal/paragraphes/chap01sec04contra.html
– Ségal, http://www.d-meeus.be/marxisme/Segal/sections/chap04sec01.html
– Mon cours d’économie, http://www.d-meeus.be/marxisme/cours/contrad.html#Anarchie

Baisse tendancielle du taux de profit

Le taux de profit est lié à la masse du capital total. Il est donc influencé défavorablement par l’investissement : c’est ce qu’on appelle la baisse tendancielle du taux de profit13. Les capitalistes sont condamnés à trouver toujours de nouveaux marchés et de nouvelles méthodes pour redresser le taux de profit.

13

Manuel, http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap11sect03.html
– Ségal, http://www.d-meeus.be/marxisme/Segal/sections/chap07sec04.html
– Mon cours d’économie, http://www.d-meeus.be/marxisme/cours/contrad.html#tendancielle

Crise de surproduction

En concurrence, les capitalistes ne peuvent pas ne pas chercher constamment à payer la force de travail des ouvriers en-dessous de sa valeur et à investir pour augmenter la productivité, donc employer moins d’ouvriers. Il en résulte qu’on produit toujours trop pour la demande solvable. C’est la surproduction14. La solution normale à la crise, c’est la destruction de moyens de production, entre autres par la faillite.

Avec la surproduction et la baisse tendancielle du taux de profit, le système est plus ou moins toujours en crise, mais il y a des périodes (qui peuvent être longues) pendant laquelle une crise plus grave s’installe, avec des épisodes aigus.

Dans la crise, la situation des pauvres s’aggrave, le gouvernement se dit obligé faute d’argent d’aggraver encore leur situation par des restrictions, beaucoup d’entreprises se disent en déficit, mais on aurait tort de penser qu’il y a un manque d’argent général. Les capitalistes, même en crise, en ont trop, et même beaucoup trop au sens que, à cause précisément de la crise, il ne savent plus quoi en faire puisque les entreprises de production ordinaires ne rapportent pas grand chose et qu’on ne peut pas les développer sans limite15. C’est donc ainsi qu’ils investissent joyeusement dans des produits financiers empoisonnés. Comme il y a trop de capital, ces produits ont du succès. Comme ils ont du succès, leur valeur en Bourse monte, ce qui semble prouver que les acheteurs ont raison. Quand ce papier prend des valeurs folles, on s’étonne que la bulle explose.

14

Manuel, http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap17sect01.html
– Ségal, http://www.d-meeus.be/marxisme/Segal/sections/chap10sec01.html
– Mon cours d’économie, http://www.d-meeus.be/marxisme/cours/contrad.html#surproduction

15

Mais les plus forts et les plus décidés investissent quand même dans la production ; ils pensent que les conséquences négatives de la surproduction, aggravée de ce fait, ce sera pour les autres.

La crise actuelle

C’est ainsi que nous sommes actuellement toujours dans une période de crise qui commence à la fin des années soixante du siècle dernier (qui a donc une quarantaine d’années). Après les destructions de la Deuxième Guerre mondiale, il y a une reprise de l’économie. Cette relance s’essouffle vers la fin des années soixante (baisse tendancielle du taux de profit et crise de surproduction). Dans cette grave et profonde crise de longue durée, un des premiers épisodes aigus est le choc pétrolier des années septante16. Il y en a eu d’autres comme la crise des nouvelles technologies, la crise asiatique et la crise récente des finances (automne 2008) dont les conséquences se font encore sentir (et pourraient encore s’aggraver).

La réaction de la bourgeoisie a été de réduire la part des travailleurs dans le produit intérieur brut pour contrer la baisse du taux de profit. Cette mission a été confiée entre autres à Ronald Reagan et à Margaret Tatcher qui ont gouverné les États-Unis et le Royaume-Uni pendant la décennie des années quatre-vingt, mais de nombreux gouvernements de droite comme sociaux-démocrates ont mené la même politique. Il en résulte non une sortie de la crise, mais un report et une aggravation de la crise de surproduction, qu’on a cherché à compenser en encourageant la consommation à crédit. De ce point de vue, des épisodes comme celui de 2008 n’ont rien de surprenant17.

16

17 octobre 1973.

17

Les Études marxistes n’ont donc pas été surprises : sur la crise, voyez les numéros 18(1993), 36(1997), 43(1998), 45(1999), 59(2002), 62(2003), 85(2009), 89(2010), (http://www.marx.be/ onglet Études marxistes, commande Archives). En particulier, Crise économique et guerre au 21e siècle, 59(2002) (http://www.marx.be/fr/content/%C3%A9tudes-marxistes?action=select&id=58), rappelle que ça doit nécessairement péter de temps en temps et « Une analyse marxiste de la globalisation actuelle » dans le 74(2006) p. 83-112 (http://www.marx.be/fr/content/%C3%A9tudes-marxistes?action=get_doc&id=71&doc_id=526) annonce directement p. 107-110 la crise financière de 2008. Sous le titre La crise du système, le numéro 84(2008) (http://www.marx.be/fr/content/%C3%A9tudes-marxistes?action=select&id=82) y est entièrement consacré.

Communisme et socialisme

Communisme

Si l’appareil de production appartient à la collectivité18, il n’y a plus (à terme) de classes ni de conflit de classe. En travaillant pour la collectivité, les membres de cette collectivité travaillent pour eux-mêmes, pas pour un patron19. (Il ne s’agit pas de capitalisme d’État, mais de propriété collective, dont l’État est le gérant20.)

Si l’appareil de production est suffisamment efficace, le travail est assez léger pour n’être plus une grande contrainte et il n’est plus nécessaire de rationner la répartition des biens. L’autorité change de caractère. Ce n’est plus un pouvoir d’État qui défend les intérêts d’une classe dominante, c’est une administration ne fait qu’assurer le minimum de coordination indispensable à la vie en société.

Inutile de dire que c’est un objectif lointain, bien que pas irréaliste quand on voit les progrès de la science et de la technique et ce qu’on pourrait en tirer en les utilisant à bon escient.

18

Manuel, http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap26sect04.html

19

Manuel, http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap31sect01.html

20

– Ségal, http://www.d-meeus.be/marxisme/Segal/sections/chap04sec07.html

Socialisme

Le socialisme n’est pas fondamentalement différent du communisme dans son principe (propriété collective de l’appareil de production), c’est une période de transition vers le communisme, un communisme immature, incomplet21 ; mais le socialisme diffère en ce que l’état de développement conduit à des limitations sur plusieurs points :

Classes sociales : (i) si l’appareil de production n’est que partiellement collectivisé, il reste de la propriété privée (y compris collective, coopérative) donc des classes22 ; (ii) même si la collectivisation supprime les classes en fait, il reste un certain temps des groupes nostalgiques de l’ordre ancien ; (iii) si le socialisme n’est pas encore généralisé à l’ensemble du monde, il reste des classes en dehors.

Travail : pour assurer les nécessités de la vie et un progrès de productivité (nécessaire pour arriver au communisme), il faut que tout le monde, sauf incapacité, travaille plus que le minimum23.

Répartition : comme tout le monde ne peut pas tout avoir, il faut répartir les biens de consommation produits et on le fait selon la contribution de chacun au travail général24.

21

Manuel, http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap40sect01.html

22

Manuel, http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap26sect02.html

23

Manuel, http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap31sect02.html

24

Manuel, http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap23sect05.html
Manuel, http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap31sect03.html
– Ségal, http://www.d-meeus.be/marxisme/Segal/sections/chap05sec03.html

Les lois du socialisme

Comme les moyens de production appartiennent à une seule instance (la collectivité), il n’y a pas d’échange (on n’échange pas avec soi-même), donc pas de valeur et pas de loi de la valeur25. (Mais il n’est « pas interdit » de tenir compte du temps de travail dans les décisions sur la production.)

[Note ajoutée après le cours d’avril 2010 à Genève : Attention à ce que la phrase ci-dessus peut avoir de trop radical. D’une part, il n’est pas interdit de maintenir, d’étendre au socialisme la définition de valeur (définie d’abord dans le cadre du captialisme) comme temps de travail socialement nécessaire. D’autre part, historiquement la collectivisation ne s’achève pas le premier jour. Il y a donc nécessairement, comme dit ci-dessus en (i), une période où il reste de la production privée et il peut y avoir en outre dans des situations particulières des raisons de choisir pour le développement de continuer un certain temps à faire appel à l’initiative et à des capitaux privés. Donc s’il est vrai en principe que le socialisme et le communisme excluent en principe l’échange et le marché, il est tout aussi vrai historiquement qu’il y a toujours persistance du marché un certain temps.]

25

– Mon cours d’économie, http://www.d-meeus.be/marxisme/cours/contrad.html#Disparition
Manuel, http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap23sect05.html
Manuel, http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap29sect01.html

Loi de la satisfaction des besoins

La loi fondamentale du socialisme, c’est : « Assurer au maximum la satisfaction des besoins matériels et culturels sans cesse croissants de toute la société, en développant et en perfectionnant sans cesse la production socialiste sur la base d’une technique supérieure26. »

26

– Mon cours d’économie, http://www.d-meeus.be/marxisme/cours/contrad.html#fondamentale
Manuel, http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap23sect05.html
Manuel, http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap29sect02.html

Loi du développement harmonieux

« Le socialisme ne saurait se concevoir sans un développement harmonieux de l’économie nationale, assurant un usage rationnel, dans un esprit d’épargne, du travail et de ses résultats27. »

27

– Mon cours d’économie, http://www.d-meeus.be/marxisme/cours/contrad.html#harmonieux
Manuel, http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap30sect01.html

Loi de la planification

Comment réaliser en pratique le développement harmonieux de l’économie ? par la planification28.

28

– Mon cours d’économie, http://www.d-meeus.be/marxisme/cours/contrad.html#planification
Manuel, http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap30sect03.html

Politique

On a décrit ici surtout l’aspect économique du socialisme (dont on parle parfois trop peu), mais il faut pour le mettre en place abattre le capitalisme. Il faut donc en revenir au point de vue politique (les classes et la lutte des classe, le pouvoir) : qui va le faire et comment ?

Révolution

Les possédants ne se laisseront pas faire, il faut les bousculer. Nous ne sommes pas pour la violence, nous aimerions autant un passage pacifique au socialisme, mais connaissant le camp d’en face, c’est irréaliste. Le niveau de violence ne dépend pas de nous mais d’eux. Cependant si on les prend dans un moment de faiblesse, cette violence ne doit pas être extrême. (Exemple d’Octobre 1917, mais la violence est revenue après, dans l’agression anglo-française.)

Pour avoir les forces suffisantes pour renverser le capitalisme, il faut qu’une large majorité de la population adhère au projet, à divers degrés de conscience.

Au niveau des classes, il revient à la classe ouvrière d’être la force motrice et dirigeante du mouvement à cause de sa position clef dans le capitalisme (il n’y a pas de capitalistes sans ouvriers) et dans la source de toute richesse. Cela ne dépend pas de son nombre absolu, mais elle doit réunir autour d’elle, toutes les autres catégories du peuple à l’exception des exploiteurs.

Après la prise du pouvoir, il faut encore le défendre contre les attaques de l’extérieur, tant que le socialisme n’a pas gagné le monde entier.

Parti

On ne mène pas un projet difficile, contre un ennemi dangereux, sans organisation, sans compétence, sans direction.

Le projet doit être fondé théoriquement.

Il faut une discipline dans l’exécution. Il faut agir de manière concertée. On ne peut réussir si chacun en fait à sa tête.

Il y a des niveaux successifs de la masse à l’avant-garde.

La grande masse de la population apprendra par l’expérience, dans les mouvements de masse, par les victoires obtenues dans ces mouvements, quel est le bon camp, quels sont les partis et les politiciens qui ne sont en réalité pas du côté du peuple, qu’une autre société est possible. Il faut pour cela une politique de communication, des campagnes électorales et autres, mais on ne va pas convaincre chacun des membres de la population par des leçons comme celle-ci. Nous ne sommes pas des Témoins de Jéhovah qui vont porter la bonne parole de porte en porte. (Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut jamais faire du porte à porte.) On ne fait pas bouger les gens par l’endoctrinement.

Cependant dans la classe ouvrière, il y a une avant-garde que l’expérience à rendue plus combative, plus consciente, qui veut apprendre et nous devons répondre à cette attente. Cette avant-garde entraîne la masse dans le mouvement et fait progresser ainsi la conscience générale.

Le parti est la partie organisée de cette avant-garde. C’est le parti qui assure la cohérence de l’ensemble du tableau. C’est la classe ouvrière qui a la mission historique de réunir le reste de la population autour d’elle pour renverser le capitalisme et édifier le socialisme, mais sans parti de la classe ouvrière, il n’y aura jamais de socialisme.

Unité. Pas d’exclusives. Il ne faut pas être puriste. Avec des gens qui veulent vraiment une autre société, socialiste, et qui admettent qu’il faut s’organiser pour y arriver, il faut s’unir, pas se disputer, même si on a des divergences sur de nombreux points. La confrontation des points de vue est nécessaire pour avancer. L’unité se construit, elle n’est pas un pré-requis. Mais en fin de compte, il faut une centralisation et une discipline.

Respect des communistes : les gens qui s’organisent pour changer la société dans ce sens n’y étaient pas obligés ; ils consacrent dans une certaine mesure leur vie à leur engagement ; ils méritent le respect, et même un sentiment amical, même si on n’est pas d’accord avec eux sur de nombreux points ou si on a des difficultés avec certains traits de leur caractère. Il n’est pas question de conciliation : il faut critiquer et combattre les erreurs, mais sans oublier qu’on discute entre camarades.

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