Manuel d’économie politique de l’Académie des sciences de l’URSS
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7.6. Le taux de la plus-value.

Le degré d’exploitation de l’ouvrier par le capitaliste trouve son expression dans le taux de la plus-value.

Le taux de la plus-value est le rapport exprimé en pourcentage de la plus-value au capital variable. Le taux de la plus-value montre dans quelle proportion le travail dépensé par les ouvriers se divise en travail nécessaire et en surtravail ; autrement dit, quelle est la partie de la journée de travail que le prolétaire dépense pour compenser la valeur de sa force de travail et quelle partie de la journée il travaille gratuitement pour le capitaliste. On désigne la plus-value par la lettre p et le taux de la plus-value par p′ = p v . Dans le cas cité plus haut (p. 121) le taux de la plus-value, exprimé en pourcentage, est :

p′ = p v = 6  dollars 6  dollars × 100 = 100 % .

Le taux de la plus-value est ici égal à 100 %. Cela veut dire que dans le cas présent le travail de l’ouvrier est divisé pour moitié en travail nécessaire et en surtravail. Avec le développement du capitalisme s’élève le taux de la plus-value, ce qui marque l’élévation du degré d’exploitation du prolétariat par la bourgeoisie. La masse de plus-value s’accroît encore plus p. 126rapidement, du fait qu’augmente le nombre des ouvriers salariés exploités par le capital.

Dans son article « Salaire des ouvriers et profit des capitalistes en Russie », rédigé en 1912, Lénine présente le calcul suivant qui montre le degré d’exploitation du prolétariat dans la Russie d’avant la Révolution. Une enquête officielle effectuée en 1908 sur les fabriques et les usines, et dont les chiffres sans aucun doute surestiment les salaires des ouvriers et sous-estiment les profits des capitalistes, établissait que les salaires des ouvriers se montaient à 555,7 millions de roubles, tandis que les profits des capitalistes étaient de 568,7 millions de roubles. Le nombre total des ouvriers des entreprises inspectées de la grande industrie était de 2 254 000. Ainsi, la moyenne du salaire d’un ouvrier était de 246 roubles par an, et chaque ouvrier apportait en moyenne au capitaliste 252 roubles de bénéfice annuel.

Ainsi donc, dans la Russie des tsars, l’ouvrier travaillait un peu moins de la moitié de la journée pour lui-même, et un peu plus de la moitié de cette journée pour le capitaliste.

Date: 2010-2014