Manuel d’économie politique de l’Académie des sciences de l’URSS
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12.3. Les formes du commerce capitaliste. Les Bourses de marchandises.

Le développement de la production et de la circulation capitalistes entraîne le développement des formes du commerce de gros et de détail. Le commerce de gros est le commerce entre entreprises industrielles et commerciales ; le commerce de détail est la vente des marchandises directement à la population.

Dans le commerce comme dans l’industrie, il y a concentration et centralisation du capital. L’éviction des petits et des moyens capitalistes par les gros a lieu aussi bien dans le commerce de gros que dans le commerce de détail. Dans ce dernier, la concentration des capitaux se réalise principalement dans la création de grands magasins et de magasins spécialisés. Les grands magasins mettent en vente toute sorte de marchandises ; les magasins spécialisés ne vendent qu’une sorte de marchandise, par exemple les chaussures ou les vêtements.

La production de marchandises de même nature permet aux commerçants de faire le commerce de gros sur échantillons. Les marchandises courantes de même nature (coton, lin, métaux ferreux et non ferreux, caoutchouc, grain, sucre, café, etc.) se vendent et s’achètent sur échantillons et standards établis dans les Bourses de marchandises.

La Bourse de marchandises est une forme particulière de marché où se fait le commerce en gros de marchandises de même nature et où se concentrent l’offre et la demande de ces marchandises à l’échelle de pays entiers, souvent même à l’échelle du marché capitaliste mondial.

Les marchandises, qui font l’objet de transactions en Bourse entre capitalistes, ne passent pas directement de main en main. Les transactions se font généralement à terme : le vendeur s’engage à faire parvenir à l’acheteur une quantité déterminée de marchandises dans un délai fixé. Par exemple, on conclut au printemps des transactions pour la fourniture du coton de la récolte à venir, alors que celui-ci n’a pas encore été semé. En concluant un marché en Bourse, le vendeur compte que le prix de la marchandise en question aura diminué à la date fixée et qu’il en retirera la différence de prix ; l’acheteur, lui, escompte une hausse des prix. Souvent les vendeurs en Bourse ne disposent pas du tout des marchandises qu’ils vendent, et les acheteurs n’ont pas besoin des marchandises qu’ils achètent. C’est ainsi que les Bourses de marchandises deviennent le centre du commerce de spéculation. Les spéculateurs vendent et achètent le droit de propriété sur des marchandises auxquelles rien ne les rattache. La spéculation est étroitement liée à tout le système du commerce capitaliste dont le but n’est pas de pourvoir aux besoins de la société, mais de tirer du profit. Ce sont les gros capitalistes qui s’enrichissent principalement dans le commerce de spéculation. Celui-ci entraîne la ruine d’une grande partie des petits et moyens entrepreneurs.

Dans les pays bourgeois, on pratique assez souvent le commerce à crédit ou à tempérament. Cette forme de commerce aboutit souvent au fait que la masse des consommateurs est obligée, pour régler les échéances, d’aliéner ses propres biens, n’étant pas à même d’acquitter ses dettes à l’échéance. Le commerce à crédit est utilisé souvent par les capitalistes pour réaliser des marchandises de qualité intérieure ou laissées pour compte.

Date: 2010-2014