Manuel d’économie politique de l’Académie des sciences de l’URSS
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17.5. La tendance historique du développement du capitalisme. Le prolétariat, fossoyeur du capitalisme.

Le capitalisme étant devenu le régime dominant, la concentration de la propriété entre les mains d’un petit nombre a progressé à pas de géant. Le développement du capitalisme amène la ruine des petits producteurs qui vont grossir les rangs de l’armée des ouvriers salariés. La concurrence s’aggrave entre capitalistes, ce qui a pour résultat qu’un capitaliste l’emporte sur beaucoup d’autres. La concentration du capital rassemble d’immenses richesses entre les mains d’un cercle de plus en plus étroit de personnes.

Tout en développant les forces productives et en socialisant la production, le capitalisme crée les conditions matérielles du socialisme ; en même temps, il engendre son fossoyeur en la personne de la classe ouvrière qui assume le rôle de dirigeant et de guide de toutes les masses laborieuses et exploitées. Le progrès de l’industrie s’accompagne d’un accroissement des effectifs du prolétariat, du développement de sa cohésion, de sa conscience et de son organisation. Le prolétariat se dresse avec toujours plus de résolution pour la lutte contre le capital. Le développement de la société capitaliste s’accompagne d’une aggravation des contradictions antagonistes qui lui sont propres et d’un renforcement de la lutte de classe, préparant ainsi les conditions nécessaires pour la victoire du prolétariat sur la bourgeoisie.

L’expression théorique des intérêts vitaux de la classe ouvrière est le marxisme, le socialisme scientifique, qui présente une conception du monde cohérente et harmonieuse, Le socialisme scientifique apprend au prolétariat à s’unir pour la lutte de classe contre la bourgeoisie. Les intérêts de classe du Prolétariat coïncident avec ceux du développement progressif de la société humaine ; ils se fondent avec les intérêts de l’immense majorité de la société, car la révolution du prolétariat signifie la destruction non point de telle ou telle formes d’exploitation, mais la destruction de toute exploitation en général.

Si à l’aube du capitalisme, un petit nombre d’usurpateurs, en la personne des capitalistes et des propriétaires fonciers, a exproprié les masses populaires, le développement du capitalisme rend inévitable l’expropriation du petit nombre des usurpateurs par les masses populaires. Cette tâche est accomplie par la révolution socialiste, qui socialise les moyens de production et supprime le capitalisme avec ses crises, son chômage et la misère des masses.

Le monopole du capital devient une entrave au mode de production qui a mûri en même temps que lui et sous sa domination. La centralisation des moyens de production et la socialisation du travail atteignent un point où elles deviennent incompatibles avec leur enveloppe capitaliste. On la fait sauter. L’heure de la propriété capitaliste a sonné. On exproprie les expropriateurs.

K. Marx, Le Capital, Livre I, p. 856.

Telle est la tendance historique du développement du mode de production capitaliste.

Date: 2010-2014