Manuel d’économie politique de l’Académie des sciences de l’URSS
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18.6. Le partage économique du monde entre les unions de capitalistes. Les monopoles internationaux.

À mesure que se développe l’exportation des capitaux et que s’étendent les liens et les « zones d’influence » des plus grands monopoles, des conditions favorables se créent pour le partage du marché mondial entre eux. Il se constitue des monopoles internationaux.

Les monopoles internationaux sont des ententes entre les plus gros monopoles des différents pays pour le partage des marchés, la politique des prix, le volume de la production. La formation des monopoles internationaux marque un degré nouveau, infiniment plus élevé que les précédents, de la concentration de la production et du capital. Beaucoup de monopoles internationaux sont créés avec la participation effective des États capitalistes, et ils sont l’un des moyens essentiels de leur expansion économique.

Les défenseurs des monopoles internationaux s’attachent à les présenter comme un instrument de paix, en prétendant que les ententes internationales des monopolistes peuvent par des moyens pacifiques régler les contradictions qui surgissent entre les groupes et les pays impérialistes. Ces affirmations sont tout à fait contraires à la réalité. En effet, le partage économique du monde par les monopoles internationaux se fait en fonction de la puissance des parties engagées ; or la puissance des différents groupes monopolistes varie. Chacun d’eux poursuit une lutte incessante pour l’augmentation de sa part, pour l’élargissement de sa sphère d’exploitation monopoliste. Les changements dans le rapport des forces entraînent inévitablement l’accentuation de la lutte pour un nouveau partage des marchés, l’aggravation des contradictions entre les divers groupes et les États qui les soutiennent. Les ententes monopolistes internationales se distinguent par leur fragilité et recèlent une source de conflits inéluctables.

Les monopoles internationaux ont fait leur apparition vers 1860-1880. À la fin du siècle dernier, leur nombre total ne dépassait pas 40. À la veille de la première guerre mondiale, on comptait dans le monde entier environ 100 cartels internationaux, et avant la deuxième guerre mondiale, leur nombre dépassait 300.

Dès avant la première guerre mondiale, le marché du pétrole était pratiquement partagé entre la Standard Oil américaine de Rockefeller et la Royal Dutch Shell, où le capital anglais exerçait une influence prépondérante. Le marché des articles électrotechniques était partagé entre deux firmes monopolistes: la Société générale d’électricité (A.E.G.) allemande et la General Electric américaine, contrôlée par le groupe Morgan.

Les ententes monopolistes internationales se sont même étendues à des domaines tels que la fabrication des armements. Les plus grandes firmes, qui fabriquaient les armements — Vickers-Armstrong Ltd., en p. 260Angleterre, Schneider-Creusot en France, Krupp en Allemagne, Bofors en Suède — sont de longue date unies entre elles par une multitude de liens.

Les monopoles internationaux ont joué un grand rôle dans la préparation de la deuxième guerre mondiale. Les plus grands monopoles des États-Unis, de l’Angleterre et de la France, liés par des conventions avec les trusts allemands, ont animé et orienté la politique des milieux dirigeants de ces pays, politique d’encouragement et d’excitation à l’agression hitlérienne, qui a entraîné la guerre.

Après la deuxième guerre mondiale a été créée une série de monopoles internationaux, qui garantissent les intérêts économiques et militaires de l’impérialisme américain. C’est le rôle que joue en particulier la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) qui englobe l’Allemagne Occidentale, la France, l’Italie, la Belgique, la Hollande et le Luxembourg.

Date: 2010-2014