Manuel d’économie politique de l’Académie des sciences de l’URSS
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22.6. L’accentuation de la paupérisation de la classe ouvrière des pays capitalistes.

L’aggravation de la crise générale du capitalisme après la deuxième guerre mondiale a amené un nouvel appauvrissement du prolétariat. Dans leur course au profit maximum, les monopoles accentuent l’exploitation des travailleurs. Le capital monopoliste fait supporter aux travailleurs les conséquences désastreuses de la guerre et de la militarisation de l’économie.

Les monopoles, soutenus par les dirigeants syndicaux réactionnaires, cherchent à réduire le salaire réel des ouvriers par le « blocage » du salaire nominal, c’est-à-dire par l’interdiction de sa hausse, lors de l’inflation et de l’accroissement des charges fiscales. L’inflation fait monter le coût de la vie, provoque une p. 320hausse rapide des prix des objets de consommation, accroît le décalage entre salaire nominal et salaire réel. L’expansion extérieure et la militarisation de l’économie des pays capitalistes se réalisent grâce au fardeau fiscal imposé aux travailleurs. Un autre facteur de la baisse du niveau de vie de la classe ouvrière est l’augmentation rapide des loyers. Le fléchissement du salaire réel fait que la population ouvrière se nourrit de plus en plus mal.

La situation des travailleurs intellectuels s’aggrave dans les pays capitalistes : le chômage augmente parmi eux ; les revenus sont en baisse par suite de la vie toujours plus chère, de l’accroissement des impôts et de l’inflation.

Aux États-Unis et en Angleterre et surtout en France et en Italie, le salaire réel des ouvriers a subi une réduction sensible par rapport à l’avant-guerre. Par exemple, en France le pouvoir d’achat du salaire horaire en 1955 est en gros la moitié de ce qu’il était avant la guerre.

Cette chute du pouvoir d’achat de l’argent va de pair avec une importante augmentation du coût de la vie ; en 1954, par rapport à l’avant-guerre il avait été multiplié par 2,9 aux États-Unis, par plus de 30 en France, par 60 en Italie.

En 1952, malgré le développement de la production militaire, on comptait aux États-Unis au moins 3 millions de chômeurs complets et 10 millions de chômeurs partiels ; en Allemagne de l’Ouest, près de 3 millions de chômeurs complets et partiels. En Italie, il y avait plus de 2 millions de chômeurs complets et encore plus de chômeurs partiels ; au Japon, près de 10 millions de chômeurs complets et partiels. Aux États-Unis, au début de 1954, le nombre des chômeurs complets s’élevait à 3,7 millions, celui des chômeurs partiels à 13,4 millions.

Aux États-Unis, les impôts directs prélevés sur la population au cours de l’exercice budgétaire de 1953-1954, par rapport à 1937-1938, même en faisant état de la dépréciation monétaire, ont été multipliés presque par douze. Dans les pays d’Europe occidentale, où, même avant la deuxième guerre mondiale, les charges fiscales étaient très lourdes, les impôts pour la même période ont été multipliés en Angleterre par 2, en France par 2,5, en Italie par 1,5.

Le taux du loyer d’une famille ouvrière aux États-Unis, au début de 1955, avait plus que doublé par rapport à 1939.

D’après les évaluations du Bureau américain des recensements, en 1949, aux États-Unis, 72,2 % des familles américaines avaient un revenu inférieur au minimum vital officiel, 34,3 % des familles avaient un revenu inférieur à la moitié de ce minimum : 18,5 % un revenu, inférieur au quart et 9,4 % un revenu inférieur au huitième de ce minimum.

L’aggravation de la situation matérielle de larges couches de la population des pays capitalistes accroît le mécontentement et l’indignation des masses populaires, qui prennent une part de plus en plus active à la lutte contre le capital monopoliste. Cela se traduit par la montée du mouvement gréviste dans les pays capitalistes, le renforcement des syndicats progressistes que réunit la Fédération syndicale mondiale fondée en 1945, par les progrès des partis communistes et leur influence accrue sur les masses, par le développement de l’activité politique de la classe ouvrière. Les partis communistes et les syndicats progressistes, en ripostant résolument aux actes scissionnistes des socialistes de droite et des chefs syndicaux réactionnaires, éduquent la classe ouvrière dans l’esprit de la solidarité prolétarienne, dans l’esprit de la lutte pour la libération du joug impérialiste.

Date: 2010-2014