Manuel d’économie politique de l’Académie des sciences de l’URSS
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23.2. La dictature du prolétariat, instrument de la construction d’une économie socialiste.

La révolution prolétarienne a pour tâches de créer un système socialiste d’économie, fondé sur la propriété sociale des moyens de production, et de faire disparaître toute exploitation ; elle ne peut donc se dispenser de briser l’ancienne machine d’État, qui opprimait les travailleurs, de mettre sur pied un État capable d’assurer l’édification de la nouvelle économie.

La révolution prolétarienne engendre un État d’un type nouveau : la dictature du prolétariat. La dictature du prolétariat est la direction politique de la société par la classe ouvrière. Sans dictature du prolétariat, l’affranchissement économique et politique des travailleurs est impossible, de même que le passage du mode de production capitaliste au mode de production socialiste.

Superstructure politique, la dictature du prolétariat naît du fait que le passage du capitalisme au socialisme est devenu pour la société une nécessité économique. Mais, une fois venue au monde, la dictature du prolétariat devient une force prodigieuse, l’instrument de l’édification d’une économie socialiste. Elle prend une part active à la naissance et au développement de la base socialiste. Elle assure la destruction de la base ancienne, capitaliste et la victoire des formes socialistes d’économie sur les formes capitalistes.

Les formes socialistes d’économie ne peuvent ni apparaître ni se développer d’elles-mêmes, spontanément. Elles apparaissent et se développent grâce à l’action méthodique de l’État prolétarien, grâce à l’activité créatrice des masses laborieuses.

L’État prolétarien ne peut s’acquitter de sa mission de construction d’une base nouvelle que parce qu’il s’appuie sur la loi économique objective de la correspondance nécessaire entre les rapports de production et le caractère des forces productives, ainsi que sur les nouvelles lois économiques nées des nouvelles conditions économiques. La dictature du prolétariat assure la création d’un type d’organisation sociale du travail supérieur au capitalisme. Là est la source principale de la force du régime socialiste et la raison de sa victoire sur le régime capitaliste.

La dictature du prolétariat est une démocratie véritable ; elle est l’interprète des intérêts vitaux des travailleurs. Sous la dictature du prolétariat, les travailleurs deviennent, pour la première fois dans l’histoire, les maîtres de leur pays. Jusque-là, l’État sous toutes ses formes opprimait la majorité exploitée dans l’intérêt d’une minorité exploiteuse. La dictature du prolétariat réprime la minorité exploiteuse dans l’intérêt de la majorité laborieuse. Alors que les révolutions bourgeoises, qui consacrent une nouvelle forme d’exploitation, la forme capitaliste, ne peuvent rassembler autour de la bourgeoisie les masses laborieuses et exploitées pour une période tant soit peu durable, la révolution prolétarienne, qui met fin à toute exploitation, peut et doit souder ces masses au prolétariat en une alliance durable. L’alliance de la classe ouvrière et de la paysannerie sous la direction de la classe ouvrière, alliance dirigée contre les classes exploiteuses, est le principe suprême de la dictature du prolétariat. Sans cette alliance, il est impossible d’affermir le pouvoir du prolétariat et d’édifier une économie socialiste.

La dictature du prolétariat est, dans des conditions et sous des formes nouvelles, la continuation de la lutte de classe du prolétariat contre les exploiteurs à l’intérieur du pays et contre les forces d’agression de l’encerclement capitaliste.

La dictature du prolétariat est une lutte opiniâtre, sanglante et non sanglante, violente et pacifique, militaire et économique, pédagogique et administrative, contre les forces et les traditions de la vieille société.

V. Lénine, « La Maladie infantile du communisme (le “gauchisme”) », Œuvres, t. 31, p. 39.

En fonction des objectifs de l’édification du socialisme, la dictature du prolétariat présente trois aspects essentiels. Elle est l’utilisation du pouvoir par le prolétariat, premièrement, pour écraser les exploiteurs, défendre le pays, resserrer les liens avec les prolétaires des autres pays ; deuxièmement, pour détacher définitivement de la bourgeoisie les masses laborieuses et exploitées, pour consolider l’alliance du prolétariat avec ces masses, pour faire participer ces dernières à l’édification du socialisme ; troisièmement, pour édifier une société nouvelle, socialiste.

L’État prolétarien peut revêtir différentes formes.

Le passage du capitalisme au communisme ne peut évidemment manquer de fournir une grande abondance et une large diversité de formes politiques, mais leur essence sera nécessairement une : la dictature du prolétariat.

V. Lénine, « L’État et la révolution », Œuvres, t. 25, p. 446.

Cette thèse fondamentale du marxisme-léninisme a été entièrement confirmée tant par l’expérience historique de l’U.R.S.S., où a été instaurée la forme de dictature du prolétariat découverte par Lénine : le pouvoir des Soviets, que par l’expérience historique postérieure des pays où la dictature du prolétariat a pris la forme de la démocratie populaire.

C’est aux partis communistes (ouvriers) qu’appartient, dans les pays de dictature du prolétariat, la direction de tout le processus de la construction méthodique d’une économie socialiste. Armés de la théorie marxiste-léniniste, de la connaissance des lois du développement économique de la société, ces partis organisent les masses populaires et les orientent vers la solution des problèmes posés par l’édification socialiste.

Date: 2010-2014