Manuel d’économie politique de l’Académie des sciences de l’URSS
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23.6. Les principes fondamentaux de la politique économique pendant la période de transition du capitalisme au socialisme.

Il est impossible de bâtir le socialisme si l’on ne tient pas compte correctement des conditions économiques objectives de la période de transition et des lois économiques nées de ces conditions. La politique du Parti communiste de l’Union soviétique et de l’État soviétique s’inspirait du plan léniniste de construction du socialisme ; elle s’appuyait sur les lois économiques et prenait en considération le rapport réel des forces des classes en présence.

La doctrine léniniste de la victoire du socialisme dans un seul pays avait une importance capitale pour la construction du socialisme en U.R.S.S. Elle donnait au Parti et à la classe ouvrière une perspective claire et la certitude que les idées du socialisme scientifique triompheraient.

Quand on parle de la victoire du socialisme dans un seul pays, il importe de distinguer les deux aspects de cette question : l’aspect intérieur et l’aspect international. L’aspect intérieur de la question de la victoire du socialisme dans un seul pays comprend le problème des rapports entre les classes à l’intérieur du pays. Le Parti communiste et l’État soviétique étaient convaincus que la classe ouvrière pouvait surmonter les contradictions qui existaient entre elle et la paysannerie, resserrer son alliance avec cette dernière et entraîner les masses paysannes à l’édification du socialisme. La classe ouvrière alliée à la paysannerie est parfaitement en mesure, après avoir triomphé politiquement du capitalisme, de vaincre économiquement sa propre bourgeoisie, de liquider les classes exploiteuses et de construire une société socialiste. L’aspect international de la question de la victoire du socialisme dans un seul pays comprend le problème des rapports entre le pays de la dictature du prolétariat et les États capitalistes. Tant que coexistent deux régimes opposés : le régime socialiste et le régime capitaliste, le danger d’une agression armée des puissances impérialistes contre le pays du socialisme subsistera. Cette contradiction ne peut être levée par les seules forces du pays de la dictature du prolétariat. Aussi la victoire du socialisme ne sera-t-elle définitive que lorsque disparaîtra le danger d’une intervention et d’une restauration du capitalisme par les puissances impérialistes agressives.

Une condition indispensable au succès de l’édification socialiste en U.R.S.S. était l’écrasement des restaurateurs trotskistes-boukhariniens du capitalisme, qui prêchaient la théorie selon laquelle l’édification du socialisme dans un seul pays était impossible, la Russie « n’étant pas mûre » pour le socialisme par suite de son retard technique et économique — théorie qui désarmait la classe ouvrière. Le Parti communiste et l’État soviétique prenaient pour point de départ les thèses de Lénine selon lesquelles l’U.R.S.S. avait tout ce qui était nécessaire et suffisant pour bâtir intégralement le socialisme, le retard technique et économique de la Russie pouvant parfaitement être comblé dans les conditions de la dictature du prolétariat. L’histoire a entièrement confirmé la justesse de ces thèses de Lénine.

Le plan établi par Lénine pour édifier le socialisme en U.R.S.S. comportait essentiellement la création d’une puissante industrie socialiste, base matérielle du socialisme et condition indispensable du passage graduel des petites exploitations paysannes à la grande production collective par la coopération. Dans le programme léniniste d’édification du socialisme, une place essentielle revenait au plan d’État pour l’électrification de la Russie (plan Goelro), adopté en 1920. C’était, dans l’histoire de l’humanité, le premier plan à longue échéance pour développer l’économie nationale, plan visant à créer en 10 ou 15 ans la base technique d’une production socialiste.

La victoire du socialisme sur le capitalisme, l’affermissement du socialisme ne pourront être considérés comme acquis que lorsque le pouvoir d’État prolétarien, après avoir définitivement écrasé toute résistance des exploiteurs et s’être assuré la stabilité complète et une entière soumission, aura réorganisé toute l’industrie sur la base de la grande production collective et de la technique moderne (fondée sur l’électrification de toute l’économie). Cela seul pourra permettre aux villes d’offrir à la campagne arriérée et dispersée une aide technique et sociale décisive, susceptible d’assigner une base matérielle à un rendement sensiblement accru de la culture des terres et de l’activité agricole en général, et d’inciter par l’exemple les petits agriculteurs à passer, dans leur propre intérêt, à la grande culture collectivisée et mécanisée.

V. Lénine, « Première ébauche des thèses sur la question agraire », Œuvres, t. 31, p. 163.

Lénine a montré le chemin permettant de mettre la paysannerie sur la voie du socialisme, ainsi que le nouveau rôle de la coopération dans la réorganisation socialiste de la petite production marchande. Le plan léniniste de construction du socialisme suppose le développement maximum des liens économiques entre l’industrie d’État et l’économie paysanne. En raison du caractère de la petite économie paysanne, il est une forme de rapports économiques avec la ville dont la nécessité est vitale pour les paysans : l’échange fondé sur l’achat et la vente. Dans la période de transition, l’alliance, sur le plan commercial, de l’industrie d’État et de la petite exploitation paysanne est une nécessité économique.

L’existence, pendant la période de transition, de la petite production marchande paysanne rend donc nécessaire l’utilisation du marché et de l’économie monétaire pour construire le socialisme.

Dès le printemps de 1918, le pouvoir des Soviets entreprit d’organiser les échanges de marchandises avec la campagne sur la base de l’achat et de la vente. Une réforme monétaire fut amorcée. Mais l’intervention étrangère imposa l’obligation de mettre toute l’économie au service du front, et cela alors que les ressources matérielles étaient extrêmement limitées. L’intervention aggrava terriblement la ruine du pays, conséquence de la première guerre mondiale. Le pouvoir des Soviets n’avait pas d’articles industriels à échanger contre les produits de l’agriculture, dont la quantité avait, elle aussi, fortement diminué. Il était impossible de constituer des stocks de denrées agricoles pour l’armée et la ville par l’achat et la vente. La réquisition des excédents devint nécessaire : autrement dit, l’État prenait aux paysans par voie de prélèvement tous leurs excédents de denrées alimentaires sans passer par le marché. C’est ainsi que les conditions objectives obligèrent le pouvoir des Soviets à appliquer la politique qui reçut le nom de « communisme de guerre ».

En dehors de la réquisition des excédents, qui était rendue nécessaire par la pénurie extrême, par la nécessité d’assurer du pain à l’armée, de sauver les masses ouvrières de la famine, la politique du « communisme de guerre » supposait l’application d’une série d’autres mesures. Comme l’État manquait de marchandises, le commerce des produits de base fut interdit afin d’éviter qu’ils ne tombent entre les mains des spéculateurs. Dans les villes, les objets de consommation étaient sévèrement rationnés et distribués selon un principe de classe ; de plus, l’importance de la ration dépendait de la difficulté du travail et de l’importance de l’entreprise. Le service du travail général et obligatoire fut institué. La bourgeoisie était astreinte à un travail socialement utile. Les conditions créées par la guerre exigeaient que le pouvoir des Soviets prît en main, outre la grande et la moyenne industrie, une grande partie des petites entreprises. Les ressources étant très restreintes, un système de ravitaillement en nature, centralisé et très strict, fut appliqué dans l’industrie pour faire face aux besoins du front. Les entreprises recevaient et livraient les produits contre des bons, sans payement en argent, et n’avaient aucune indépendance économique. Tout cela excluait la possibilité d’appliquer le principe de la gestion équilibrée, qui permet aux entreprises de couvrir leurs frais et d’assurer leur rentabilité. À la suite de la guerre impérialiste et de la guerre civile, l’économie nationale de l’U.R.S.S. était dans un état de délabrement extrême. En 1920, la production de la grande industrie n’atteignait qu’un septième environ, et celle de l’agriculture que la moitié de celle de 1913, Pour couvrir ses dépenses, l’État avait émis une masse de papier-monnaie qui se dépréciait rapidement.

L’héroïsme était général chez les ouvriers dans les entreprises et chez les soldats de l’Armée rouge au front. Des formes d’émulation, comme les samedis communistes, jouèrent un grand rôle durant cette période. La classe ouvrière apprenait à diriger la production.

Pendant l’intervention étrangère et la guerre civile, on avait vu se créer et se fortifier l’alliance politique et militaire de la classe ouvrière et de la paysannerie pour repousser l’envahisseur étranger et les gardes blancs, défendre la patrie, l’État des ouvriers et des paysans. Le pouvoir des Soviets avait donné la terre à la paysannerie et la protégeait contre le grand propriétaire foncier et le koulak ; la classe ouvrière recevait de la paysannerie les denrées provenant de la réquisition des excédents : telle était la base de l’alliance politique et militaire des ouvriers et des paysans à l’époque du «communisme de guerre».

Le « communisme de guerre » était inévitable dans des conditions historiques bien déterminées, celles de la guerre civile et de la ruine économique. Mais le « communisme de guerre », la réquisition des excédents et l’interdiction de faire du commerce enlevaient au paysan tout intérêt matériel à la production des denrées ; ils étaient incompatibles avec l’alliance économique de la ville et de la campagne. S’il n’y a pas intervention étrangère et ruine économique provoquée par une longue guerre, l’État prolétarien n’a donc point recours au « communisme de guerre », ainsi que le confirme l’expérience des pays de démocratie populaire.

Après en avoir terminé avec l’intervention étrangère et la guerre civile, le pouvoir des Soviets passa, au printemps de 1921, à la nouvelle politique économique (Nep), ainsi nommée pour la distinguer de la politique du « communisme de guerre ». Les principes fondamentaux de la nouvelle politique économique avaient été formulés par Lénine dès le printemps de 1918. Mais leur application avait dû être ajournée par suite de l’intervention. Ce n’est que trois ans plus tard que le pouvoir des Soviets put de nouveau proclamer cette politique et la réaliser de façon suivie.

La nouvelle politique économique, appliquée par le pouvoir des Soviets pendant la période de transition, a pour but de construire le socialisme en utilisant le marché, le commerce, la circulation monétaire. L’essence de cette politique, c’est l’alliance économique de la classe ouvrière et de la paysannerie, alliance indispensable pour faire participer les masses paysannes à l’édification du socialisme.

Exposant les tâches de la Nep, Lénine disait au début de 1922 :

Il faut nous allier à la masse paysanne, aux simples paysans travailleurs, et avancer beaucoup moins vite, infiniment plus lentement que nous ne l’avions rêvé mais, en revanche, de telle sorte que réellement toute la masse avance avec nous. Et alors il arrivera un moment où ce mouvement marquera une accélération comme nous ne pouvons pas même la rêver aujourd’hui.

V. Lénine, « Rapport politique du Comité central du Parti communiste (bolchévik) de Russie », présenté au 11e Congrès du P.C.(b)R., Œuvres, t. 33, p. 276.

Avec le passage à la Nep, la tâche qui se posait avant tout était de relever l’économie. On devait commencer par intéresser matériellement les paysans travailleurs au relèvement rapide de l’agriculture, afin de procurer des denrées alimentaires à la population des villes, et des matières premières à l’industrie. Il fallait, sur cette base, faire progresser l’industrie d’État et assurer son alliance étroite avec l’agriculture en évinçant le capital privé ; puis, après avoir accumulé des ressources suffisantes, créer une puissante industrie socialiste capable d’assurer la réorganisation socialiste de l’agriculture, et d’engager résolument l’offensive contre les éléments capitalistes pour les liquider entièrement.

La nouvelle politique économique tolérait le capitalisme dans certaines limites, l’État prolétarien détenant les leviers de commande ; elle tablait sur la lutte des éléments socialistes contre les éléments capitalistes, sur la victoire dans cette lutte des éléments socialistes, sur la liquidation des classes exploiteuses et la création de la base économique du socialisme.

Au début de la Nep, le commerce apparaissait comme le maillon essentiel de toute la chaîne de l’organisation économique. La fin de la guerre permit de remplacer les réquisitions d’excédents par l’impôt en nature. Celui-ci, dont le montant était fixé d’avance, avant les semailles de printemps, était moins élevé que les réquisitions et laissait entre les mains des paysans des excédents de blé et d’autres produits qu’ils pouvaient vendre librement sur le marché ou échanger contre des articles industriels. Lénine soulignait la nécessité pressante d’apprendre à faire du commerce pour que l’industrie socialiste pût satisfaire les besoins du paysan.

La nécessité d’une circulation marchande entre la ville et la campagne commandait le développement de liens commerciaux dans l’industrie elle-même et rendait indispensable l’affermissement de la monnaie. Avec le passage à la nouvelle politique économique, le ravitaillement en nature de l’industrie fut supprimé. Les entreprises d’État, désormais gérées selon les principes de la gestion équilibrée (khozrastchot), fonctionnèrent de plus en plus de manière à couvrir leurs frais et devinrent jusqu’à un certain point rentables. Le rationnement de la population fut remplacé par un commerce largement développé. La réforme monétaire de 1924 assura au pays une monnaie stable.

S’appuyant sur la loi du développement harmonieux de l’économie nationale, le pouvoir des Soviets restreignait sans cesse le champ d’action de la loi de la valeur et passait peu à peu à la planification de l’industrie d’État.

Dans le secteur d’État, il procédait à la planification directement, en fixant ses tâches à chaque entreprise. Il établissait des prix fermes pour les marchandises produites par ses entreprises. Mais il ne pouvait planifier de même l’économie paysanne. L’action de l’État s’exerçait sur l’économie paysanne par une réglementation économique indirecte au moyen du commerce, des fournitures, des stockages, des prix, du crédit, de la politique financière. L’État soviétique mettait en œuvre tous ces instruments économiques pour consolider l’alliance avec l’économie paysanne, accentuer le rôle déterminant du secteur socialiste. L’action de la loi de la valeur se manifestait sur le marché privé en ceci que les prix s’établissaient d’eux-mêmes, que la concurrence et la spéculation subsistaient, que les éléments capitalistes s’enrichissaient aux dépens des travailleurs. Concentrant entre ses mains une quantité croissante de marchandises et procédant de plus en plus largement au stockage des produits agricoles, l’État soviétique, dans une lutte opiniâtre contre les éléments capitalistes, parvint essentiellement à fixer le prix du blé et des autres marchandises de base et à réduire au minimum le libre jeu des prix du marché. Le rôle régulateur de l’État vis-à-vis du marché privé s’affirma de plus en plus.

La tâche qu’assigna la 11e conférence du P.C.(b)R. était la suivante :

Prenant en considération l’existence du marché et tenant compte de ses lois, apprendre à en tirer parti et, par des mesures d’ordre économique méthodiquement appliquées, mûrement pesées et fondées sur une estimation exacte des processus du marché, prendre en main la réglementation de celui-ci et de la circulation monétaire.

« Résolutions de la 11e conférence du P.C.(b)R. », Le P.C.U.S. dans les résolutions et décisions de ses congrès, de ses conférences et des assemblées plénières du Comité central, 1re partie, p. 588 (7e éd. russe).

Le Parti communiste et le gouvernement soviétique s’acquittèrent avec succès de cette tâche.

S’appuyant sur l’industrie socialiste, le système financier et du crédit, le commerce d’État et les coopératives, le pouvoir des Soviets appliquait, de façon suivie, tout en soutenant une lutte de classe acharnée, une politique de limitation et d’éviction des éléments capitalistes : industriels, koulaks, commerçants. Les impôts qui frappaient les capitalistes furent augmentés ; les possibilités qui s’offraient à eux d’employer les moyens de production et le travail salarié diminuèrent. Autrement dit, la sphère d’application de la loi de la plus-value se rétrécissait. Si, dans les premières années de la Nep, on observait une certaine animation, une certaine croissance des éléments capitalistes, leur rôle dans l’économie commença bientôt à baisser de plus en plus rapidement.

Pour faire progresser l’industrie d’État, il était indispensable d’intéresser matériellement et personnellement les ouvriers au développement de la production socialiste. Appliquant la loi de la répartition d’après le travail, l’État socialiste fit de plus en plus correspondre le salaire des ouvriers et des employés à la quantité et à la qualité du travail fourni par chacun. Cela entraîna une élévation continue de la productivité du travail.

Pendant la période de transition, un double processus se poursuivait dans l’économie : d’une part, la croissance spontanée, jusqu’à un certain moment et dans certaines limites, des éléments capitalistes ; d’autre part, le progrès régulier, ininterrompu et beaucoup plus rapide des éléments socialistes, progrès qui déterminait la marche du développement de toute l’économie nationale.

La part du secteur privé dans la production industrielle, qui était d’un quart pendant les premières années de la Nep, descendit à un dixième en 1929. Alors qu’en 1921-1922, les trois quarts environ du commerce de détail étaient aux mains du commerce privé, au début de 1926, le commerce d’État et coopératif, évinçant de plus en plus les commerçants privés, s’était définitivement assuré une situation prépondérante dans ce domaine.

La reprise du commerce, la consolidation de l’alliance sur le plan commercial étaient les conditions nécessaires à un relèvement rapide de l’économie et au progrès de l’industrie socialiste. La mise en œuvre, par le pouvoir des Soviets, des avantages de l’industrie socialiste permit à la grande industrie d’atteindre en 1926 le niveau de 1913 quant an volume de la production. Grâce à l’aide accordée dans tous les domaines par le pouvoir des Soviets à la paysannerie laborieuse, le volume global de la production agricole dépassait en 1926 celui de 1913.

Le rétablissement de l’industrie et de l’agriculture permit de passer à la reconstruction socialiste de toute l’économie nationale. À mesure que progressaient l’industrie et l’agriculture, le niveau d’existence matériel et culturel des travailleurs s’élevait lui aussi.

Au cours de la période de transition du capitalisme au socialisme, les travailleurs de l’U.R.S.S., guidés par le Parti communiste, menèrent successivement à bien les tâches suivantes : conquête des leviers de commande de l’économie nationale grâce à la nationalisation socialiste ; établissement d’une alliance, sur le plan commercial, entre l’industrie socialiste et l’économie paysanne, et fourniture à la campagne d’articles de consommation ; industrialisation socialiste du pays et établissement, sur le plan de la production, d’une alliance entre la ville et la campagne en fournissant à celle-ci l’outillage mécanique le plus moderne ; collectivisation de l’agriculture et création de la base économique du socialisme à la campagne.

L’instauration des rapports de production socialistes dans l’industrie ouvrait de grandes possibilités pour l’industrialisation socialiste du pays. En donnant à l’agriculture une base technique moderne, l’industrialisation socialiste créait par là même le fondement matériel de la collectivisation socialiste des exploitations paysannes. La nécessité objective de l’industrialisation du pays et de la collectivisation de l’agriculture découle de la loi de la correspondance nécessaire entre les rapports de production et le caractère des forces productives, ainsi que de la loi économique fondamentale du socialisme. Ces lois appellent l’établissement de rapports de production socialistes dans toute l’économie nationale, dans l’industrie comme dans l’agriculture. Alors seulement les forces productives auront le champ libre pour se développer. L’industrialisation socialiste du pays et la collectivisation de l’agriculture assurent la victoire du socialisme dans toute l’économie nationale, l’élévation constante de la production et du bien-être de la population.

La nouvelle politique économique était la concrétisation du plan de Lénine pour organiser une économie socialiste en U.R.S.S., plan développé par la suite dans les travaux de Staline et les décisions du Parti communiste. Tout pays qui bâtit le socialisme est tenu de se guider sur les principes fondamentaux qui étaient à la base de la nouvelle politique économique appliquée en U.R.S.S. Mais les formes concrètes de l’édification économique dans tel ou tel pays doivent tenir compte des particularités de son développement, de la conjoncture dans laquelle se déroule la révolution socialiste. Lénine a souligné que

Marx ne se liait pas les mains et n’entravait en rien les futurs artisans de la révolution socialiste, quant aux formes, procédés ou méthodes de la révolution, comprenant parfaitement que de nouveaux et nombreux problèmes surgiraient à cette époque, que la situation changerait complètement au cours de la révolution, et qu’elle continuerait à se modifier souvent et considérablement au fur et à mesure des progrès de la révolution.

V. Lénine, « L’impôt en nature », Œuvres, t. 32, p. 358.

L’organisation d’une économie socialiste dans les pays de démocratie populaire bénéficie de conditions plus favorables qu’en U.R.S.S. qui, à l’époque, était seule à bâtir le socialisme. C’est l’Union soviétique qui a dû, la première, frayer la voie au socialisme. Chaque pays de démocratie populaire s’appuie aujourd’hui sur une aide puissante de tout le camp du socialisme, et il profite de l’expérience de l’édification socialiste en U.R.S.S.

Date: 2010-2014