Manuel d’économie politique de l’Académie des sciences de l’URSS
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25.4. L’artel agricole, principale forme de l’économie collective.

L’expérience de l’organisation des kolkhoz en U.R.S.S. a montré que, de toutes les formes de kolkhoz, l’artel agricole est la plus favorable au développement des forces productives de l’agriculture socialiste. Elle concilie judicieusement les intérêts personnels des kolkhoziens et les intérêts collectifs du kolkhoz. Elle adapte de la façon la plus heureuse les intérêts personnels de la vie quotidienne aux intérêts collectifs, facilitant ainsi l’éducation du paysan individuel d’hier dans l’esprit du collectivisme. En vertu des statuts de l’artel agricole sont socialisés les instruments agricoles, le bétail, les stocks de semences, les fourrages destinés au bétail collectif, les locaux d’exploitation indispensables à la bonne marche de l’économie collective, toutes les entreprises traitant les produits agricoles. Des branches de la production aussi importantes que la culture des céréales et celle des plantes industrielles sont entièrement socialisées. L’élevage collectif est organisé dans les fermes des kolkhoz. L’exploitation collective des artels suffisamment développés se livre à la culture en grand de la pomme de terre et des légumes, à l’horticulture, à la viticulture, etc.

Ne sont pas socialisés et restent propriété personnelle du foyer kolkhozien les locaux d’habitation, une certaine quantité de bétail de rapport, la volaille, les bâtiments d’exploitation nécessaires à l’entretien du bétail appartenant en propre au paysan, le menu matériel agricole indispensable à son exploitation auxiliaire individuelle. La direction de l’artel met contre paiement un certain nombre de chevaux faisant partie du bétail collectif à la disposition des membres de l’artel pour leurs besoins personnels. Les kolkhoziens tirent le gros de leurs revenus de l’exploitation collective du kolkhoz, facteur principal et déterminant.

Conformément aux statuts de l’artel agricole, chaque foyer kolkhozien peut posséder en propre dans les régions produisant des céréales et des plantes industrielles : une vache, deux veaux, une truie et sa portée ou, si la direction du kolkhoz le juge bon, 2 truies et leurs portées, et jusqu’à 10 chèvres et moutons ; dans les régions agricoles où l’élevage est développé : 2 ou 3 vaches et leurs veaux, 2 ou 3 truies et leurs portées, et 10 à 25 chèvres et moutons ; dans les régions d’élevage sédentaire et semi-nomade, où l’élevage joue le rôle déterminant : de 4 à 5 vaches et leurs veaux, jusqu’à 30 à 40 chèvres et moutons, de 2 à 3 truies avec leurs portées, ainsi qu’un cheval, ou une jument fournissant du koumys1, ou 2 chameaux, ou 2 ânes, ou 2 mulets ; dans les régions d’élevage nomade : de 8 à 10 vaches et leurs veaux, jusqu’à 100 ou 150 chèvres et moutons, jusqu’à 10 chevaux, de 5 à 8 chameaux.

En outre, dans toutes les régions, chaque foyer kolkhozien a droit à une quantité illimitée de volailles et de lapins, et jusqu’à 20 ruches.

Chaque foyer kolkhozien reçoit en jouissance personnelle, pour son économie auxiliaire, un petit terrain attenant à la maison et prélevé sur l’ensemble des terres collectivisées, terrain dont la superficie varie de un quart à un demi-hectare, mais peut atteindre un hectare dans certaines régions.

La période de réorganisation de l’agriculture prit fin en U.R.S.S. à l’issue du premier plan quinquennal. En 1932, les kolkhoz groupaient plus de 60 % de toutes les exploitations paysannes et disposaient de plus de 75 % de la superficie ensemencée par la paysannerie. Mais les koulaks, battus en lutte ouverte, n’étaient toutefois pas écrasés. Ils pénétraient en fraude dans les kolkhoz et cherchaient à les saper du dedans par différentes méthodes de sabotage. Le Parti communiste et l’État soviétique assignèrent pour principale tâche de l’édification kolkhozienne, le renforcement des kolkhoz sur le plan de l’organisation économique ; autrement dit, il s’agissait d’accentuer le rôle dirigeant du Parti et de l’État dans les kolkhoz, de débarrasser ceux-ci des éléments koulaks qui s’y étaient glissés, de protéger la propriété collective socialiste, d’améliorer l’organisation et de relever la discipline du travail collectif.

La victoire du régime kolkhozien fut le résultat d’une lutte énergique contre les classes exploiteuses et leurs agents trotskistes et boukhariniens qui, par tous les moyens, défendaient les koulaks, s’opposaient à la création des kolkhoz et des sovkhoz, demandaient leur dissolution et leur liquidation. Le Parti communiste détruisit les thèses trotskistes visant à exploiter et à exproprier la paysannerie en haussant le prix des articles industriels et en la frappant d’impôts excessifs, ainsi que la théorie de Boukharine, théorie opportuniste de droite, sur l’ « intégration pacifique du koulak dans le socialisme », et le « laisser aller » en matière d’édification économique.

Notes
1.

Boisson préparée avec du lait de jument fermenté. (N.T.)

Date: 2010-2014