Manuel d’économie politique de l’Académie des sciences de l’URSS
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26.3. La disparition de l’inégalité économique entre les nations.

En mettant fin à toute exploitation, le socialisme supprime les causes qui engendrent l’oppression des nations. Le régime socialiste fait disparaître l’inégalité politique, économique et culturelle des nations en assurant le progrès économique et culturel de tous les peuples sans exception.

S’il est inévitable que la propriété privée et le capital divisent les hommes, attisent les haines nationales et renforcent l’oppression nationale, il est non moins inévitable que la propriété et le travail collectifs rapprochent les hommes, minent les haines nationales et abolissent l’oppression nationale. L’existence du capitalisme sans oppression nationale est aussi inconcevable que celle du socialisme sans affranchissement des nations opprimées, sans liberté nationale.

J. Staline, « Les tâches immédiates du Parti dans la question nationale », Œuvres, t. V, p. 27, Éditions sociales, Paris, 1955.

Avec l’établissement de la dictature du prolétariat, l’inégalité politique des nations, l’oppression nationale et l’exploitation coloniale ont disparu en U.R.S.S. Il s’agissait ensuite de mettre fin à l’inégalité économique des nationalités, de combler le retard économique et culturel d’un certain nombre de peuples. Cette tâche ne pouvait être menée à bien que sur la base de l’édification socialiste.

Dans les régions périphériques de la Russie peuplées de minorités nationales, 25 millions d’hommes environ se trouvaient à un stade de développement précapitaliste ; 6 millions d’entre eux appartenaient à des peuplades d’éleveurs qui ignoraient encore la culture du sol et vivaient sous le régime patriarcal de la gens. Il fallait aider les peuples de ces régions à s’affranchir de nombreuses survivances féodales et patriarcales, extirper les vestiges des éléments colonisateurs, leur donner la possibilité de bâtir une économie socialiste.

Comme nous l’avons déjà dit, les pays retardataires, qui ont jeté bas le joug de l’impérialisme, peuvent, avec l’aide des pays de la dictature du prolétariat plus avancés, s’engager peu à peu sur la voie de l’édification socialiste sans passer par le stade du développement capitaliste. C’est cette voie de développement non capitaliste qu’ont suivie en U.R.S.S. les peuples des régions périphériques autrefois arriérées. Grâce au concours fourni dans tous les domaines par le peuple russe et les autres peuples de l’U.R.S.S., les peuples des régions nationales périphériques ont effectué un bond formidable des formes patriarcales et féodales d’économie au socialisme, sans passer par le développement capitaliste. C’est ainsi que se sont développés les peuples de l’Asie Centrale, certains peuples transcaucasiens, plusieurs populations du Nord et d’autres encore. La construction du socialisme en U.R.S.S., a soigneusement tenu compte des particularités de l’état économique, du passé, des mœurs et de la culture de chaque peuple.

L’inégalité de fait des différentes nationalités sous le rapport économique et culturel, héritage du régime bourgeois-féodal, l’inégalité entre la Russie centrale, qui avait pris les devants, et les régions nationales périphériques autrefois arriérées, ont été liquidées en U.R.S.S. Les régions nationales périphériques, colonies et semi-colonies de la Russie tsariste, sont devenues des États autonomes et développés, des républiques socialistes soviétiques. Dans les républiques et régions nationales jadis retardataires, une grande industrie socialiste a été créée, le régime kolkhozien instauré, de nombreux cadres d’ouvriers nationaux, y compris des ouvriers qualifiés, ont été formés, une intelligentsia nationale s’est développée. Le vigoureux essor économique des régions nationales périphériques s’est accompagné d’un progrès rapide du bien-être matériel et d’une élévation prodigieuse du niveau culturel des travailleurs.

Le rythme du développement industriel a été encore plus rapide dans les républiques nationales que dans l’ensemble de l’U.R.S.S. En 1940, la production globale de la grande industrie a, par rapport à 1913, augmenté de près de 12 fois pour l’ensemble de l’U.R.S.S., de 20 fois dans la R.S.S. de Kazakhie, de 27 fois dans la R.S.S. de Géorgie, de 153 fois dans la R.S.S. de Kirghizie, de 308 fois dans la R.S.S. de Tadjikie.

C’est sous le pouvoir des Soviets que 48 nationalités ont, pour la première fois, reçu un alphabet. Alors qu’avant la Révolution, la presque totalité des habitants des régions nationales périphériques était illettrée, l’immense majorité de la population des républiques nationales savait lire et écrire dès 1939. Par rapport à 1914-1915, le nombre des élèves des écoles primaires et secondaires avait, en 1940, augmenté de 9 fois dans la R.S.S. d’Azerbaïdjan, de 9,4 fois dans la R.S.S. d’Arménie, de 10,9 fois dans la R.S.S. de Kazakhie, de 35 fois dans la R.S.S. de Turkménie, de 47 fois dans la R.S.S. de Kirghizie, de 73 fois dans la R.S.S. d’Ouzbékie, de 822 fois dans la R.S.S. de Tadjikie.

La construction du socialisme modifie profondément la nature même des nations. Par suite de la transformation révolutionnaire des rapports sociaux, les nations bourgeoises dont se compose la société capitaliste sont remplacées par des nations nouvelles, des nations socialistes, constituées sur la base de ces anciennes nations bourgeoises. Alors que le capitalisme divise les nations en classes et en groupements dont les intérêts s’opposent, le socialisme unit les nations sur la base de la propriété sociale et d’intérêts communs. Chaque nation socialiste est monolithe ; elle se compose de travailleurs dirigés par la classe ouvrière.

La victoire du socialisme a consacré l’identité des intérêts économiques et politiques des peuples de l’U.R.S.S. ; elle a permis l’épanouissement de leur culture, nationale par la forme et socialiste par le contenu.

L’Union soviétique est un État multinational solide et viable, fondé sur la collaboration fraternelle des peuples ; il offre une solution modèle de la question nationale.

Date: 2010-2014