Manuel d’économie politique de l’Académie des sciences de l’URSS
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27.2. L’industrie socialiste.

L’industrie socialiste est une industrie fortement concentrée, avancée sous le rapport technique, unifiée sur la base de la propriété sociale. Son rôle est déterminant dans l’économie nationale, à toutes les branches de laquelle elle fournit un outillage perfectionné ; cela, grâce au développement plus rapide des industries produisant des moyens de production, au progrès accéléré des constructions mécaniques. L’industrie lourde est la base fondamentale de l’économie socialiste.

L’industrie joue un rôle des plus importants dans l’accroissement de la consommation nationale. Les industries légère et alimentaire, dotées d’un matériel perfectionné, produisent d’une année à l’autre plus d’articles de consommation courante.

Les fonds fixes de production, dans l’industrie de l’U.R.S.S., ont en 1954 plus que doublé par rapport à 1940, et ils étaient de 24 fois plus élevés qu’en 1913. En 1954, la production globale de la grande industrie a été multipliée (à parité de prix) par 35 par rapport à 1913. Si l’on prend pour base le niveau de 1940, la production industrielle en 1954 avait été multipliée par plus de 2,8 (celle des constructions mécaniques et de la métallurgie avait presque quadruplé). La production des branches maîtresses de l’industrie lourde a, de 1913 à 1945, augmenté comme suit : houille — de 29 millions à 347 millions de tonnes ; pétrole — de 9 millions à 59,3 millions de tonnes ; acier — de 4,2 millions à 41,4 millions de tonnes ; ciment — de 1,5 millions à 19 millions de tonnes ; énergie électrique — de 1,9 milliard à 149 milliards de kWh.

L’industrie socialiste est la plus concentrée du monde. En régime socialiste, la concentration de la production s’opère selon un plan et s’accompagne d’un essor général de l’économie nationale dans l’intérêt de toute la société, alors qu’en régime capitaliste la concentration s’effectue dans l’anarchie, entraîne la ruine et la disparition des petites et moyennes entreprises et la domination des monopoles.

Nous sommes le pays de l’industrie la plus concentrée. C’est dire que nous pouvons édifier notre industrie sur la base de la technique la meilleure, et garantir ainsi une productivité du travail jamais vue, un rythme d’accumulation sans précédent.

J. Staline, « Les tâches des dirigeants de l’industrie », Les Questions du léninisme, t. 2, p. 35.

L’intégration, ou concentration verticale, reçoit en régime socialiste une large extension. Elle permet de tirer un meilleur parti des matières premières et du combustible, de réduire les frais de transport, d’accélérer le processus de production.

Dans l’industrie soviétique, les entreprises ayant un chiffre de production annuelle de plus de 5 millions de roubles (prix de 1926-1927) concentraient, en 1940, 71 % des ouvriers et 84 % de la production, et, en 1954, 80 % des ouvriers et 92 % de la production industrielle.

Si l’on compare les chiffres relatifs à la concentration industrielle en U.R.S.S. et aux États-Unis (pour plus de commodité, on a groupé les entreprises d’après le nombre des ouvriers et des employés), on constate qu’en 1954, les entreprises comptant plus de 1 000 ouvriers et employés concentraient 64 % des ouvriers et employés et fournissaient 72 % de la production dans les industries de transformation de l’U.R.S.S. ; alors qu’aux États-Unis, dans les mêmes industries, ces entreprises concentraient, en 1952, 33 % des ouvriers et fournissaient 36 % de la production.

Dans la société socialiste, la propriété sociale des moyens de production crée des conditions particulièrement favorables à l’application sur une grande échelle de la spécialisation et de la coopération dans l’industrie.

Il y a spécialisation de la production industrielle quand l’entreprise se consacre exclusivement à la fabrication d’un produit déterminé, de ses différentes parties et pièces détachées, ou à certaines opérations de la fabrication d’un article. En régime socialiste, la spécialisation indique que la société tire méthodiquement parti des avantages de la division du travail entre les différentes entreprises. Elle permet d’utiliser un outillage à grand rendement, de standardiser, de produire en série et à la chaîne, ce qui assure une augmentation considérable de la productivité du travail.

En régime socialiste, la coopération des entreprises industrielles consiste dans l’établissement planifié de rapports de production réguliers entre les entreprises qui participent à la fabrication d’un article déterminé, mais constituent des unités économiques indépendantes les unes des autres. La coopération des entreprises dans le cadre d’une même région économique, qui évite les transports sur de trop longues distances, revêt une grande importance. La coopération planifiée des entreprises permet un important relèvement de la productivité du travail social.

La société socialiste s’assigne pour objectif d’appliquer plus largement la spécialisation et la coopération, en tant que formes les plus rationnelles d’organisation de la production.

Le développement de l’industrie et son rééquipement technique vont de pair avec l’augmentation numérique de la classe ouvrière et l’élévation de son niveau culturel et technique. L’application des techniques nouvelles entraîne l’accroissement du nombre absolu et relatif des ouvriers qualifiés, une diminution du nombre absolu et relatif des ouvriers manuels sans qualification. Quant aux ingénieurs et techniciens, leur nombre ne cesse d’augmenter.

En U.R.S.S. ont été créés de puissants moyens de transport d’une haute perfection technique. Pour reprendre la définition de Marx, les transports constituent la quatrième branche de la production matérielle (après l’industrie extractive, l’industrie de transformation et l’agriculture). Reliant entre elles toutes les branches de l’économie nationale et les différentes régions économiques du pays, ils jouent un rôle important dans le processus de la production et de la répartition des biens matériels.

Ce rôle des transports augmente dans une économie socialiste planifiée qui se développe à des rythmes accélérés et où les différentes branches de la production et les régions économiques sont reliées entre elles par des liens multiples. Parlant des chemins de fer, Lénine disait qu’ils sont

une des manifestations les plus éclatantes de la liaison entre la ville et la campagne, entre l’agriculture et l’industrie, liaison sur laquelle repose intégralement le socialisme. (V. Lénine, « Conclusion sur le rapport au sujet des taches immédiates », à la séance du Comité exécutif central de Russie, le 29 avril 1918, Œuvres, t. 27, p. 322.)

La concentration de toutes les formes de transport (ferroviaire, fluvial, maritime, automobile, aérien) entre les mains de la société a éliminé la concurrence qu’elles se font en régime capitaliste, et a permis leur coordination méthodique. Il a été créé en U.R.S.S. un système de transports unique pour l’ensemble du pays, associant méthodiquement toutes les formes de transport.

En régime socialiste, le système de transports unique est organisé conformément aux dernières réalisations de la technique la plus perfectionnée : emploi le plus étendu d’un matériel roulant moderne et de grande puissance, mécanisation des travaux de chargement et de déchargement, perfectionnement des installations de la voie, etc.

En U.R.S.S., les fonds fixes de production des transports étaient en 1954 environ 7 fois plus élevés qu’en 1913. Le trafic, pour toutes les formes de transport, était, en 1954, près de 9 fois celui de 1913 (et le seul trafic ferroviaire 13 fois).

Date: 2010-2014