Manuel d’économie politique de l’Académie des sciences de l’URSS
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29.3. La loi économique fondamentale du socialisme et le développement de la production socialiste.

L’action de la loi économique fondamentale du socialisme permet d’imprimer à la production un essor ininterrompu et incomparablement plus rapide qu’en régime capitaliste. S’appuyant sur cette loi et l’utilisant judicieusement, la société soviétique accroît d’année en année la masse des biens matériels produits dans l’ensemble de l’économie nationale. L’industrie socialiste suit constamment une ligne ascendante, sans que la production connaisse des dépressions ou des crises.

En 1939, la production de la grande industrie soviétique atteignait 552 % du niveau de 1929, alors que le niveau de la production industrielle n’était que de 99 % aux États-Unis, 123 % en Angleterre, 80 % en France. Le développement de l’industrie a été provisoirement interrompu en U.R.S.S. du fait de la guerre de 1941-1945, mais il a repris aussitôt après. Malgré les immenses destructions subies en ces années par son économie nationale, l’U.R.S.S. a rapidement et notablement dépassé son niveau de production d’avant-guerre. La production de la grande industrie soviétique a été multipliée par 18 en 1954 par rapport à 1929. Aux États-Unis, la production industrielle a piétiné sur place de 1929 à 1939, après quoi elle a augmenté grâce à l’accroissement des productions de guerre et à la course aux armements, et en 1954 elle avait un peu plus que doublé par rapport à 1929. En 1954, l’augmentation de la production industrielle par rapport à 1929 n’était que de 72 % en Angleterre et de 14 % en France.

La loi économique fondamentale du socialisme est indissolublement liée à la loi du développement prioritaire, c’est-à-dire relativement plus rapide, des branches produisant des moyens de production par rapport à celui des branches fournissant des objets de consommation individuelle. Cette loi économique de la reproduction élargie est d’une importance particulière pour le socialisme. L’industrie lourde et les constructions mécaniques, qui en constituent en quelque sorte le cœur, sont la principale source de l’essor continu de la production socialiste dans son ensemble. Le développement prioritaire de l’industrie lourde est la condition nécessaire du progrès technique dans toute l’économie nationale, d’un meilleur équipement technique du travail social, et par conséquent du perfectionnement de la production sur la base d’une technique supérieure. Si l’on ne développe pas en premier lieu l’industrie lourde, qui fournit à toutes les branches de l’économie nationale équipement, machines, combustibles et énergie électrique, il est impossible d’assurer le progrès régulier des branches produisant des objets de consommation et de satisfaire les besoins croissants des travailleurs.

Le développement prioritaire de la production des moyens de production est une condition capitale de l’augmentation de la productivité du travail, dont le levier essentiel est l’intégration dans la production des techniques d’avant-garde, d’instruments de travail toujours plus perfectionnés, créés par l’industrie lourde.

Le développement prioritaire de la production des moyens de production, de l’industrie lourde, joue un rôle d’une importance vitale dans la garantie de la puissance économique et de la capacité de défense du pays.

L’économie politique marxiste rejette toute interprétation vulgaire, inspirée de préoccupations étroitement consommatrices, de la loi économique fondamentale du socialisme. Cette interprétation antimarxiste consiste à négliger le rôle déterminant de la production par rapport à la consommation, à nier la nécessité du développement prioritaire de la production des moyens de production en régime socialiste, à affirmer que dans ce régime les deux sections de la production sociale doivent se développer au même rythme et même que les branches produisant les objets de consommation doivent se développer à un rythme plus rapide que celles qui produisent les moyens de production.

À propos des mesures appliquées ces derniers temps en vue d’accroître la production des marchandises de consommation courante, certains camarades font une confusion au sujet des rythmes de développement de l’industrie lourde et de l’industrie légère dans notre pays. Se référant à la loi économique fondamentale du socialisme, qu’ils ont mal comprise et qu’ils interprètent de manière vulgaire, ces piètres théoriciens tentent de démontrer qu’à une certaine étape de la construction du socialisme le développement de l’industrie lourde cesserait d’être la tâche essentielle et que l’industrie légère pourrait et devrait devancer toutes les autres branches industrielles. Ce sont là des vues profondément erronées, étrangères à l’esprit du marxisme-léninisme.

N. Krouchtchev, De l’accroissement de la production des produits de l’élevage. Rapport à la séance plénière du C.C. du P.C.U.S., le 25 janvier 1955, p. 4 (éd. russe).

Une révision des thèses du marxisme-léninisme sur le développement prioritaire de la production des moyens de production conduirait pratiquement à réduire la production de l’industrie lourde, ce qui entraînerait inévitablement un étiolement de toutes les branches de l’économie nationale, un abaissement du niveau de vie des travailleurs, un ébranlement de la puissance économique et de la capacité de défense de l’Union soviétique. Le développement prioritaire de l’industrie lourde est la base de l’essor rapide de l’agriculture, du développement continu des industries légère et alimentaire.

Exprimant les immenses avantages qu’offre le régime socialiste par rapport au régime capitaliste, la loi économique fondamentale du socialisme ouvre à l’Union soviétique la possibilité objective de rattraper et dépasser les principaux pays capitalistes au point de vue économique, c’est-à-dire pour la production par habitant. Pour atteindre cet objectif, il faut développer les grands travaux, améliorer sans cesse l’organisation de la production, utiliser rationnellement toutes les ressources de la production, augmenter systématiquement la productivité du travail dans tous les secteurs de l’économie socialiste.

Les rapports de production socialistes donnent le champ libre au progrès technique et accroissent considérablement, par rapport au capitalisme, les possibilités d’emploi des techniques les plus modernes dans tous les domaines de l’économie nationale. En régime socialiste, ainsi qu’il a été déjà dit, les nouvelles machines sont introduites quand elles apportent une économie de travail social, facilitent le travail, permettent de pratiquer de nouvelles sortes de production et favorisent l’augmentation du bien-être du peuple.

Si le capitalisme est caractérisé par l’inégalité et des arrêts périodiques du développement de la technique, qui résultent du caractère cyclique du développement de la production et de l’étroitesse du marché, le socialisme, lui, est caractérisé par le perfectionnement constant de la technique à l’échelle de l’économie nationale.

Plus le niveau de la technique et de l’organisation de la production est élevé, et plus vastes sont les ressources dont dispose la société socialiste pour satisfaire les besoins croissants des travailleurs. Le régime économique socialiste fait que les travailleurs ont un intérêt direct à augmenter la production, à appliquer en grand les techniques modernes. À son tour, cet intérêt du peuple à développer la production socialiste stimule sans cesse l’initiative créatrice des masses en vue de perfectionner au maximum la production. C’est là la principale raison de l’essor ininterrompu que connaît l’économie socialiste.

Date: 2010-2014