Manuel d’économie politique de l’Académie des sciences de l’URSS
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30.4. Les avantages de l’économie planifiée.

Le développement harmonieux de l’économie nationale assure à la société socialiste des avantages énormes sur le capitalisme.

Contrairement à ce dernier, où des rapports proportionnés sont un effet du hasard et où l’économie se développe de façon cyclique, en passant par des crises périodiques, l’économie socialiste se développe sans discontinuer, suivant une ligne ascendante et à des rythmes élevés, sur la base des proportions établies par l’État socialiste conformément aux exigences de la loi du développement harmonieux de l’économie nationale et de la loi économique fondamentale du socialisme. L’économie socialiste ignore les crises qui ravagent l’économie nationale, infligent à la société un préjudice matériel énorme et la rejettent périodiquement en arrière.

Au cours des plans quinquennaux d’avant-guerre, c’est-à-dire en environ 13 ans, l’Union soviétique a effectué un bond formidable qui, de pays autrefois agricole et arriéré, a fait d’elle une puissance industrielle avancée, alors que le monde capitaliste traversait deux crises économiques : celle de 1929-1933 et celle de 1937, qui se sont accompagnées de la destruction d’importantes forces productives, d’une augmentation prodigieuse du chômage et d’une brutale aggravation de la paupérisation des masses. Après la guerre, l’économie socialiste en U.R.S.S. progresse méthodiquement et continûment, alors que les États-Unis et certains autres pays capitalistes ont connu la crise de 1948-1949, qui a provoqué une baisse de la production et une augmentation du chômage. Aux États-Unis, en 1953-1954, il y a encore eu une baisse de production présentant un caractère de crise.

L’économie socialiste planifiée exclut le chômage et garantit le plein emploi de toute la force de travail de la société. L’économie capitaliste engendre fatalement le chômage, qui est pour les capitalistes un moyen de s’assurer une main-d’œuvre à bon marché.

L’économie planifiée développe la production afin de satisfaire les besoins de toute la société. Les capitalistes investissent leurs capitaux dans les branches de l’économie où le taux de profit est le plus élevé.

L’économie socialiste planifiée permet un développement méthodique de la science et de la technique conforme aux besoins de l’économie nationale. En régime capitaliste, le progrès technique se heurte à la loi de la concurrence et de l’anarchie de la production ; très inégal, il aggrave fatalement le déséquilibre de la production.

Contrairement à la conception capitaliste de la rentabilité, subordonnée à l’obtention du profit maximum, la loi du développement harmonieux de l’économie nationale et la planification socialiste garantissent une forme supérieure de rentabilité, une rentabilité considérée du point de vue de l’économie nationale dans son ensemble.

L’économie socialiste planifiée met un terme au formidable gaspillage de travail social qui est inhérent à l’économie capitaliste et permet la mise en œuvre la plus économique et la plus efficace de toutes les ressources, tant à l’intérieur des entreprises qu’à l’échelle nationale ; elle découvre sans cesse des réserves nouvelles et de nouveaux moyens d’accroître la production.

L’État socialiste règle par un plan les rapports de production entre les entreprises et procède à la répartition géographique la plus rationnelle de la production socialiste.

L’expérience de l’Union soviétique en matière de planification de l’économie nationale retient l’attention et suscite l’intérêt dans tous les pays. Des savants bourgeois prêchent un « capitalisme planifié » et sèment parmi les travailleurs l’illusion qu’en éliminant la concurrence, les monopoles créent les conditions d’une planification de l’économie capitaliste et de la suppression des crises économiques. Mais, ainsi qu’il a été démontré, la planification de l’économie a pour condition décisive l’existence de la propriété sociale des moyens de production et de la loi du développement harmonieux, proportionné, de l’économie nationale, alors que dans la société capitaliste dominent la propriété privée des moyens de production, la loi de la concurrence et l’anarchie de la production. La limitation de la concurrence dans les entreprises et les branches monopolisées s’accompagne d’une accentuation brutale de la concurrence entre les monopoles, ainsi qu’entre les entreprises et les branches monopolisées et celles qui ne le sont pas. Toute tentative de planifier l’économie nationale dans les pays capitalistes et d’y éliminer les crises de surproduction aboutit immanquablement à un échec. L’expérience soviétique en matière de planification de l’économie nationale est largement utilisée dans les pays de démocratie populaire, qui développent avec succès leur économie sur la base de plans d’État.

Date: 2010-2014