Manuel d’économie politique de l’Académie des sciences de l’URSS
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31.2. Le travail, devoir des membres de la société socialiste. La réalisation du droit au travail.

Le socialisme et le travail sont inséparables. Le socialisme a mis fin à la contradiction flagrante du régime capitaliste, dans lequel les classes exploiteuses de la société mènent une existence parasite alors que les masses ouvrières sont condamnées à un travail épuisant qui n’est coupé que par des périodes d’inaction forcée : le chômage. En abolissant la propriété capitaliste des moyens de production, le socialisme a fait disparaître les conditions qui permettaient à une classe, celle des détenteurs des moyens de production, de vivre du travail d’une autre classe, celle des hommes privés des moyens de production. La propriété socialiste des moyens de production fait à tous également un devoir de prendre part au travail social, le travail personnel étant en régime socialiste l’unique source des moyens d’existence. Le travail, en U.R.S.S., est pour chaque citoyen apte au travail un devoir et une question d’honneur.

Pour la première fois dans l’histoire, en régime socialiste, tous les citoyens aptes au travail ont non seulement le même devoir de travailler, mais encore le même droit au travail. Ainsi s|est trouvé réalisé le rêve séculaire des masses laborieuses. Le droit au travail est conditionné par la propriété sociale des moyens de production qui donne à tous les citoyens une possibilité égale de travailler sur la terre, dans les fabriques et les usines socialisées. Le droit au travail est le droit pour chaque membre de la société apte au travail de recevoir un emploi garanti, avec rémunération de son travail selon sa quantité et sa qualité. Le droit au travail, consacré par la Constitution de l’U.R.S.S., est rendu effectif par l’organisation socialiste de l’économie nationale, le développement ininterrompu des forces productives de la société, l’impossibilité des crises économiques et la suppression du chômage.

Le chômage, ce fléau des travailleurs en régime capitaliste, a été liquidé en U.R.S.S. une fois pour toutes ; les ouvriers ne sont plus menacés d’être à tout moment jetés à la rue et privés de moyens d’existence. La suppression du chômage et la certitude du lendemain chez l’ouvrier, la disparition de la misère et du paupérisme à la campagne ont été une grande conquête du peuple soviétique.

La réalisation du droit au travail permet d’utiliser plus à fond la force de travail de la société pour produire toujours davantage. L’augmentation constante de la production en régime socialiste entraîne tout naturellement celle du nombre des ouvriers et des employés.

En U.R.S.S., le nombre des ouvriers et des employés s’élevait en fin d’année à 10,8 millions en 1928, 22,8 millions en 1932, 27 millions en 1937, 31,5 millions en 1940, environ 47 millions en 1954.

La suppression du chômage à la ville, la disparition du surpeuplement agraire et de la misère à la campagne, l’augmentation constante de la production socialiste ont modifié radicalement les conditions dans lesquelles les entreprises recrutent leur main-d’œuvre. En régime capitaliste, la demande de main-d’œuvre est satisfaite spontanément du fait de l’existence d’une armée de réserve de chômeurs et du surpeuplement agraire, alors qu’en régime socialiste les entreprises sont assurées méthodiquement d’une main-d’œuvre, par un recrutement, une préparation et une répartition organisés.

Contrairement au capitalisme, qui fait de l’ouvrier un appendice de la machine et étouffe ses dons, le socialisme crée les conditions indispensables au développement et à la libre manifestation des aptitudes des travailleurs en affranchissant le travail de toute exploitation et en permettant à tous d’accéder librement à l’instruction.

L’essor continu de la production socialiste sur la base d’une technique supérieure exige une élévation constante du niveau culturel et technique des travailleurs, une proportion croissante de travailleurs qualifiés dans toutes les branches de l’économie nationale. En régime socialiste, pour la première fois dans l’histoire, la formation des travailleurs pour les différentes branches de l’économie nationale s’effectue méthodiquement et sur une grande échelle.

L’élévation du niveau culturel et technique des travailleurs est assurée avant tout par le développement de l’instruction publique. En U.R.S.S., l’enseignement de sept ans est obligatoire et l’enseignement secondaire (de dix ans) général et obligatoire en voie de réalisation ; l’instruction secondaire spécialisée et l’instruction supérieure ont pris un grand développement. D’où une élévation considérable du niveau culturel de la classe ouvrière et de la paysannerie. De plus en plus nombreux sont les ouvriers et les kolkhoziens qui possèdent une instruction primaire ou secondaire.

L’élévation du niveau culturel et technique s’opère aussi par l’enseignement technique à l’entreprise : il forme de nouveaux travailleurs et augmente la valeur professionnelle des anciens sans qu’ils aient à abandonner l’exercice de leur profession. Pour satisfaire les besoins des branches maîtresses de l’économie nationale en cadres qualifiés, l’État soviétique a organisé un système de réserves de main-d’œuvre qui comprend tout un réseau d’écoles professionnelles, d’écoles de cheminots et d’écoles d’apprentissage auprès des fabriques et des usines. Durant toute la période d’apprentissage, les élèves de ces écoles sont entretenus aux frais de l’État. Des millions d’ouvriers qualifiés sont en outre formés grâce à l’apprentissage individuel ou par équipe, ou par les cours à l’entreprise. Le nombre des intellectuels et celui des spécialistes hautement qualifiés, issus de la classe ouvrière et de la paysannerie, augmente rapidement.

Dès le début de 1952, en U.R.S.S., plus de la moitié du total des ouvriers de l’industrie avaient une instruction correspondant au moins à 5 ou 6 classes de l’école secondaire. Le nombre d’ouvriers ayant terminé les cours des écoles de dix ans va croissant.

En quatorze ans (de 1941 à 1954 inclusivement), les écoles professionnelles, les écoles de cheminots, les écoles d’apprentissage auprès des fabriques et des usines et les écoles de mécanisation de l’agriculture ont préparé aux frais de l’État plus de 7,5 millions de jeunes ouvriers qualifiés de toutes professions. Au cours des quatre années du cinquième plan quinquennal, l’apprentissage individuel et par équipe ainsi que les cours à l’entreprise ont formé en moyenne chaque année 2,5 millions de nouveaux ouvriers qualifiés et élevé la valeur professionnelle de 3,5 millions d’autres ; près de 2,5 millions de kolkhoziens ont suivi chaque année les cours agro-zootechniques de trois ans. L’enseignement par correspondance des ouvriers et des kolkhoziens est également très répandu.

Date: 2010-2014