Manuel d’économie politique de l’Académie des sciences de l’URSS
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42.4. Les types économiques et les classes dans la République populaire de Chine pendant la période de transition.

Les transformations agraires révolutionnaires et l’instauration de la propriété du peuple tout entier sur les leviers de commande de l’économie nationale ont entraîné de profondes modifications dans l’économie chinoise. Une économie à types multiples a pris la place pendant la période de transition de l’ancienne économie semi-féodale et semi-coloniale ; elle présente en Chine une série de particularités.

Le secteur socialiste occupe une place déterminante dans l’économie à types multiples de la République populaire de Chine. Le secteur socialiste englobe, premièrement, les entreprises reposant sur la propriété de l’État et, deuxièmement, les entreprises reposant sur la propriété coopérative.

Sont propriétés d’État les entreprises qui étaient autrefois la propriété de la bourgeoisie compradore et des capitalistes étrangers, nationalisées par le pouvoir démocratique populaire, ainsi que les entreprises fondées par l’État après la victoire de la révolution : fabriques et usines, mines et centrales électriques, chemins de fer et autres moyens de transports, P.T.T., etc. Le sous-sol, les eaux, les forêts domaniales, les terrains suburbains, les terres vierges et les autres ressources naturelles sont aussi la propriété de l’État et appartiennent au peuple. Il en est de même, dans l’agriculture, des stations de machines et de tracteurs, des stations de louage et agrotechniques et des entreprises agricoles d’État. Dans la sphère de la circulation, les entreprises commerciales qui jouent un rôle déterminant dans le commerce de gros appartiennent à l’État. La presque totalité du commerce extérieur et des opérations bancaires est concentrée entre ses mains.

Ensuite, le secteur socialiste de l’économie englobe les entreprises coopératives qui reposent entièrement sur la propriété collective des masses laborieuses. Ici se rangent les coopératives d’achat et de vente, les coopératives de consommation et de crédit, les coopératives de production agricole de forme supérieure (kolkhoz) et une partie des coopératives de production artisanale dans lesquelles tous les moyens de production sont la propriété coopérative de leurs membres. Les coopératives d’achat et de vente subissent l’influence déterminante du commerce d’État et contribuent à resserrer les liens économiques entre la petite économie marchande du paysan et l’économie socialiste de l’État, à renforcer le caractère planifié de la fourniture d’articles industriels aux paysans, ainsi que celui de l’achat par l’État de céréales, de coton et d’autres matières premières destinées à l’industrie. Les coopératives de crédit sont liées à la Banque populaire d’État qui oriente leur activité et leur accorde son concours financier. L’État de démocratie populaire encourage par tous les moyens le groupement des paysans et des artisans individuels en coopératives de production, leur passage graduel des formes inférieures aux formes supérieures de ces coopératives.

La part du secteur socialiste dans l’industrie et le commerce grandit rapidement. En 1949, 34 % de la production industrielle provenaient des entreprises d’État, 2 % des entreprises mixtes et 63 % des entreprises privées. Or, en 1954, la part des entreprises d’État dans la production globale de l’industrie du pays est passée à 59 %, celle des entreprises mixtes à 12,3 % et celle des entreprises privées a été réduite à 24,9 %. En 1954, le commerce d’État et le commerce coopératif constituaient les 89 % de tout le commerce de gros.

En application du plan quinquennal, la part des organisations de l’État et des coopératives dans le commerce de détail doit passer de 34 % en 1952 à 55 % en 1957.

L’État contrôle l’ensemble du commerce extérieur ; plus de 90% des opérations d’importation et d’exportation, y compris tout le commerce avec l’U.R.S.S. et les pays de démocratie populaire, sont directement concentrés entre ses mains. La Banque populaire d’État a le privilège exclusif d’émettre des billets de banque et contrôle plus de 90 % des dépôts et des prêts.

En 1950, pour la première fois dans l’histoire de la Chine, un budget d’État unique a été dressé sur une base réelle. Depuis 1951, le budget est régulièrement exécuté avec un excédent des recettes sur les dépenses Plus de 60 % des sommes budgétaires de 1955 sont assignées pour l’édification économique, ainsi que pour les besoins sociaux, culturels et éducatifs. Plus de 89 % des crédits destinés à l’industrie par le budget de 1955 vont à l’industrie lourde.

À la fin de 1954, les coopératives de vente et de consommation réunissaient 172 millions de personnes. Les coopératives de crédit à la campagne se présentent sous la forme de coopératives de crédit agricole, de groupes de crédit mutuel et de bureaux de crédit auprès des coopératives d’achat et de vente. Au printemps 1955, il y avait dans le pays 150 000 coopératives de crédit comptant plus de 90 millions de membres. Toutes les formes des coopératives de crédit se développent rapidement.

Le secteur socialiste est la force déterminante de toute l’économie nationale. Il est la base sur laquelle s’appuie l’État de démocratie populaire pour réaliser de nouvelles transformations socialistes. C’est sur la base de rapports de production socialistes que la loi économique fondamentale du socialisme est née et se manifeste. Dans le secteur socialiste, la production n’a pas pour but de faire des profits, mais de satisfaire les besoins croissants de toute la société. La production augmente sans cesse dans ce secteur. Les entreprises socialistes sont de plus en plus équipées de moyens techniques modernes. Mais l’action de la loi économique fondamentale du socialisme est pour le moment très restreinte, du fait que les formes d’économie fondées sur la propriété privée sont encore dominantes dans l’économie nationale.

Grâce à la propriété sociale des moyens de production, la loi économique du développement harmonieux (proportionné) de l’économie nationale est apparue face à la loi de la concurrence et de l’anarchie de la production et elle commence à agir. En s’appuyant sur le secteur socialiste, le pouvoir populaire établit les plans à court et à long terme de l’économie nationale. Les entreprises d’État se développent d’après le plan. Elles appliquent le principe de la gestion équilibrée. Les ouvriers et les employés sont rémunérés selon la quantité et la qualité du travail accompli. L’État fixe le prix des principales marchandises industrielles et agricoles, règle la circulation monétaire et contrôle le commerce extérieur. Il exerce ainsi une influence régulatrice sur les autres secteurs de l’économie nationale. Pour assurer la satisfaction des besoins du pays en vivres et autres marchandises et surmonter les tendances capitalistes spontanées, l’État a instauré un système planifié d’achat et de fourniture de céréales, de matières grasses et de cotonnades, ainsi que d’achat du coton.

Au secteur socialiste s’ajoutent différentes sortes de coopératives qui reposent en partie sur la propriété collective des travailleurs et sur leur travail en commun. Ces coopératives de type semi-socialiste sont, en Chine, la principale forme transitoire dans la transformation socialiste de l’agriculture et de l’industrie artisanale. À ces formes transitoires appartiennent les brigades d’entraide pour la production agricole, dans lesquelles on emploie le travail collectif des paysans pour effectuer certains travaux. Elles laissent subsister non seulement la propriété privée du sol, mais aussi celle des instruments de production agricole et des produits obtenus. Progressivement, ces formes de coopération évoluent en coopératives de production agricole dans lesquelles la terre entre dans la coopérative à titre de participation et l’exploitation est gérée en commun. Dans les conditions historiques concrètes de la Chine, l’emploi large et progressif des formes d’exploitation coopérative transitoires les plus simples permet d’amener avec plus de succès la masse des paysans individuels à la production collective.

Dès avant la constitution de la République populaire chinoise, pendant les guerres révolutionnaires, des organisations d’entraide pour la production agricole, qui portaient en elles les germes du socialisme, ont été créées à la campagne après l’accomplissement de transformations agraires. Alors déjà des coopératives de production agricole de type semi-socialiste et de type socialiste étaient nées dans les régions libérées. Cependant, c’est seulement après la constitution de la République populaire chinoise que l’organisation sur une vaste échelle de brigades d’entraide pour la production agricole et la création en masse de coopératives de production agricole sur la base des brigades d’entraide dans le travail commencèrent.

À la fin de 1951, il y avait en Chine plus de 300 coopératives de production agricole, tant de type socialiste que de type semi-socialiste. À la fin de 1953, leur nombre dépassait 14 000, il avait été multiplié par 47 en deux ans. En juin 1955, on comptait déjà dans le pays 650 000 coopératives de production agricole englobant 16 900 000 exploitations paysannes. Ainsi, il revient en moyenne 26 foyers à chaque coopérative. Le nombre global des exploitations groupées dans les brigades d’entraide pour la production agricole et dans les coopératives de production agricole s’est élevé, en 1954, à 60 % de toutes les exploitations paysannes.

Le secteur de la petite production marchande englobe les exploitations des paysans et des artisans reposant sur la petite propriété privée de la terre et des autres moyens de production et sur le travail personnel. Tant que la Chine est encore un pays agraire à l’industrie faiblement développée, la petite production marchande continue à occuper une place prédominante dans l’économie et à être la source des moyens d’existence des grandes masses de la population. Les transformations agraires révolutionnaires ont considérablement accru le nombre des paysans moyens. Un grand nombre de paysans pauvres et d’ouvriers agricoles qui ont reçu de la terre, se sont mis à la cultiver pour leur propre compte et le paysan moyen est devenu la figure centrale à la campagne.

Le secteur de la petite production marchande comprend aussi la production artisanale, particulièrement répandue dans les campagnes, les petits établissements commerciaux des villes, les petits ateliers desservant les besoins courants de la population, etc.

Dans l’agriculture chinoise, la petite production paysanne, dispersée et retardataire, prédomine. La terre est morcelée en parcelles minuscules et travaillée à la main par les paysans ou à l’aide de vieux instruments aratoires primitifs, tirés par des bêtes de trait. Mais, peu à peu, les machines et les instruments agricoles modernes, fournis aux exploitations paysannes par l’industrie lourde chinoise en plein développement, viennent faire la relève de la technique retardataire de l’agriculture. On compte à peu près 110 millions de petites et très petites exploitations paysannes dans la campagne chinoise. Il y a dans le pays 30 millions d’artisans environ. La majeure partie des marchandises industrielles utilisées par la paysannerie est fabriquée par les artisans.

La petite production marchande, paysanne et artisanale, engendre inévitablement des éléments de capitalisme. Il se produit à la campagne une différenciation de classes : la paysannerie se décompose en paysans pauvres et paysans riches. Mais, en régime de démocratie populaire, cette différenciation reste limitée.

Dans le secteur de la petite production marchande, c’est la loi de la valeur, dont l’action s’exerce de façon spontanée, qui garde le rôle de régulateur. Son action sur la production est également importante dans le secteur socialiste. À mesure que la propriété d’État et la propriété coopérative se renforcent, et que la loi du développement harmonieux de l’économie nationale étend son champ d’action, l’État contrôle de mieux en mieux la loi de la valeur, la monnaie, le commerce et il en fait autant d’instruments de l’édification socialiste.

Le pouvoir de démocratie populaire aide les exploitations paysannes individuelles et les artisans à tirer parti de toutes les possibilités de production dont ils disposent. En même temps, il les encourage au maximum à s’engager dans la voie du développement socialiste par la coopération, celle-ci devant toujours être librement consentie.

Dans l’économie de la Chine, il existe encore des vestiges du régime patriarcal. Une partie importante des paysans vivant dans les régions éloignées et peu peuplées du pays ont une exploitation naturelle et semi-naturelle (patriarcale) sous forme d’agriculture primitive et d’élevage nomade, qui satisfait les besoins personnels des paysans et qui est très peu liée à l’échange et au marché. Le pouvoir populaire encourage la création, dans ces régions, de groupes d’entraide et de coopératives d’éleveurs.

Le secteur capitaliste privé comprend les entreprises industrielles capitalistes dans les villes, les exploitations des paysans riches à la campagne, les entreprises du capital commercial. À ce secteur se rattachent également de nombreux ateliers artisanaux employant une main-d’œuvre salariée et les manufactures, dont le nombre est assez élevé. Le secteur capitaliste privé occupe une grande place dans l’économie de la Chine.

En 1953, il y avait en Chine plus de 200 000 entreprises capitalistes privées où étaient occupés plus de 2 750 000 ouvriers et employés. La valeur de la production de ces entreprises atteignait 38 % de la valeur de toute la production industrielle du pays. En 1957, d’après le plan quinquennal, la part du capital privé dans la production industrielle tombera à 12% à peu près et celle des entreprises privées dans le commerce de détail sera d’à peu près 21 %.

Depuis l’abolition de la propriété féodale des grands propriétaires fonciers, subsistent dans la campagne chinoise la propriété capitaliste des paysans riches et l’océan infini de la petite propriété individuelle des paysans, sur la base de laquelle les éléments capitalistes grandissent spontanément ; de nouveaux paysans riches apparaissent et une partie des paysans moyens aisés essaient de devenir des paysans riches.

La loi de la valeur est régulatrice de la production dans le secteur capitaliste privé. En même temps, la loi de la plus-value reste en vigueur. Cependant, sa sphère d’action est de plus en plus limitée.

À l’égard de l’industrie et du commerce capitalistes, le pouvoir populaire de Chine fait une politique d’utilisation, de limitation et de transformation ayant pour but final de liquider le système d’exploitation capitaliste, de liquider les classes exploiteuses, de remplacer la propriété capitaliste par la propriété du peuple sur les moyens de production. Dans les conditions concrètes de la Chine, pour atteindre ce but, il faudra un temps relativement long.

Étant donné le retard économique de la Chine et la prédominance d’une petite production marchande morcelée, le pouvoir populaire utilise sous son contrôle l’industrie et le commerce privés pour étendre la production industrielle et agricole, accumuler des fonds, former des techniciens, maintenir le plein emploi de la population. En vue d’accroître la production industrielle et agricole et de développer la circulation des marchandises, le pouvoir populaire accorde des crédits aux entreprises privées, il leur passe des commandes de marchandises déterminées, il leur fournit des matières premières et achète leurs produits finis.

En même temps, il fait une politique de limitation des tendances exploiteuses des capitalistes à la ville et des paysans riches à la campagne. Le pouvoir populaire réprime l’activité des capitalistes qui essaient de faire monter les prix des marchandises en tournant les lois existantes, de mettre en échec le contrôle de la classe ouvrière sur les entreprises privées, d’empêcher la réalisation des plans d’État et de porter ainsi préjudice aux intérêts du peuple. La politique fiscale joue le rôle essentiel dans la limitation des éléments capitalistes de la ville et de la campagne.

Le pouvoir populaire encourage la transformation des entreprises industrielles et commerciales du capitalisme privé en entreprises mixtes de différents genres en créant graduellement les conditions nécessaires à la transformation de la propriété des capitalistes en propriété nationale du peuple tout entier.

Le capitalisme d’État comprend les entreprises capitalistes qui sont liées au secteur économique d’État et collaborent avec lui sous différentes formes. Il est représenté par des entreprises industrielles et commerciales, des banques, des sociétés de crédit.

Les formes principales du capitalisme d’État représentant les degrés successifs de son développement, qui se sont répandues en Chine, sont les suivantes : la forme inférieure du capitalisme d’État, qu’est le système des achats périodiques de produits aux entreprises privées par les organismes d’État ; la forme moyenne qu’est la transformation par des entreprises privées, de matières premières et de produits semi-finis appartenant à l’État, que sont les commandes d’État en produits finis, les achats centralisés, les débouchés garantis ; la forme supérieure qu’est la création d’entreprises mixtes dites entreprises privées d’État. Ce sont des entreprises dans lesquelles l’État investit des fonds et dans lesquelles il a ses fondés de pouvoir pour diriger la production de concert avec des capitalistes. Dans ces entreprises, le rôle dirigeant revient à l’État. L’exploitation du travail par le capital y est limitée ; les capitalistes ne reçoivent qu’une partie des bénéfices. Avec le temps, cette forme supérieure de capitalisme d’État prend de plus en plus d’importance.

Le développement de toutes les formes de capitalisme d’État s’accompagne d’une lutte des classes. L’expérience de la Chine confirme entièrement la thèse de Lénine selon laquelle, dans la période de transition, le capitalisme d’État est

la continuation de la lutte des classes sous une autre forme et nullement la substitution de la paix des classes à la lutte des classes. (V. Lénine, « L’impôt en nature », Œuvres, t. 32, p. 368.)

Le développement du capitalisme d’État prépare les conditions nécessaires à la future nationalisation socialiste des entreprises.

Par conséquent, l’économie chinoise de transition compte actuellement les trois mêmes types essentiels d’économie : socialisme, petite production marchande et capitalisme, qui existaient en Union soviétique, dans la période du passage du capitalisme au socialisme et qui existent à l’heure actuelle dans les pays européens de démocratie populaire. Cependant, par suite du retard économique et technique hérité du passé, la part des formes d’économie socialiste dans l’économie de la Chine est beaucoup moins grande que dans celle des pays européens de démocratie populaire et la part du capitalisme, et surtout de la petite production marchande, y est relativement plus grande. Contrairement à ce qui se passe dans les pays européens de démocratie populaire, en Chine, on utilise largement le capitalisme d’État dans l’intérêt de l’édification socialiste.

La structure de classes de la société chinoise s’est modifiée conformément aux changements intervenus dans l’économie. Les principales classes sont la classe ouvrière et la paysannerie. Aux masses laborieuses des ouvriers et des paysans s’ajoute le grand nombre des artisans et autres travailleurs de la ville et de la campagne. Il existe en outre une bourgeoisie nationale dans les villes, une classe de paysans riches à la campagne et une couche nombreuse de petits bourgeois dans les villes.

C’est en tenant compte de l’existence des types d’économie et des classes de la période de transition que le Parti communiste chinois, qui connaît et sait utiliser les lois économiques du développement de la société, a tracé la ligne générale de l’édification économique pour toute la durée de cette période. En 1953, Mao Tsé-toung a dit :

La ligne générale et la tâche centrale du Parti dans cette période de transition, c’est de réaliser progressivement, pendant un temps assez long, l’industrialisation socialiste du pays, de réaliser progressivement la transformation socialiste de l’agriculture, de l’industrie artisanale, du commerce et de l’industrie privée Cette ligne générale est le phare qui éclaire tout notre travail. Effectuer en dehors d’elle un travail, quel qu’il soit, c’est commettre l’erreur de la déviation de droite ou de la déviation de gauche.

Pravda, 22 juin 1954.

Le régime de démocratie populaire donne toute possibilité de supprimer l’exploitation et la misère, et de bâtir une société socialiste dans le pays. En Chine, pays immense à économie retardataire, aux conditions variées et complexes, la construction de la société socialiste constitue une œuvre gigantesque. Le Parti communiste chinois part du point de vue que la société socialiste sera édifiée, pour l’essentiel, environ au cours de trois quinquennats.

Le renforcement de l’alliance des ouvriers et des paysans, sous la direction de la classe ouvrière, joue un rôle décisif dans l’édification socialiste. C’est la condition fondamentale pour entraîner les masses paysannes à la construction du socialisme. Le pouvoir populaire tend, par sa politique, à développer au maximum l’alliance économique de l’industrie d’État et de l’économie paysanne, à amener les exploitations paysannes à se grouper en coopératives. Le Parti communiste chinois part du fait que, pour renforcer l’alliance des ouvriers et des paysans, il faut, en même temps qu’on y réalise graduellement l’industrialisation socialiste, réaliser graduellement la transformation socialiste de l’agriculture dans son entier. Cela signifie grouper les exploitations paysannes en coopératives, c’est-à-dire, passer des exploitations individuelles aux formes coopératives d’exploitation avec liquidation graduelle du système des exploitations de paysans riches, afin que toute la population rurale connaisse l’aisance.

En Chine, le front démocratique populaire uni, dirigé par la classe ouvrière, joue un rôle important dans la période transitoire. C’est un large rassemblement, fondé sur l’alliance des ouvriers et des paysans et comprenant tous les éléments patriotiques, c’est-à-dire également les éléments de la bourgeoisie nationale qui sont prêts à collaborer avec l’État de démocratie populaire. En vertu des conditions historiques particulières de la Chine qui était, dans le passé, opprimée par l’impérialisme étranger et qui ne peut être un État indépendant et puissant qu’en suivant la voie du socialisme, il y a non seulement la lutte entre la classe ouvrière et la bourgeoisie nationale, mais il existe aussi entre elles des relations de collaboration dans les affaires. Le pouvoir populaire fait participer la bourgeoisie nationale à la vie de l’État, à la solution des tâches à l’ordre du jour de l’édification économique tout en réprimant énergiquement toutes les formes d’activité antipopulaire.

La contradiction de classe essentielle, dans la période de transition, est celle qui existe entre les éléments socialistes et capitalistes de la ville et de la campagne, entre la classe ouvrière et les masses laborieuses de la paysannerie, d’une part, la bourgeoisie des villes et les paysans riches à la campagne, de l’autre. Pour édifier le socialisme, il faut résoudre la contradiction entre l’économie socialiste et l’économie capitaliste. Cette contradiction se résout par la réalisation graduelle de transformations économiques radicales qui modifient la physionomie de la Chine : industrialisation socialiste du pays, transformation socialiste de l’agriculture et de l’artisanat, transformation radicale de l’industrie et du commerce privés conduisant à la liquidation complète des rapports capitalistes dans ces branches de l’économie et à leur remplacement par des rapports socialistes. De plus, l’industrialisation socialiste du pays est le principal maillon de son édification socialiste, et la transformation de l’agriculture et de l’industrie artisanale, la transformation de l’industrie et du commerce privés en sont d’importantes parties constitutives, inséparables de l’industrialisation socialiste. La transformation socialiste de l’économie chinoise va de pair avec une lutte de classes acharnée contre les éléments socialistes et les éléments capitalistes qui se déroule pour décider « qui l’emportera ».

Date: 2010-2014