Manuel d’économie politique de l’Académie des sciences de l’URSS
Dernière modification le   
Manuel : table des matières, index — Retour au dossier marxisme

La critique petite bourgeoise de l’impérialisme.

Contrairement à Sismondi qui voyait dans le système de la libre concurrence la source première de tous les maux du capitalisme, une grande partie des économistes petits-bourgeois de l’époque de l’impérialisme vantent le capitalisme de l’époque de la libre concurrence qu’ils représentent comme le meilleur régime économique de la société. Ils dirigent le feu de leur critique, non contre le capitalisme en général, mais seulement contre la domination illimitée des monopoles capitalistes, dans l’arbitraire desquels ils voient le principal danger qui menace la « liberté économique », l’ « initiative privée », etc.

Dans les ouvrages des critiques petits-bourgeois de l’impérialisme se trouve rassemblée une riche collection de faits qui dénoncent la pratique de rapine des monopoles. Mais les économistes petits-bourgeois critiquent les monopoles en se plaçant sur des positions réactionnaires et utopiques, en demandant le retour au capitalisme de la libre concurrence. Ils nient la nécessité de passer au socialisme, faute de quoi on ne peut imaginer éliminer la domination des monopoles. La critique petite-bourgeoise de l’impérialisme sème l’illusion que l’on pourrait éliminer les « abus » des monopoles et consolider les positions des petites et moyennes entreprises à l’aide d’une législation c antitrust », de toutes espèces de mesures en vue d’encourager les petites entreprises et de combattre les machinations spéculatives des requins de la finance tout en conservant le capitalisme. Les économistes petits-bourgeois sèment des illusions en affirmant que, dans les conditions du capitalisme, on peut sauver de la ruine les petits producteurs de marchandises, paysans et artisans, et améliorer radicalement la situation des ouvriers en développant les coopératives de consommateurs, d’agriculteurs, d’artisans.

Dans les conditions actuelles, de nombreux représentants de l’économie politique petite-bourgeoise se font les interprètes du mécontentement des couches petites-bourgeoises face à l’arbitraire des monopoles, au despotisme du pouvoir d’État, au joug fiscal insupportable, au danger croissant de guerre. Dans les pays d’Europe occidentale, et surtout dans les pays sous-développés, les représentants de cette tendance prennent une part active au mouvement démocratique contre l’étouffement de la souveraineté nationale des autres pays par l’impérialisme américain, contre la course aux armements, contre la politique de préparation d’une nouvelle guerre mondiale.

Date: 2010-2014