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Cours de philosophie marxiste en quatre leçons (et une introduction)

Ceci est une page écrite pour le contenu. On trouve une préparation plus orientée sur le déroulement de la leçon, sur la pédagogie sur cette page.

Quatrième leçon :
Le matérialisme historique

Hegel, contre « la bousculade informe des événements »,
la première tentative de donner un sens à l’histoire

Pour la philosophie, le fait premier n’est pas le destin, l’énergie, les passions des peuples et, conjointement, la bousculade informe des événements. Le fait premier pour la philosophie est l’Esprit même des événements, l’Esprit même qui les a produits, car c’est lui qui est l’Hermès, le conducteur des peuples. (Hegel, La raison dans l’histoire, 1837, 10/18, UGE, Paris, 1965, p. 52. J’emprunte la citation à la Pratique de la philosophie de A à Z, Hatier, Paris, 1994, p. 151.)

L’Esprit est en devenir. il progresse à travers l’ « esprit du temps » ou l’ « esprit d’un peuple » en ce temps-là. Le développement de l’Esprit explique le progrès de la civilisation. Il passe par différentes étapes. Hegel (1770-1831) ne dit pas clairement pourquoi ces étapes et pas d’autres. D’après Russell, il n’y a pas d’explication et tout ce que ça peut vouloir dire c’est que Hegel écrit sur le développement de l’histoire et que l’Esprit de l’Univers lit par dessus son épaule et fait ce que Hegel a écrit qu’il doit faire. En cela Russel est d’accord avec Engels qui avait déjà dit de Hegel dans le Feuerbach : « l’Idée absolue — qui n’est d’ailleurs absolue que parce qu’il ne sait absolument rien nous en dire ».

Marx sur sa découverte du matérialisme historique

Le résultat général auquel j’arrivai et qui, une fois acquis, servit de fil conducteur à mes études, peut brièvement se formuler ainsi : dans la production sociale de leur existence, les hommes entrent en des rapports déterminés, nécessaires, indépendants de leur volonté, rapports de production qui correspondent à un degré de développement déterminé de leurs forces productives matérielles. L’ensemble de ces rapports de production constitue la structure économique de la société, la base concrète sur laquelle s’élève une superstructure juridique et politique et à laquelle correspondent des formes de conscience sociales déterminées. Le mode de production de la vie matérielle conditionne le processus de vie social, politique et intellectuel en général. Ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur être ; c’est inversement leur être social qui détermine leur conscience. À un certain stade de leur développement, les forces productives matérielles de la société entrent en contradiction avec les rapports de production existants, ou, ce qui n’en est que l’expression juridique, avec les rapports de propriété au sein desquels elles s’étaient mues jusqu’alors. De formes de développement des forces productives qu’ils étaient ces rapports en deviennent des entraves. Alors s’ouvre une époque de révolution sociale. Le changement dans la base économique bouleverse plus ou moins rapidement toute l’énorme superstructure. Lorsqu’on considère de tels bouleversements, il faut toujours distinguer entre le bouleversement matériel — qu’on peut constater d’une manière scientifiquement rigoureuse — des conditions de production économiques et les formes juridiques, politiques, religieuses, artistiques ou philosophiques, bref, les formes idéologiques sous lesquelles les hommes prennent conscience de ce conflit et le mènent jusqu’au bout. Pas plus qu’on ne juge un individu sur l’idée qu’il se fait de lui-même, on ne saurait juger une telle époque de bouleversement sur sa conscience de soi ; il faut, au contraire, expliquer cette conscience par les contradictions de la vie matérielle, par le conflit qui existe entre les forces productives sociales et les rapports de production. Une formation sociale ne disparaît jamais avant que soient développées toutes les forces productives qu’elle est assez large pour contenir, jamais des rapports de production nouveaux et supérieurs ne s’y substituent avant que les conditions d’existence matérielles de ces rapports soient écloses dans le sein même de la vieille société. C’est pourquoi l’humanité ne se pose jamais que des problèmes qu’elle peut résoudre, car, à y regarder de plus près, il se trouvera toujours, que le problème lui-même ne surgit que là où les conditions matérielles pour le résoudre existent déjà ou du moins sont en voie de devenir. À grands traits, les modes de production asiatique, antique, féodal et bourgeois moderne peuvent être qualifiés d’époques progressives de la formation sociale économique. Les rapports de production bourgeois sont la dernière forme contradictoire du processus de production sociale, contradictoire non pas dans le sens d’une contradiction individuelle, mais d’une contradiction qui naît des conditions d’existence sociale des individus ; cependant les forces productives qui se développent au sein de la société bourgeoise créent en même temps les conditions matérielles pour résoudre cette contradiction. Avec cette formation sociale s’achève donc la préhistoire de la société humaine. (Karl Marx, préface de la Critique de l’économie politique, 1859).

Les études dont Marx parle en 1859 ont commencé longtemps avant, puisque déjà en 1852 il pouvait jeter sur elles un regard rétrospectif.

Maintenant, en ce qui me concerne, ce n’est pas à moi que revient le mérite d’avoir découvert l’existence des classes dans la société moderne, pas plus que la lutte qu’elles s’y livrent. Des historiens bourgeois avaient exposé bien avant moi l’évolution historique de cette lutte des classes et des économistes bourgeois en avaient décrit l’anatomie économique. Ce que j’ai apporté de nouveau, c’est :

  1. de démontrer que l’existence des classes n’est liée qu’à des phases historiques déterminées du développement de la production ;
  2. que la lutte des classes mène nécessairement à la dictature du prolétariat ;
  3. que cette dictature elle-­même ne représente qu’une transition vers l’abolition de toutes les classes et vers une société sans classes.

(Karl Marx, Lettre à Joseph Weydemeyer, 1852.)

Le matérialisme historique en trois temps

Le matérialisme historique, c’est d'abord le point de vue philosophique que la société et sa culture faisant partie comme les hommes du monde de la nature, elles sont aussi susceptibles d’explication scientifique. Le matérialisme historique, c’est ensuite les premiers pas d’une nouvelle science de l’histoire telle qu’elle est ébauchée dans la citation ci-dessus. Le matérialisme historique, c’est enfin la philosophie matérialiste confirmée par la science dans sa conviction de la possibilité d'une approche scientifique, matérialiste de l'histoire.

Reprenons ces trois temps. Un philosophe matérialiste a la conviction que de même que les sciences naturelles sont possibles et montrent la justesse du point de vue matérialiste, de même il doit être possible d'étudier scientifiquement la société. Le matérialisme historique, c’est le point de vue philosophique que la culture faisant partie du monde de la nature, elle est aussi susceptible d’explication scientifique. (C'est la philosophie avant la science.) Si on étudie la société avec un esprit scientifique, ça donne des résultats. Le résultat scientifique obtenu, comme celui de Marx ci-dessus, vient en renforcement de la thèse philosophique, montre que cette position philosophique était correcte. (D'où une philosophie renforcée après la science.) Par rapport à la démarche scientifique, la philosophie vient avant et après.

C'est bien sûr une simplification. Dans la relation entre philosophie et science, il y a plus que trois temps. C'est une longue valse, à trois temps si l'on veut, mais personne ne se rappelle plus de quel pied on est parti. Dans le cas du matérialisme historique, le pas scientifique fait par Marx n'était pas le premier, d'après ce qu'il dit dans la lettre de 1852.

Il est important de bien comprendre la liaison étroite entre science et philosophie et la différence. De ce point de vue, l'expression matérialisme historique est malheureuse puisqu'elle couvre les deux. L'expression se situe à la charnière entre science et philosophie. Mais c'est un héritage que nous n'allons pas changer aujourd'hui.

La conscience

Dans la première longue citation ci-dessus, tout est important mais la phrase peut-être la plus connue, et d’une importance considérable pour les commnunistes, c’est : « Ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur être ; c’est inversement leur être social qui détermine leur conscience. »

[À développer.]

Succession des modes de production

Le Manuel d’économie politique expose l’économie du capitalisme et du socialisme (la partie sur le socialisme n’est pas encore disponible en ligne) mais comporte aussi une introduction historique à ce qui précède le capitalisme : la communauté primitive, l’esclavagisme et la féodalité. Je tente d’en donner ici un résumé, avec le risque d’être un peu schématique ou simpliste. Je détaille un peu plus sur une autre page.

Communauté primitive

Tant qu’un groupe humain est à la limite du minimum de subsistance, par définition il ne peut nourrir de bouches inutiles, sous peine de compromettre sa survie. Dès que la situation s’améliore, une différenciation est possible. Des chefs, prêtres ou sorciers peuvent travailler moins (ou pas du tout) et s’approprier une partie du travail des autres.

Avec le développement des techniques, apparaissent des métiers. Des gens se spécialisent dans le travail du bois, des métaux. (Cette spécialisation est partielle : les artisans ont souvent un peu de terre qui leur permet de subvenir à une partie de leurs besoins alimentaires.)

Cela entraîne un échange entre les agriculteurs et les artisans. Au début, les artisans ont travaillé sur commande contre nourriture mais ont ensuite proposé leur production sur le marché. Les agriculteurs doivent aussi vendre sur le marché pour pouvoir acheter. Ainsi, à côté de l’économie naturelle, pour la consommation directe, une partie de la production devient marchandise. La monnaie apparaît pour faciliter les échanges. Les États prélèvent alors leurs impôts en monnaie ce qui oblige à vendre pour avoir de quoi payer les impôts.

Les non-agriculteurs se regroupent dans des villes. L’échange entre artisanat et agriculture est aussi échange entre ville et campagne. Avec le développement du marché, apparaissent des marchands qui achètent la production pour aller la proposer sur un marché, éventuellement éloigné.

Esclavage

Dans la société esclavagiste, des propriétaires de terre deviennent assez riches pour faire travailler des esclaves et vivre sans travailler eux-mêmes. Cette contradiction entre les esclaves et leurs propriétaires est la contradiction principale. Par ailleurs, il y a une différenciation parmi les hommes libres : à côté des gros propriétaires de terres et d’esclaves, il y a de petits propriétaires, des artisans et des commerçants (qui peuvent avoir quelques esclaves ou pas du tout). C’est une contradiction secondaire. Les esclaves sont généralement étrangers, mais, à Athènes par exemple, il y a aussi des étrangers libres et avec permis de séjour. Il y a donc une autre contradiction secondaire celle entre citoyens et hommes libres étrangers, non citoyens.

Les esclaves sont aussi peu motivés que possible et donc peu productifs. De plus ils ne vivent pas vieux. Pour s’enrichir avec des esclaves, il en faut beaucoup. On se les procure par la guerre. Ces sociétés sont en guerre permanente. La guerre est l’affaire des citoyens, club de propriétaires défendant ensemble leur propriété. Mais les riches peu nombreux donnent la cavalerie (ils peuvent payer un cheval et souvent une armure) et les nombreux petits propriétaires constituent l’infanterie. Il est peu réaliste de compter sur des esclaves pour se battre.

Ce système « scie la branche sur laquelle il est assis ». Devenant de plus en plus riches, les riches ont besoin de plus en plus d’esclaves et de guerres. Mais sous la concurrence, les hommes libres moins riches deviennent franchement pauvres et moins motivés à se battre. L’empire de Rome est d’abord une grande réussite. Il s’enrichit en étendant ses conquêtes, en dominant, en pillant et en réduisant en esclavage. Mais cela lui donne à défendre de grands territoires avec des frontières de plus en plus longues tandis que les citoyens romains ont de moins en moins envie de se battre. La défense repose de plus en plus sur des troupes recrutées dans les territoires conquis. Ce système finit par s’écrouler, miné par ses contradictions.

Féodalité

Des restes de l’empire romain et des invasions barbares, il sort une différenciation sociale même sans esclaves, avec une hiérarchie de seigneurs et de rois avec entre eux des liens de vassalité tandis que les anciens petits propriétaires deviennent des serfs. Ce ne sont pas des esclaves, mais ils doivent entretenir leur seigneur par différents services ou de l’argent. C’est de nouveau un système ou les facteurs de progrès technique sont réduits parce que les paysans qui produisent ont un certain intérêt à produire mieux mais peu les moyens de le faire, à une trop petite échelle, tandis que les seigneurs sont plutôt des parasites que des chefs d’entreprise.

À travers toute l’antiquité gréco-romaine et la féodalité européenne on trouve des marchands et des artisans. L’économie est surtout agricole et une grande partie de la nourriture produite est consommée au niveau du propriétaire et de ses esclaves ou du seigneur et de ses serfs sans passer par le marché. Mais il y a toujours aussi une économie marchande relativement moins importante. (Elle est d’importance variable selon les lieux et les époques. Au faîte de sa gloire, Athènes achetait la moitié de sa nourriture sur le marché internationnal ou elle vendait certaines productions « industrielles » et agricoles.) Les commerçants, marins et banquiers réunissent parfois des capitaux assez importants. Ils prennent une certaine importance politique dans la mesure où les rois leur empruntent de l’argent pour financer leurs guerres. Le changement apparaît quand ces bougeois affectent leurs capitaux à la production, devenant des capitalistes au sens moderne. Dans la production, les capitaux ont une possibilité de développement sans commune mesure avec le passé et la bourgeoisie fait éclater le cadre étouffant de l’arbitraire royal pour imposer son propre pouvoir comme en Angleterre dans le courant du 17e siècle, en Amérique du Nord puis en France à la fin du 18e.

Capitalisme

Au cœur du capitalisme, on trouve la contradiction fondamentale entre bourgeoisie et prolétariat dans le rapport d’exploitation des producteurs par les capitalistes. Ce mode de production permet un développement fulgurant de la technique. Cependant le caractère de plus en plus social de la production est en contradiction avec la propriété privée des moyens de production. Ce système aussi est en crise permanente. L’initiative privée des capitalistes et la concurrence entre capitalistes est un facteur de progrès mais aussi de coûteux gaspillages dans des décisions irrationnelles, des faillites et des guerres. L’exploitation limite la demande solvable : les salariés sont payés à un niveau qui leur permet de vivre plus ou moins bien (plutôt moins que plus) et donc nécessairement payés trop peu pour acheter tout ce que les capitalistes seraient en mesure de produire.

Socialisme

Les capitalistes ont besoin des ouvriers pour produire (et acheter), mais ces producteurs, s’ils s’emparent des moyens de production pour en faire une propriété collective et distribuer la production, n’ont pas besoin des capitalistes. En 1917 en Russie, après la chute du tsarisme en février, la classe ouvrière organisée en parti (le Parti ouvrier social-démocrate de Russie, bolchevique, qui deviendra le Parti communiste bolchevique de l’U.R.S.S.) renverse en octobre le gouvernement bourgeois, prend le pouvoir et entreprend d’édifier un système socialiste. Après la Deuxième guerre mondiale, le socialisme s’étend à une grande partie de l’Europe, à la Chine et à d’autres pays d’Asie, plus tard encore à Cuba. Dix ans avant la fin du 20e siècle, une grande partie de ce camp socialiste disparaît à cause de facteurs internes (révisionnisme) et externes (pressions multiformes du camp capitaliste). Il ne reste que la Chine, la Corée du Nord, le Vietnam, le Laos et Cuba.

Ainsi le 20e siècle a été le laboratoire du socialisme, la classe ouvrière a fait une expérience nouvelle et difficile. C’est le rôle des communistes du 21e siècle de reprendre les fruits de cette expérience largement positive et d’en étudier les erreurs pour faire mieux et établir définitivement le socialisme.

Communisme

Sous le socialisme, la production est libérée des contradictions du capitalisme et peut se développer plus rapidement. Une partie du produit entretient la croissance et le reste (de plus en plus abondant mais quand même limité) est distribué en tenant compte des contributions de chacun. Après une longue période, les anciennes classes exploiteuses ayant disparu et la production étant suffisante pour assurer largement les besoins de tous, la distribution se fait selon les besoins, c’est le communisme.

(Il y a eu historiquement divers courants se qualifiant de socialisme au 19e (voir le Manifeste). Ceux qui se basaient sur le socialisme scientifique pour la révolution socialiste et l’édification du socialisme, se sont démarqués des autres en prenant l’appellation de parti communiste qui correspond à leur but final.)

Mode de production et autres concepts du matérialisme historique

Pour aborder scientifiquement l’histoire, le matérialisme historique, il faut se donner comme outils et étudier un certain nombre de concepts à diférents niveaux d’abstraction : mode de production et formation sociale, base et superstructure, forces productives et rapports de production et cetera. On peut trouver cela dans les différentes éditions du livre fameux de Marta Harnecker, Les concepts élémentaires du matérialisme historique, ou dans le Comprendre la société de Paul Demunter, Contradictions nos 95-96, Contradictions/L’Harmattan, Bruxelles/Paris, 2002.

Sur base de Marta Harnecker, voici un peu de vocabulaire :

La production

Procès de travail

Moyens de production Objet
du travail
Matière brute (telle qu’elle est donnée par la nature)
Matière
première
principale
auxiliaire associée à la matière première principale (colorants, additifs)
dans la machine (énergie, lubrifiant)
autour (éclairage, chauffage)
Moyens
de travail
au sens strict (outils, machines) Forces
productives
au sens large (bâtiments, routes, canaux, chemin de fer)
Force de travail (capacité physique et compétence)
Produit

Rapports de production

Rapports techniques de production, travail individuel ou coopératif, division technique du travail, travailleurs directs (en contact avec la matière première) et indirects. Quelle relation au procès de travail, quel contrôle du travailleur sur les moyens de travail ? L’unité du travailleur à ses moyens de travail qu’il maîtrise est remplacée par l’unité entre le moyen et l’objet du travail (l’usine) accueillant n’importe quel ouvrier.

Les rapports sociaux de propriété (surtout), de commandement, de soumission — rapports entre les hommes en relation avec la production.

Reproduction des rapports de production, comment ils se perpétuent, économiquement, juridiquement.

Procès de production

Le procès de travail considéré dans le cadre des rapports de production. (De ce point de vue, sous le capitalisme, la force de travail devient une marchandise.)

Division du travail

Division de la production sociale, la division en branches d’industrie

Division technique du travail, la répartition des différentes opérations dans le procès de travail (éventuellement au delà des limites des entreprises)

Division sociale du travail, la place des différents travailleurs du point de vue social, travail manuel ou intellectuel, exécution ou commandement. Correspond aux rapports sociaux de production.

Les forces productives

C’est l’articulation des moyens de travail et de la force de travail y compris le savoir-faire, l’organisation, la technologie, la science. C’est le niveau des forces productives qui détermine quels rapports de production sont possibles mais les rapports de production déterminent le développement des forces productives. Les rapports de production finissent pas se retrouver en décalage par rapport au développement des forces productives et cette contradiction conduit au changement.

Les forces productives sont de plus en plus sociales dans la mesure ou les branches et les entreprises sont interdépendantes. Les produits aussi sont de plus en plus mondiaux.

La structure économique (base, infrastructure)

La structure économique de la société, ce sont les rapports sociaux basés sur les forces productives, (et les rapports d’échange et de consommation qui y sont liés).

La superstructure

Structure juridico-politique, l’État

Structure idéologique, les formes de la conscience sociale

L’infrastructure détermine la superstructure en dernière instance mais la superstructure a une action en retour sur la base et peut être dominante dans certaines époques historiques (du point de vue de la reproduction des rapports sociaux). L’idéologie joue un rôle central dans le changement des rapports sociaux.

Mode de production

À côté de la notion plus descriptive de « mode de production des biens matériels », la manière dont on produit, il y a le concept abstrait de mode de production qui est l’articulation, la structure globale formée de la structure économique (base, infrastructure) et des structures juridico-politique et idéologique (superstructure). Certains auteurs disent « mode de production » pour la base seule.

Formation sociale

Concept plus élaboré, plus proche du concret, d’articulation de base et de superstructure admettant la coexistence de divers modes de production.

Histoire de la philosophie

En philosophie, il y a eu différentes écoles qui correspondent à des situations sociales différentes comme en Grèce, berceau de la philosophie. Chercher Bertrand Russell (1872-1970), V. Gordon Childe (1892-1957) et surtout B. Farrington (1891-1974). (C’est un exemple de recours au matérialisme historique.)

Présocratiques

Présocratiques (agriculteurs, artisans, commerçants) : tentative d’explication naturaliste du monde, préoccupations scientifiques.

Colonies grecques d’Asie

Ionie (Anatolie/mer Égée), « Le pouvoir était aux mains d’une aristocratie mercantile (B. Farrington, La science dans l’antiquité, Petite bibliothèque Payot 94, Payot, Paris, 1967, p. 31). » Milet était la métropole de la région. Thalès (625-547, 7e-6e siècles) de Milet était un homme d’affaires. Il a emprunté des connaissances scientifiques aux Égyptiens et aux Phéniciens avec lesquels il était en relation d’affaires. Il reprend l’idée de la cosmologie égyptienne et babylonienne que la terre est issue de l’eau mais il remplace l’action d’un dieu par l’hypothèse d’une nécessité interne de la nature. Anaximandre (610-546, 6e siècle), qui s’est aussi beaucoup intéressé à la technique, développe une cosmologie plus complexe. La place du feu dans cette cosmologie rappelle l’atelier du potier. Il envisage une évolution des espèces animales selon laquelle le poisson précède l’homme.

Philosophes de la décadence d’Athènes

Socrate (470-399, 5e siècle) et Platon (427-347, a suivi l’enseignement de Socrate au 5e siècle et aura probablement écrit plutôt au 4e) (aristocratie contre la démocratie) : philosophie de parasites sociaux, éthique. Système de l’idéalisme réaliste des idées de Platon.

Aristote (384-322, 4e siècle) (disciple de Platon) : plus scientifique. Cependant il stérilise par son succès et son autorité le développement de la philosophie et de la science pendant deux millénaires. Récupéré par l’Église catholique avec Albert le Grand (1193-1280) (plus scientifique) et Thomas d’Aquin (1228-1274) dont la philosophie garde une influence jusqu’au 20e siècle.

Matérialisme mécaniste

Le matérialisme du 18e était mécaniste parce que la mécanique des machines simples était la seule science évoluée. Or c’est une science anhistorique. Ce n’est qu’au 19e que la géologie a introduit une dimension évolutive, puis le darwinisme a proposé une explication à l’évolution biologique. Ce n’est qu’au 20e (en 1927) que Georges Lemaître (1894-1966) a fait l’hypothèse que le monde, l’univers lui-même avait une histoire. Il faut remarquer que le Big Bang donne un monde évolutif tandis que la Genèse propose un monde figé avec le Soleil, la Lune, les plantes et les animaux différents.

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