Dominique Meeùs
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Cours de philosophie marxiste en quatre leçons (et une introduction)

Ceci est une page en construction portant sur le déroulement de la leçon, sur l’approche pédagogique. On trouve une préparation plus orientée contenu sur cette page.

Première leçon :
Le matérialisme contre l’idéalisme

Que veulent dire pour vous les mots matérialisme, idéalisme ? Ces mots peuvent-ils avoir plusieurs sens ?

Peut-on dire « avec de la volonté, on arrive à tout » ? Parfois au contraire on reproche de « prendre ses désirs pour la réalité ».

Lire les extraits de Poincaré. Comment classer ce texte par rapport à ce que nous avons appris ?

Chercher des exemples concrets actuels d’idéalisme.

Chercher des proverbes, des dictons et examiner s’ils sont matérialistes ou idéalistes. Les garder en réserve pour examiner en leçon 3 s’ils sont dialectiques ou non.

Discuter le passage suivant repris des Principes élémentaires de Politzer :

Idéalistes sans le savoir

Nous allons voir quelles attitudes prennent ceux qui, sans s’en douter, tiennent la pensée pour le facteur premier et sont donc à ce moment idéalistes sans le savoir.

  1. Comment appelle-t-on celui qui vit comme s’il était seul au monde ? (*) Solipsiste, voir notes de coursL’individualiste. Il vit replié sur lui-même ; le monde extérieur n’existe que pour lui seul. Pour lui, l’important, c’est lui, c’est sa pensée. C’est un pur idéaliste, ou ce qu’on appelle un solipsiste (*). (Voir explication de ce mot, première partie, chap. 2.)

    L’individualiste est égoïste, et être égoïste n’est pas une attitude matérialiste. L’égoïste limite l’univers à sa propre personne.

  2. Celui qui apprend pour le plaisir d’apprendre, en dilettante, pour lui, assimile bien, n’a pas de difficultés, mais garde cela pour lui seul. Il accorde une importance première à lui-même, à sa pensée.

    L’idéaliste est fermé au monde extérieur, à la réalité. Le matérialiste est toujours ouvert à la réalité ; c’est pourquoi ceux qui suivent des cours de marxisme et qui apprennent facilement doivent essayer de transmettre ce qu’ils ont appris.

  3. Celui qui raisonne sur toutes choses par rapport à lui-même subit une déformation idéaliste.

    Il dira, par exemple, d’une réunion où il a été dit des choses désagréables pour lui : « C’est une mauvaise réunion ». Ce n’est pas ainsi qu’il faut analyser les choses ; il faut juger la réunion par rapport à l’organisation, à son but, et non pas par rapport à soi-même.

  4. Le sectarisme n’est pas non plus une attitude matérialiste. Parce que le sectaire a compris les problèmes, qu’il est d’accord avec lui-même, il prétend que les autres doivent être comme lui. C’est donner encore l’importance première à soi ou à une secte.

  5. Le doctrinaire qui a étudié les textes, en a tiré des définitions, est encore un idéaliste lorsqu’il se contente de citer des textes matérialistes, lorsqu’il vit seulement avec ses textes, car le monde réel disparaît alors. Il répète ces formules sans les appliquer dans la réalité. Il donne l’importance première aux textes, aux idées. La vie se déroule dans sa conscience sous, forme de textes, et, en général, on constate que le doctrinaire est aussi sectaire.

Ces questions de conscience seront développées à la leçon 4

Croire que la révolution est une question d’éducation, dire qu’en expliquant « une bonne fois » aux ouvriers la nécessité de la révolution ils doivent comprendre et que, s’ils ne veulent pas comprendre, ce n’est pas la peine d’essayer de faire la révolution, c’est là du sectarisme et non une attitude matérialiste.

Nous devons constater les cas où les gens ne comprennent pas ; chercher pourquoi il en est ainsi, constater la répression, la propagande des journaux bourgeois, radio, cinéma, etc., et chercher tous les moyens possibles de faire comprendre ce que nous voulons, par les tracts, les brochures, les journaux, les écoles, etc.

Ne pas avoir le sens des réalités, vivre dans la lune et, pratiquement, faire des projets en ne tenant aucun compte des situations, des réalités, est une attitude idéaliste qui accorde l’importance première aux beaux projets sans voir s’ils sont réalisables ou non. Ceux qui critiquent continuellement, mais qui ne font rien pour que cela aille mieux, ne proposant aucun remède, ceux qui manquent de sens critique eux-mêmes, tous ceux-là sont des matérialistes non conséquents. (Politzer, Principes élémentaires, 2e partie, chapitre 2, III.)

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