Dominique Meeùs
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Extensions du sens du mot « werking » dans de nouvelles acceptions

J’ai reçu un jour comme fidèle abonné à De Morgen (il y a longtemps) un CD du van Dale Hedendaags Nederlands (que je peux faire tourner lorsque je rencontre chez d’autres un ordinateur encore sous Windows — et dont je peux alors copier-coller) qui propose :

De werking (vrouwelijk) ; werkingen

[1] het functioneren

[2] het van kracht zijn

[3] uitwerking, invloed

[4] beweging, verschuiving enz.

[5] [in België] bedrijvigheid, activiteit

Voorbeelden :

[1] een toestel in werking brengen, zetten

[2] in werking treden : gaan functioneren, van kracht worden

[4] er zit werking in het hout

[5] de werking van een vereniging

Les numéros qui apparaissent devant les exemples correspondent aux numéros des acceptions données au-dessus. Les acceptions sont essentiellement les mêmes et numérotées de même dans le van Dale en trois volumes que j’ai à la maison (édition 12), mais avec un peu plus de détail dans la version papier. Pour l’acception werking [5], qui nous intéresse le plus, le van Dale en trois volumes précise : « (verzamelnaam) geheel van activiteiten ». En français ou pourrait le comprendre comme l’ « action » de l’association, où le singulier exprime l’ensemble ou la résultante de toutes les actions, ce qui est bien l’idée du van Dale avec verzamelnaam.

Cependant, il est clair que dans certains milieux l’acception la plus courante de werking est une acception qu’on ne trouve dans aucun dictionnaire :

[7] [in bepaalde kringen, maar in geen enkel woordenboek] de afdeling, de ploeg, team, groep (de mensen) die deze bedrijvigheid, activiteit of activiteiten doet (doen).

Probablement que la créativité linguistique du middenveld belge est passée par un stade intermédiaire :

[6] een bepaalde onderdeel (geographisch bepaald, of inhoudelijk) van de werking [5] (geheel van activiteiten) van een vereniging. Donc en français, non plus comme en [5] l’action d’ensemble de l’association, mais une action partielle, spécifique d’un certain type, ou dans un certain secteur, ou dans un lieu déterminé, ou sur un certain terrain de travail.

De là évidemment werking [7] comme structure, division, section, département en charge de la werking [6] considérée.

Contrairement aux acceptions précédentes où le pluriel est très rare, ces acceptions sauvages werking [6] et werking [7] s’utilisent massivement au pluriel : werkingen. Parfois, il y a des indications relativement claires (dont le pluriel) qu’il s’agit de werking [7], mais dans d’autres cas on est dans l’ambiguïté totale entre werking [5], werking [6] et werking [7] (et le reste).

Cependant, une association, comme une machine, formée de différente pièces, ne peut fonctionner (werking [1]) que si diverses fonctions internes partielles fonctionnent. Ainsi une association n’est pas seulement occupée sur divers terrains de travail (werking [6]) qui sont la mission de tel ou tel département (werking [7]). Pour qu’elle ait une action vers l’extérieur, il faut aussi qu’elle ait un minimum d’administration, éventuellement divisée en plusieurs services administratifs et ces structures pourraient être qualifiées de werkingen [8], acception nouvelle, par analogie avec l’acception werking [7]. Si on rapproche werking [8] et werking [7] (et le reste), l’union des deux (ensembliste, au sens mathématique) donne encore une acception nouvelle :

[9] toutes les structures, sections, divisions, unités, de droit ou de fait, de toute sorte, quelles qu’elles soient, internes (werking [8]) ou externes (werking [7]) et autres.

Je connais au moins un texte où les werkingen sont sans conteste des werkingen [9]. Un des auteurs a lui-même attiré mon attention là-dessus.

Ce n’est pas tout. Dans werking [1], ce qui est en question, c’est al dan niet functioneren, On/Off. (Werking [2] aussi est tout ou rien.) Mais le fonctionnement c’est aussi la manière de fonctionner (comme lorsqu’on parle de bon ou de mauvais fonctionnement) et il me semble qu’on emploie werking dans ce sens aussi (« goeie werking »). Donc à werking [1], il faut ajouter une variante plus qualitative :

[10] manier van functioneren.

Voilà alors bien un mot ambigu s’il en est. Il faut excuser le traducteur vers le français s’il se perd parfois entre toutes ces acceptions de werking [1] à werking [10]. L’auteur en néerlandais (surtout l’auteur du middenveld belge) peut même se permettre d’être volontairement ambigu, par exemple de vouloir dire à la fois werking [6] et werking [7] : vouloir fondre dans son esprit et dans l’esprit du lecteur en néerlandais un travail particulier et la structure en charge de ce travail. L’ennui c’est qu’en français, il n’existe pas de mot qui couvre à lui tout seul werking [1] à werking [10], ni même seulement werking [6] et [7]. Il faut donc trancher et figer le sens, d’une manière qui n’est peut-être pas celle que l’auteur voulait signifier.

(Dans traducNL.html je donne des indications pour la traduction.)

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