Bibliographie générale

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Laplane, Dominique, "La neuropsychologie s’intéresse-t-elle à la pensée ?" in Le cerveau et l’esprit, ed. H. BarreauParis: CNRS éditions, 1992. 3–14. 
Added by: Dominique Meeùs (2009-10-04 17:22:18)   Last edited by: Dominique Meeùs (2009-10-06 04:11:52)
Type de référence: Chapitre/Section
Clé BibTeX: Laplane1992
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Catégories: General
Créateurs: Barreau, Laplane
Éditeur: CNRS éditions (Paris)
Collection: Le cerveau et l’esprit
Consultations : 36/1481
Indice de consultation : 29%
Indice de popularité : 7.25%
Pièces jointes    
Notes     
1

1. Le cerveau et l’esprit, ed. H. BarreauParis: CNRS éditions, 1992.


Le cerveau et l’esprit, ed. H. BarreauParis: CNRS éditions, 1992.
Added by: Dominique Meeùs  Last edited by: Dominique Meeùs
Citations   
p.3   Résumé
     Le but de cet article est de rappeler que la neuropsychologie (prise ici au sens restreint du terme : étude des modifications du fonctionnement psychique par des lésions cérébrales) est une science des comportements, y compris verbaux. Trois exemples sont pris pour illustrer ce rappel : l’aphasie, pour montrer que la pensée le déborde de toute part et qu’aucun neuropsychologue ne saurait soutenir l’idée chère à certains philosophes et cognitivistes que la pensée se résume au langage ; la négligence unilatérale pour montrer que son assimilation à un défaut d’attention correspond à une inférence psychologique discutable ; la question de la conscience de l’hémisphère droit après section des commissures interhémisphériques pour souligner la tentation anthropomorphique contre laquelle le béhaviorisme n’arrive que difficilement à se défendre.
     La difficulté du problème vient de l’impossibilité de définir ce qu’est la pensée que nous ne connaissons que par expérience personnelle et que nous ne pouvons qu’attribuer aux autres dans la mesure où leur comportement nous renvoie à des expériences que nous connaissons. ll en résulte que si la science peut nous apprendre beaucoup sur le fonctionnement du cerveau et le mode de formation des éléments qui peuplent notre pensée, elle ne pourra jamais rien nous dire sur la pensée en tant que telle qui reste un problème philosophique.

Abstract
     The aim of this paper is to remind that neuropsychology is a science of behaviours including language. (Neuropsychology will be defined here restricively as the study of the psychic modifications from cerebral lesions). This is illustrated by three examples : aphasia, to show that thought overlaps language in any direction and that a neuropsychologist cannot support the idea defended by some philosophers and cognitivists that thought is restricted to language ; unilateral neglect to show that it assimilation to an attentional deficit is due to a disputable psychologic inference from a behaviour ; the question of the conscious awareness of the right hemisphere in split brain patients to emphasize that the behaviourism hardly avoids completely the anthropomorphic temptation.
     The difficulty of the problem raises from the impossibility to define what is tought which we know only by personal experience and which we can attribute to the others only as far as their behaviours echoes some experience of ours. Science has demonstrated its ability to tell us much on the working brain and the modalities of formation of the components of our thought. It will never be able, however, to say anything on the thought itself which remains a philosophical problem.   Added by: Dominique Meeùs
Mots-clés:   neuropsychologie aphasie commissurotomie hémisphère droit langage pensée behaviorisme
pp.11-12   Un peu plus loin, Sperry précise sa pensée en l’opposant aux concepts les plus répandus dans les milieux neurobiologiques ; cette énumération a au moins l’intérêt de faire connaître les modes de pensée habituels dans ce milieu imprégné de béhaviorisme matérialiste : la conscience n’est pas un épiphénomène acausal, elle n’est pas la face intérieure (internal aspect) de l’activité cérébrale, elle ne s’identifie pas aux événements neuronaux, elle n’est pas non plus un pseudo-problème injecté dans nos esprits par des gymnastiques sémantiques et destinées à disparaître grâce à une approche linguistique appropriée. La conscience n’est plus interprétée comme un corrélat simplement passif et parallèle des événements neuronaux, leur face passive ou leur sous-produit. Elle est un déterminant actif, causal, essentiel du contrôle cérébral normal. On croit rêver d’entendre de telles constatations sortir de l’un des temples du béhaviorisme ! Certes, Sperry affirme ne pas mettre en cause le dogme fondamental du béhaviorisme : les arguments anciens contre l’usage de l’introspection dans l’expérimentation scientifique demeurent. Mais on est carrément sorti du matérialisme.
     On comprend aussi pourquoi, affirmant que seul un esprit conscient pourrait mouvoir la matière à l’intérieur du cerveau et exercer une influence causale dans la direction et le contrôle du comportement, Sperry doit doter le cerveau droit isolé, capable de performances cognitives si remarquables, d’une conscience seule capable d’organiser son fonctionnement. Toutefois, les spiritualistes auraient tort de trop vite compter Sperry parmi leurs alliés. Bien que la conscience soit, d’après lui, une propriété « émergente », bien qu’elle ne soit pas un simple corrélat passif et parallèle de l’activité neuronale, ni la face passive ou le sous produit des événements corticaux, mais un déterminant actif et essentiel, causal du contrôle cérébral normal, les propriétés subjectives n’ont rien de « mystique », comme il désigne, dans un vocabulaire un peu singulier, ce que d’autres dénommeraient sans doute spirituel. Ce pouvoir causal réside, selon lui, dans l’organisation hiérarchique du système nerveux combinée avec la propriété universelle de tout ensemble sur ses parties… Le tout a des propriétés, en tant que système, irréductibles à celles de ses parties, et les propriétés aux niveaux supérieurs contrôlent celles des niveaux inférieurs.
     Dans le cas des fonctions cérébrales, les propriétés conscientes des hauts niveaux d’activité cérébrale déterminent le cours des événements neuronaux des niveaux inférieurs.
     Sperry souligne volontiers qu’il ne s’agit plus de matérialisme et il ne se soucie guère de qualifier cette position. Je voudrais montrer qu’il ne peut s’agir que d’idéalisme, ce qui suppose un esprit pour penser, ce dont Sperry est apparemment loin de se douter. Qu’est-ce en effet qu’un système ou un ensemble, sinon une modalité de description d’une organisation entre elles de plusieurs parties. Si on reste matérialiste, la seule réalité est le jeu des forces physiques, le mouvement des électrons ou de telle ou telle molécule. L'utilisation de la notion de système n’est certes pas interdite au matérialiste mais à condition qu’il reste parfaitement conscient qu’il se donne là une commodité dont il s’empressera de se défaire dès que possible. En tout cas, il s’interdit de l’utiliser comme un élément explicatif ou causal. L’idéaliste n’a pas à se refuser ce moyen, car la réalité du monde n’existe pas en dehors des propriétés organisatrices de son propre esprit. Le propre de l’idéalisme est de tenir la réalité pour épuisée par sa représentation, comme l’a rappelé Bergson. Dans quel cas cela pourrait-il mieux s’appliquer qu’à propos d’un système et de ses propriétés ? Si on utilise le système comme moyen d’explication, comme chaînon de causalité, c’est bien qu’il fait partie de la réalité. Mais en même temps, il est clair qu’il est en totalité « épuisé » par sa description, c’est-à-dire qu’il n’existe qu’en elle, qu’il n’existe pas dans la matérialité des choses qui constituent le système, mais seulement dans leurs rapports entre elles, c’est-à-dire dans une notion descriptive de leurs interactions. Si donc nous utilisons non pas seulement par commodité, mais comme explicative, la notion de système, non seulement nous ne sommes plus dans le matérialisme, même pas dans une de ses variétés atténuées, mais nous admettons une réalité pensante en dehors du système, le cerveau dans l’espèce.   Added by: Dominique Meeùs
Mots-clés:   hémisphère droit émergence cerveau cerveau dédoublé cerveau droit commissurotomie conscience corps calleux esprit matérialisme neurobiologie partie Sperry split brain système tout behaviorisme
Commentaire:
Remarquable dénonciation de l’idéalisme de l’émergence.   Added by: Dominique Meeùs  (2009-10-06 04:08:12)
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